mardi 4 octobre 2022

Rodrigue Beaubois : « Revenir un jour en France, pourquoi pas ? » 

À lire

Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Le Français Rodrigue Beaubois a vécu une saison de rêve en réussissant avec Efes Istanbul le doublé Euroligue-championnat turc. Et dire qu’à 33 ans le MVP de la finale du championnat n’a toujours pas fêté sa 1ère cape en équipe de France…

Vainqueur de l’Euroligue et du championnat turc. Quelle saison !

C’est pas mal ! (sourire) C’est difficile de faire mieux. Il nous manque finalement que la Coupe de mi-saison (en raison du Covid elle n’a pas eu lieu, Ndlr).

On imagine que le sacre européen occupe une place particulière dans cette saison.

C’est clair. Il y a eu beaucoup d’émotion après ce succès. On sait à quel point c’est dur de le gagner. En plus, c’est le premier pour le club qui en rêvait. C’est historique ! Aucun joueur de l’équipe ne l’avait même déjà gagné. C’était donc très fort.

Il a fallu néanmoins se reconcentrer rapidement pour la finale du championnat. Il y avait bien sûr de la joie, face à un grand rival (Fenerbahçe battu 3-0 : 111-71, 95-73, 93-66, Ndlr), car c’est toujours dur de gagner des titres, mais ce n’était pas aussi intense.

Rodrigues Beaubois, MVP du championnat turc

Un titre qui a eu moins d’impact en France alors que deux Français ont été sacrés, Adrien Moerman et vous. Cela vous a-t-il déçu ?

On est Français, mais ce n’est pas une équipe française qui l’a emporté. Je ne suis donc pas surpris. Si l’ASVEL avait décroché le titre, ça aurait été différent…

Autre bonheur pour vous le trophée de MVP de la finale du championnat turc !

C’était sympa et c’est toujours intéressant d’être reconnu et d’avoir sorti de bons matches en finale (27 points au match 2, 30 au match 3, Ndlr) pour aider mon équipe à gagner il n’y a pas de titre individuel s’il n’y a pas la victoire -, mais je me répète, c’est sans commune mesure avec notre victoire en Euroligue, d’autant qu’en finale Barcelone aurait pu l’emporter. L’émotion n’en a été que plus forte.

Beaubois, champion avec Dallas il y a 10 ans

Il y a dix ans, vous étiez champion NBA avec Dallas. Peut-on comparer les deux titres ?

C’est très dur de comparer, limite impossible. Les circonstances étaient différentes, mon rôle était différent. Je ne veux pas en mettre un plus haut que l’autre. Ce sont deux gros titres, deux bénédictions. J’ai eu la chance de faire partie de deux équipes qui m’ont permis de gagner des titres qui font rêver tous les basketteurs du monde.

Le Beaubois de 2021 est-il plus fort que celui de 2011 ?

Clairement. Avec l’expérience et l’âge, on gagne en maturité. Maintenant, le Rodrigue Beaubois d’il y a dix ans était beaucoup plus athlétique et explosif. Ça me ferait plaisir de retrouver mes jambes d’il y a dix ans ! (sourire) Je suis néanmoins content de voir où j’en suis aujourd’hui et j’ai envie de voir jusqu’où je peux aller et combien de titres je peux encore remporter.

Est-ce la meilleure saison de votre carrière ?

Vu les titres qu’on a remportés, c’est clair ! Le but de chaque joueur est de remporter des titres et cette année j’ai été gâté…

Rodrigue Beaubois, le rêve d’une si belle carrière

… Et enfin épargné par les blessures !

Ça a été très compliqué pendant longtemps, avec la dernière blessure en date, mon genou qui m’a embêté pendant trois ou quatre saisons. Le fait que désormais ça va beaucoup mieux ça aide à prendre du plaisir. Quand vous jouez avec une douleur qui ne s’en va pas, tout est beaucoup plus compliqué, stressant et finalement vous ne prenez pas beaucoup de plaisir car c’est déjà une corvée simplement de se déplacer.

Les blessures font partie de la vie d’un sportif, j’ai essayé de faire avec et je suis content d’être tranquille depuis mon arrivée à Efes. La première saison a été une saison de transition et depuis je n’ai plus de douleur au genou.

Alors qu’il vous restait un an de contrat vous avez prolongé jusqu’en 2023. Cela va être difficile de faire mieux !

Quand on arrive aussi haut avec un club, au sein d’un groupe intéressant, c’est difficile de partir. Quand l’aventure a démarré il y a trois ans, on a senti qu’il y avait quelque chose de spécial dans ce groupe. Les gens autour n’y ont pas trop cru, mais la première année on parvient en finale de l’Euroligue, on gagne le championnat, la deuxième année on domine l’Euroligue en étant premiers, mais la saison est annulée en raison du Covid, pareil en Turquie et cette année on réalise le doublé.

Quelque chose de spécial s’est créée et j’ai envie de voir où ça nous mène, combien de titres on peut remporter, c’est pour ça que j’ai prolongé et la décision a été facile à prendre.

Retourner en NBA ne vous a-t-il pas titillé ?

Plus les années avancent, moins on y croit. (Il hésite) Ça fait un moment que j’ai compris qu’ils n’étaient pas intéressés par mon profil. Je me suis reconcentré sur l’Europe en allant chercher des titres. Si j’avais dû retourner en NBA, ça se serait fait. A 33 ans, c’est certainement fini.

« J’ai eu la chance de faire partie de deux équipes (Dallas et Efes) qui m’ont permis de gagner des titres qui font rêver tous les basketteurs »

Vous n’avez pourtant pas démérité (182 matches, 7,1 points, 2,1 passes, 1,9 rebond pour 15,9 minutes avec Dallas de 2009 à 2013).

Il y a eu des hauts, mais aussi des bas. Ma dernière année n’a pas été bonne (4 points en 12,2 minutes, Ndlr) et en plus je finis sur une blessure qui m’a éloigné des terrains pendant très longtemps, d’avril à mars de l’année suivante. C’est arrivé au pire moment possible.

Pas mal de top joueurs français sont revenus en France et à l’ASVEL pour jouer

l’Euroligue. Le club ne vous a-t-il pas contacté ?

Déjà, j’étais sous contrat. Ils le savaient ou peut-être n’étaient-ils pas intéressés… Revenir un jour en France, pour l’instant je n’y pense pas, mais pourquoi pas si le projet a du sens.

A 33 ans, vous ne comptez bizarrement aucune sélection. Vincent Collet a dit qu’il vous avait appelé pour les JO, mais que vous aviez refusé. Qu’en est-il ?

C’est exact que j’ai eu une conversation avec lui bien avant sa liste. S’il veut en parler, il en parlera… Mais je savais que cet été ce ne serait pas possible pour des raisons familiales. Jouer les JO, c’est le rêve de tout athlète, mais ce n’était pas le bon timing.

Des rendez-vous ratés avec l’Équipe de France de Basket pour Rodrigue Beaubois

L’équipe de France, cela restera le plus gros regret de votre carrière ?

Entre moi et l’équipe de France, c’est une histoire de rendez-vous ratés. Par exemple, lors de ma première année NBA, je vais en stage avec l’équipe de France et juste avant le premier match amical je me casse le pied à l’entraînement. Ensuite, il y a eu d’autres blessures ou mes clubs qui ne voulaient pas que j’y aille ou même le sélectionneur qui a opté pour d’autres joueurs… Tout ça fait que ça ne s’est jamais fait.

Avez-vous encore l’espoir de porter un jour ce maillot ou avez-vous fait une croix dessus comme votre coéquipier Adrien Moerman ?

Je ne vais pas dire que je ne jouerai plus pour l’équipe de France vu que je n’en ai jamais fait partie ! Je ne vais pas prendre ma retraite internationale alors que je n’ai jamais joué en équipe de France !

Je n’y croyais vraiment pas et j’ai été très choqué quand Vincent m’a contacté car les années précédentes je n’avais reçu aucun appel et je ne pensais plus exister… C’était une très bonne surprise. Là, ce n’était pas possible. On verra…

Retrouvez la version longue de cet entretien dans France Basket, en vente ici, ou chez votre marchand de journaux

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi