mercredi 17 juillet 2024

[Rugby] Coupe du monde : une humiliation pour les Tonga ?

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IRLANDE – TONGA (Samedi 16, 21h)

Pour leur 9ème Coupe du monde, les Tonga sont tombés dans le groupe le plus relevé. Un défi de taille pour une équipe qui n’a jamais réussi à passer la phase de poules. Avec une entrée en lice périlleuse, samedi contre l’Irlande, qui a laminé la Roumanie.

Les Tonga ont obtenu leur ticket pour la Coupe du monde le 9 juillet 2022 en renversant les Îles Cook, 54 à 10, lors du dernier match de qualification de la zone Asie/Pacifique. S’engageant pour la 9e Coupe du monde de leur histoire, les Tonga n’ont jamais réussi à passer les poules. Leur objectif est sans surprise de mettre un terme à cela et d’enfin sortir des poules. Malheureusement pour eux, ils ont été tirés dans la poule B, une poule particulièrement relevée que l’on peut même qualifier de poule de la mort.

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Comprenant l’Afrique du Sud, l’Irlande, l’Ecosse et la Roumanie, les Tonga font office d’outsiders. La sélection des ‘Ikale Tahi, dite des aigles de mers, s’est toujours construite autour d’un jeu en force, mais Phil Kite, pilier du RC Vannes et international tongien depuis 2017, estime que les choses évoluent :

« Les Tongiens aiment le contact. On a toujours eu un jeu très physique où on cherche la mêlée ou le ballon porté. Il n’empêche que l’on évolue et des joueurs comme Charles Piutau, Pita Ahki ou Israel Folau émergent avec un jeu différent, proposant plus de courses. »

Cette évolution semble s’inscrire dans une autre dynamique tongienne, celle des apports d’internationaux d’autres pays. En effet, les Tonga sont un petit pays dont beaucoup de ses ressortissants habitent à l’étranger ou possèdent la double-nationalité néo-zélandaise.

« De nombreux joueurs des Tonga ont joué dans d’autres sélections et je pense que les fans apprécient. Les joueurs qui ont joué en Australie ou en Nouvelle-Zélande arrivent avec plus d’expérience et ça profite à tout le monde. De toute façon, la plupart des ‘Ikale Tahi jouent en Europe, à des milliers de kilomètres des Tonga, donc on a tous notre propre parcours », explique Phil Kite.

Et dernièrement les Tongiens ont effectué des ajouts de choix en la personne de Pita Ahki, Israel Folau et Adam Coleman, trois joueurs destinés à être importants pour la campagne tongienne en Coupe du monde. Ils rejoignent les déjà capés Charles Piutau et Malakai Fekitoa.

Le meilleur des deux mondes

D’une manière générale, ces apports se font sur les lignes arrières. Associant ces profils plus virevoltants avec ses avants déjà solides, la sélection des ‘Ikale Tahi semble avoir trouvé un alliage convaincant. En plus de ces ajouts extérieurs, le développement de William Havili, demi d’ouverture de Moana Pasifika, en Super Rugby, est une aubaine pour la sélection des Tonga.

« Toutes les équipes ont leur manière de jouer, mais dans les compétitions internationales, les défenses se resserrent et les équipes sont obligées de s’adapter. En ce sens, William Havili va être essentiel. C’est un botteur exceptionnel et il va nous permettre de prendre les points dont on aura besoin quand le jeu sera trop fermé. Ce sont les pénalités qui font gagner des matches en Coupe du monde. » Havili fait partie de la jeune garde tongienne, tout comme Manu Paea. Cette nouvelle génération commence à monter en puissance et a gagné le droit de s’exprimer en Super Rugby grâce à la création de Moana Pasifika.

Le rugby tongien en progression

« C’est une Franchise très récente (2020, Ndlr). C’est une bonne opportunité pour nos jeunes. Ce n’est pas étonnant que notre nouvelle génération en sorte, alors que les joueurs plus expérimentés viennent davantage d’Europe. Plus globalement, on a une équipe assez jeune. Les joueurs ont tendance à prendre leurs premières sélections de plus en plus tôt. Il y a par exemple Manu Paea, le demi de mêlée de 21 ans qui a fait la préparation et sera à la Coupe du monde. Je pense que c’est lui l’avenir des Tonga ».

Convoqué en tant que 3ème demi de mêlée, le jeune Paea ne devrait pas être la tête d’affiche des Tonga, mais cette Coupe du monde reste une bonne occasion pour lui de prendre en expérience. Ce statut de tête d’affiche, il revient à Charles Piutau, un arrière et ex-joueur néo-zélandais.

« Il a mérité son statut particulier. C’est la première personne à laquelle tu penses quand tu penses aux Tonga. Il vient d’une famille tongienne très renommée, son frère (Siale Piutau, Ndlr) a été capitaine de la sélection. Il répond à toutes les attentes que l’on pourrait avoir pour lui et c’est clairement un joueur clé de l’équipe », insiste Phil Kite. Avec ce groupe et ses ajouts récents, les Tonga sont peut-être mieux armés que jamais. Malheureusement, le tirage au sort des groupes ne leur a pas fait de cadeaux. Même si l’espoir est permis, Phil Kite préfère tempérer ses attentes et rester honnête.

Les Tonga condamné à la 5ème place ?

« C’est un groupe très relevé, il ne faut pas être naïf là-dessus. L’équipe sort d’une tournée de 5 matches commencée en juillet. On a accordé plus de temps à la préparation que d’autres sélections. Après, c’est la Coupe du monde, tout peut arriver. Les ‘Ikale Tahi ont l’habitude de jouer avec passion et de ne pas se mettre plus de pression que nécessaire. » Les Tongiens vont sûrement jouer l’esprit léger, ne fondant pas forcément d’attentes sur cette Coupe du Monde 2023. En plus de cet état d’esprit, ils devraient aussi avoir l’avantage d’être soutenus par de nombreux supporteurs.

« La communauté tongienne est répartie sur toute la surface du globe et il y en a beaucoup en France et en Angleterre. On est un peuple passionné donc je m’attends à ce que la sélection soit suivie par de nombreux fans qui auront fait le déplacement. » Rendez-vous est pris le 16 septembre, à Nantes, contre une Irlande sûrement favorite de cette poule. Ce sera un réel matchtest où les Tonga devront surprendre un des favoris à la victoire finale avant qu’il ne rentre pleinement dans sa compétition.

Calendrier

  • 16 septembre, 21h : Irlande Tonga (Stade de la Beaujoire, Nantes)
  • 24 septembre, 17h45 : Ecosse Tonga (Allianz Riviera, Nice)
  • 1er octobre, 21h : Afrique du Sud Tonga (Orange Vélodrome, Marseille)
  • 8 octobre, 17h45 : Tonga Roumanie (Stade Pierre-Mauroy, Lille)

8

En 8 apparitions en Coupe du monde jusque-là, les Tongiens ont remporté seulement 8 matches. Cela ne leur a jamais permis de passer les poules, finissant quatre fois 3e de leur groupe.

L’arbitre de ce groupe ?

Au milieu de l’Irlande, l’Afrique du Sud et l’Ecosse, les Tonga font office d’outsiders. Même si leurs chances de goûter aux quarts de finale sont minimes, ils pourraient accrocher les trois favoris de la poule B et ainsi jouer les troublefêtes.

Le saviez-vous ?

Durant les phases de poules de la Coupe du Monde 2011 en Nouvelle-Zélande, le Tonga a renversé la France 19 à 14 grâce un excellent jeu au pied de Kurt Morath (14 points) devant plus de 6000 supporteurs tongiens. La France était d’ores et déjà qualifiée pour les quarts de finale et a finalement continué son parcours jusqu’en finale, perdue 7 à 8 contre la Nouvelle-Zélande.

Les plus du Tonga

  • Les Tongiens sont connus pour leur physique et leur recherche du contact. Ce jeu en puissance pourrait leur permettre de dominer des équipes moins armées au niveau des avants.
  • Les Tonga ont l’habitude de récupérer d’anciens All Blacks et Wallabies. Pita Ahki (AllBlack à VII), Israel Folau et Adam Coleman (Australiens) viennent ainsi en renfort. Ils viennent s’ajouter à d’autres Néo-Zélandais déjà recrutés récemment : Malakai Fekitoa, Charles Piutau, Augustine Pulu et George Moala.
  • L’arrivée de William Havili est de bon augure. Bon buteur, il est supposé compenser la lacune au pied qu’a le Tonga depuis le départ à la retraite de Kurt Morath.

Les moins du Tonga

  • Les Tonga sont une équipe assez brute. Dans un contexte de Coupe du monde, face à des équipes de haut niveau qui resserrent leurs défenses, la force pure tongienne pourrait ne pas suffire.
  • Bien que comprenant des cadres expérimentés avec les ‘Ikale Tahi, l’équipe manque de vécu collectif avec les différents apports récents de joueurs étrangers.
  • La poule B est très relevée. Avec l’Irlande, l’Ecosse et l’Afrique du Sud, les chances de terminer aux deux premières places sont très faibles pour les Tongiens.

L’avis d’Olivier Magne

« Les derniers résultats des Tonga ne sont pas top. Les joueurs manquent d’automatismes ensemble, ils ne peuvent pas se préparer suffisamment, il y a un manque d’organisation car les joueurs ne sont pas ensemble. Ils ne font pas assez de rassemblements. C’est dommage car ils possèdent des joueurs de grand talent, imprévisibles, mais les placements collectifs manquent de cohérence, de fluidité car ils ne s’entraînent pas suffisamment ensemble. »

François Simonin

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