lundi 4 mars 2024

Rugby : le difficile retour à la réalité après la Coupe du Monde

À lire

La France n’est pas devenue championne du monde, mais la compétition a connu un certain succès en dehors du terrain. Alors que l’ovalie a le vent en poupe, comment le rugby français va-t-il transformer l’essai ?

La Coupe du monde est terminée, les bourreaux sud-africains des Français en quarts de finale sont repartis avec le trophée pour la deuxième fois d’affilée, mais la compétition a connu un véritable succès avec des affluences inédites, près de 2,4 millions de spectateurs un record (50 000 de moyenne) contre 1,7 million au Japon lors de la précédente édition :

« On a vécu un moment exceptionnel avec l’arrivée aussi d’un nouveau public. Je ne pense pas qu’on va garder 100% de cet engouement, mais des jeunes viennent dans écoles de rugby, des gens viennent dans les stades. Avec cette Coupe du monde, 15% de jeunes sont venus dans les écoles de rugby, on espère que ça va continuer » s’enthousiasme Jean-Marc Lhermet, responsable des équipes de France.

À LIRE AUSSI : le rugby dans tous ses états dans notre mag

400 000 demandes pour le Tournoi des VI Nations en France

L’engouement pour les Bleus était énorme et il n’a pas disparu, loin de là. Même si la déception de cette défaite d’un point en quarts de finale a été immense, le succès populaire autour de cette équipe de France généreuse est toujours présent à quelques semaines du Tournoi des 6 Nations avec 400 000 demandes de billets enregistrées pour 175 000 places dans les stades de province (Marseille, Lille, Lyon) qui accueilleront les matches, le Stade de France étant indisponible avant les JO.

Mais si la Coupe du monde a été un succès populaire, l’opération financière est beaucoup moins bonne comme l’a révélé la FFR après son assemblée générale. Les pertes sur les deux dernières années se chiffrent à environ 40 millions d’euros, une partie causée par les mauvais résultats commerciaux du Mondial ou par l’impossibilité de jouer au Stade de France.

Un nouveau public, mais 40 millions de déficit…

Le président de la FFR Florian Grill a reconnu que les pertes du GIE (qui gère les hospitalités de la compétition) s’élèvent à environ 13 millions d’euros. Il va donc falloir faire des économies et trouver de nouveaux partenaires.

Après le retour au premier plan des Bleus au cours des quatre dernières années, les instances veulent poursuivre cette dynamique et la LNR a présenté son plan stratégique 2023-2027, un plan qui veut toujours un rugby de clubs ancrés dans leur territoire et qui brillent au niveau international avec deux compétitions phares le Top 14 et la Pro D2.

Ce plan met aussi l’accent sur le développement des filières de formation qui recevront l’intégralité de la part de l’héritage de la Coupe du monde attribuée à la LNR :

« Le résultat de la Coupe du Monde 2023 ne doit pas masquer cette trajectoire de progrès. Notre nouveau plan stratégique réaffirme la pertinence du modèle français basé sur des clubs formateurs, des compétitions attractives, une collaboration entre la FFR et la LNR dans tous les domaines. Il faut continuer dans ce sens afin de tendre vers l’excellence dans la durée » a expliqué le président de la LNR René Bouscatel.

La FFR n’a pas les moyens de ses ambitions

L’équipe de France reste bien évidemment au centre du projet. Tout avait été mis en œuvre afin qu’elle réussisse son Mondial 2023, les clubs avaient fait beaucoup de concessions, maintenant que l’échéance 2023 est passée, les différentes parties vont se mettre autour de la table pour discuter comme l’a confirmé Jean-Marc Lhermet :

« Il va y avoir une évolution des rôles. Les missions de Raphaël (Ibañez) sont très larges comme prévu au départ, il interviendra auprès des partenaires, etc… et sera toujours au sein du XV de France, mais pas exclusivement. Fabien va nous présenter sa vision, ses idées pour le nouveau cycle qui arrive. L’objectif n’est pas de réduire la voilure, mais de travailler main dans la main pour viser un titre en 2027. »

« Les joueurs sont mis à disposition pour la sélection, elle a des résultats depuis quatre ans grâce aux clubs, il n’y a pas de raisons de tout jeter, des compensations seront mises en place pour les clubs. Les deux institutions (FFR et LNR) doivent travailler main dans la main. Le modèle français est unique, mais fragile aussi. La seule chose de sûre est la convention qui est actée jusqu’en 2027. » Une convention qui pourrait cependant évoluer. Tout cela dépendra des discussions entre les différentes parties.

À LIRE AUSSI : les chiffres fous de la carrière d’Antoine Dupont

Valérie Pratdessus (avec Arnaud Bertrande)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi