samedi 26 novembre 2022

Rétro : 2013, le PSG de Carlo Ancelotti

À lire

On rentre dans une autre dimension. QSI a pris le pouvoir depuis un an. Conséquence le PSG a frappé très fort sur le marché des transferts. De très gros joueurs ont débarqué dans la capitale. On pense en particulier à Zlatan Ibrahimovic, Ezequiel Lavezzi, Thiago Silva ou encore un jeune italien prometteur du nom de Marco Verratti. Et même le grand David Beckham, en fin de carrière, rejoint l’escadrille en janvier le dernier jour du mercato hivernal. Un superbe coup médiatique et un dernier tour d’honneur pour l’icône anglaise.

Pourtant jusqu’à la 21eme journée, le PSG ne domine pas les débats. Lyon est alors en avance et s’accapare la première place du classement. Jusqu’à une victoire du PSG à Bordeaux (1.0) qui a valeur de déclic. L’équipe de Carlo Ancelotti fonce ensuite vers un titre national qui fuit le PSG depuis 19 ans. Ce titre est officiel à compter de la 36ème journée, avec un succès à Gerland contre Lyon sur une concrétisation de Jérémy Ménez (1/0).

Une superbe façon de finir le travail. Au niveau statistique, ce titre aura été pleinement mérité avec un PSG disposant de la meilleure attaque (69 buts) et de la meilleure défense (23 buts). Ce PSG, meilleure équipe à domicile et à l’extérieur, finit avec 12 unités d’avance sur son dauphin Marseille (25 victoires, 8 nuls, 5 défaites). Mais aussi et surtout cette équipe est portée par un « Ibra » déjà en état de grâce, lui qui finira meilleur buteur du championnat avec 30 concrétisations (bien loin devant Aubameyang de Sainté avec 19 buts).

Le quota inscrit par le Suédois représente près de la moitié des buts marqués par son équipe pendant toute la saison (69) : « Le travail a été bien fait, résumera Ancelotti. Nous avons beaucoup de points d’avance. A la première opportunité nous avons tout donné. Nous sommes très contents, l’ambiance est très bonne. Il y a beaucoup de surprises dans ce championnat. Ce n’était pas facile ».

Lyon cède sa place au PSG à Gerland

Ali Benarbia, ancien joueur du PSG entre 1999 et 2001, et membre de la Dream Team sur RMC pousse l’analyse : « Beaucoup de gens se posaient des questions. Quand les Qataris ont repris le club, j’avais dit qu’ils avaient un projet sur dix ans minimum. Je pense que ce sera plus. Ils vont se donner les moyens très longtemps, pour être champions tout le temps et pour faire partie du top 4 européen ». L’emblématique Luis Fernandez, membre aussi de la Dream Team et champion de France avec le PSG en 1986, a dans la foulée vivement espéré que Carlo Ancelotti reste en poste :

« Quand on rachète un club, on rachète un produit neuf. Mais on a besoin des supporters pour qu’ils puissent venir au stade. J’y tiens beaucoup. L’identité c’est l’histoire d’un club qui a commencé il y a environ quarante ans. Les Qataris sont venus avec une ambition : celle de donner au club une dimension européenne, une autre image. L’argent fait le bonheur mais ce n’est pas toujours le cas. Ce titre c’est bien pour le club et les supporters. Le PSG c’est quand même un club jeune qui a une quarantaine d’années. C’est son troisième titre de champion de France mais il y a eu d’autres titres avant aussi. Maintenant il faut les enchaîner ».

« Quand on sait que Monaco peut se donner les moyens de rivaliser avec le PSG donc ce sera sans doute un peu plus dur. Mais c’est déjà bien de savourer ce titre attendu depuis 19 ans. L’arrivée des Qataris a fait un bien énorme. On s’est ENFIN donné les moyens de faire venir de grands joueurs et un grand entraîneur. Après,j’ai quelques craintes quand même. On ne sait pas ce qui peut se passer dans la tête d’Ancelotti. Depuis quelques temps il est un peu hésitant. Maintenant tu te décides c’est quand même l’avenir d’un club qui est en jeu. Tu prépares déjà la saison qui vient, le recrutement ».

« L’arrivée d’Ancelotti c’est un bien pour le PSG car c’est un homme d’expérience. On ne peut pas faire venir un entraîneur pour un an. Il faut lui donner les pouvoirs, les moyens pour qu’il puisse faire une équipe. Tout n’a pas toujours été facile. Mais quand il a mis en place son système, il a fait progresser l’équipe. Ancelotti mériterait de continuer l’aventure avec le PSG. Le Real ne se refuse pas. Mais peut-être que Carlo en cours de saison, n’a pas senti assez de confiance autour de lui ».

Carlo Ancelotti s’en va malgré lui

Des interrogations qui vont se traduire dans les faits. Ce sacre de 2013 ne suffira pas à apaiser certaines tensions en interne conduisant finalement au départ de Carlo Ancelotti. Mais sur le plan du résultat sportif pur, ce sacre a mis au moins fin à une attente longue de dix-neuf ans. C’est donc un troisième titre enfin ! Et le premier du PSG version QSI :

« Carlo Ancelotti a passé deux ans à Paris (entre 2011 et 2013) rappelle Eric Rabesandratana vainqueur de la Coupe de France, de la Coupe de la Ligue, et du Trophée des Champions avec le PSG en 1998. La première saison cela n’aboutit pas. Le club domine pourtant les débats mais Montpellier finit par coiffer le PSG (avec trois points d’avance, ndlr). Puis quand Zlatan arrive les choses prennent alors une autre tournure. D’ailleurs jusqu’au moment où il part il n’a pas perdu un titre de champion de France avec le club (de 2013 à 2016, ndlr) ». A

vec ce troisième titre de champion de France dans l’histoire du club, les réactions s’enchaînent en cascade : « Tout le monde est heureux, les joueurs, les supporters, c’est une nuit spéciale. Ce qui compte est que les joueurs et l’équipe continuent à progresser. Mon avenir ? Je vais savourer cette soirée c’est le plus important » dira David Beckham qui a ajouté une autre ligne importante à son palmarès. Zlatan Ibrahimovic qui a évidemment infiniment contribué à l’obtention de ce sacre y va aussi de son commentaire. Avec la retenue qui le caractérise tant… :

« Les supporters ont attendu cela très longtemps. J’ai donné mon meilleur pour décrocher un titre en France. Je suis venu pour cela. Je suis vraiment heureux. L’avenir nous appartient. Seulement Dieu sait ce qu’il peut arriver maintenant. Je suis là ».

Le PSG sacré après 19 ans d’attente

Vincent Guérin champion de France avec Paris en 1994 est évidemment heureux de cette issue : « Depuis tout ce temps qu’on attendait des successeurs ! L’accouchement a été long mais l’enfant est beau. Ce n’est jamais commode de finir le travail. Il y a eu des péripéties, des sanctions, des expulsions. Tout cela est derrière. C’est l’aboutissement d’un beau projet qui va s’inscrire dans le temps. Félicitations c’est magnifique ! ».

David Ginola, lui-aussi champion de France avec le PSG en 1994, va droit au but dans l’émission l’After Foot sur RMC :

« Cela faisait 19 ans. On en parlera un peu moins. On laisse la place aux jeunes et c’est très bien comme cela. C’est un projet sympa. Pérenniser les résultats dans le temps c’est encore autre chose. L’entraîneur sera très important. Il doit rester au PSG car il est très apprécié des joueurs. Carlo Ancelotti va pouvoir garder les mêmes joueurs en se renforçant. Je l’ai croisé dans les couloirs et il avait bu un peu trop de champagne. Je ne lui ai pas demandé s’il restait car ce n’était pas le moment de lui poser la question. Il profitait du moment présent ».

Frédéric Thiriez l’ancien président de la LFP s’était aussi félicité du couronnement du club de la capitale : « Quelle joie pour Paris et les Parisiens. Après 19 ans d’attente le PSG fait un magnifique champion. Ce titre récompense le talent mais aussi la volonté et l’envie. Et bravo aussi à l’OM très beau vice-champion ».

Guérin : « Depuis le temps qu’on attendait des successeurs… »

Alain Roche, dans l’After Foot sur RMC, l’ancien international champion de France avec le PSG en 1994 et vainqueur de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupes en 1996, puis recruteur du PSG, a tenu aussi dans ce moment de liesse, à rendre hommage à tout le travail qui a été fait par les dirigeants passés :

« Je suis heureux pour le club et ses joueurs qui ont beaucoup travaillé, a déclaré l’ancien défenseur. J’ai une grande joie pour eux et pour mon fils qui est à fond dedans. Il y a pourtant eu des moments difficiles, et qu’on a failli descendre en L2. Il y a eu des changements compliqués à vivre. Le fait de pacifier les tribunes a conduit à ce que le club puisse être vendu. Si cela n’avait pas été le cas le club n’en serait pas là aujourd’hui. Il faut vraiment reconnaître tout le travail de tous les présidents. On aurait aimé avoir plus d’argent. Je n’ai aucun regret. On ne retient que ce titre. Je suis un peu frustré de ne pas y être ».

En cette fin de saison de titre, la nouvelle direction a souhaité marquer le coup dans un endroit renommé, afin que les images soient vues à une échelle mondiale. Les dirigeants avaient pensé dans un premier temps descendre les Champs-Elysées. Mais cela ne se fera pas là car le risque étant jugé trop élevé. Direction le Trocadéro.

Ce moment qui devait s’annoncer festif va malheureusement découler sur de nombreux incidents avec plus de trente blessés, une quarantaine d’arrestations, des magasins pillés, des voitures en feu, des affrontements entre des supporters, des casseurs et des forces de l’ordre mises à mal…

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi