mercredi 29 mai 2024

Sébastien Ménard (Pau) : « Le club n’est pas encore sauvé ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le nouveau président de l’Elan Béarnais Sébastien Ménard (43 ans) revient sur les conditions de la reprise du club. Le PDG de la société eat4good, fleuron de la Food Tech française et européenne, espère désormais que le virage pris sera le meilleur possible.

Que représente pour vous le fait d’être le président de l’Elan Béarnais ?

Un grand bonheur. Beaucoup d’honneur. Et un énorme tas d’embêtements… (sourire)

Vraiment ?

Pour l’instant, ce n’est pas tout à fait terminé car le club n’est pas sauvé. On a jusqu’à maintenant réussi à acheter du temps de jeu, mais aussi à gagner à nouveau la confiance de la LNB, ce que nos prédécesseurs avaient définitivement perdue. Cependant, la partie n’est pas gagnée. Loin de là !

On en est où concrètement ?

Les Américains ont laissé un passif de 3 millions d’euros et une dette de quasi 1,5 million. Je n’ai pas d’argent magique (sic). J’honore la promesse du gros partenaire que je suis, mais je ne peux pas seul éponger trois millions comme cela…

Sébastien Ménard vigilant sur le club

Alors que le club était en phase de disparition, avec un avenir plus qu’incertain comment sentiez-vous les gens, les fidèles du club ?

Ce n’était pas un avenir incertain. Il n’y avait plus d’avenir ! Au moment où on tape à ma porte, le club est relégué en amateur. La SASP est liquidée. Avec mon associé Sylvain Bonnet, on doit alors prendre une décision en trois jours sur la base de ce qu’on nous raconte… des carabistouilles. Le passif n’était notamment pas de 2 millions d’euros, mais de 3. Et les fameux 2 millions d’euros de sponsors censés parvenir à peine le club sauvé, on les attend toujours !

Face à toutes ces difficultés pourquoi avoir foncé ?

Mais je ne le savais pas ! L’an dernier, avant l’arrivée des Américains, on avait proposé d’être partenaires maillot. On voulait que notre marque soit sur le maillot d’un grand club de basket. Mon prédécesseur l’avait fait dans le football. Je voulais en faire de même dans le basket. Sauf que cette année quand on retape à notre porte, je ne savais pas que le club était dans un tel état. On nous a dit que si on voulait être sponsor de l’Elan Béarnais, il fallait sauver l’Elan Béarnais.

Car sinon à part nous il n’y avait personne. Le club ne cherchait pas un partenaire, mais un repreneur. Voilà comment les choses se sont vraiment présentées à nous. On n’était nullement en embuscade pour récupérer le club. On a une actualité, des salariés, des activités en France, en Europe et dans le monde. Clairement on a donc autre chose à faire que de diriger un club de basket.

Ce n’était pas dans ma road map (feuille de route) ni dans mon agenda personnel. Bref, sans nous il n’y avait plus de club. Si ce n’est de jouer en amateur. La SASP était liquidée et les 30 salariés étaient à Pole Emploi. Par contre, je ne veux pas qu’on dise que je suis le sauveur. Je suis un contributeur, un partenaire majeur qui a pris ses responsabilités, mais ce n’est pas pour raconter des bêtises et dire que je vais pouvoir éponger 3 millions d’euros.

« Les américains ont laissé un passif de 3 millions d’euros et une dette de quasi 1,5 million »

Où allez-vous trouver l’argent ?

En structurant ce club qui ne l’a jamais été. Les Américains ont participé à démembrer la trésorerie et délivré le quart du dixième sur quoi ils s’étaient engagés. Cela a des conséquences. Mais tout cela a aussi été rendu possible car le club n’était pas organisé. Notre travail maintenant est de le faire, de panser les plaies et de guérir de ses blessures et de proposer aux amoureux du basket palois, à nos partenaires publics et privés, une expérience à la hauteur de leur engagement et de leur investissement. Dans ce domaine, c’est pareil cela n’a pas toujours été au rendez-vous. Il faut donc déjà honorer celles et ceux qui sont là et vous font confiance.

Pourquoi avoir décidé d’engager Audrey Sauret comme directrice générale ?

C’est une guerrière, sur les parquets, dans sa vie personnelle et professionnelle depuis sept ans. Elle incarne la loyauté, la force, la tactique, l’engagement et le sérieux. Bref, tout ce que j’aime.

Comment jugez-vous le début de saison de l’équipe ?

On est là où on ne nous attend pas. On n’attendait plus l’Elan Béarnais. On a une équipe avec des joueurs à la fois expérimentés et inexpérimentés. Ce groupe mis en place par notre coach (Eric Bartecheky, Ndlr) nous permet de réussir des exploits.

Mais on sait aussi qu’on a un banc très court et un arrière banc qui n’existe pas. On a les qualités de nos défauts et les défauts de nos qualités. Les joueurs ont faim. Mais ils sont plus fragiles car moins nombreux et donc bien moins préparés que d’autres équipes constituées avant le début de la saison.

Vue la situation, cela ne peut-il pas être un booster incroyable pour les joueurs ?

C’est déjà le cas. Il n’y a qu’à regarder Giovan (Oniangue). Il est capitaine, il joue quasi tous les postes sauf le 5. Il garde un scoring et une moyenne exceptionnels. Vitalis Chikoko est beaucoup plus altruiste cette année qu’il ne l’était la saison passée.

Gérald Ayayi a récemment mis 17 points (à Bourg, 77-92, Ndlr) alors qu’on ne savait pas comment il se situait jusqu’alors. Tous nos joueurs ne sont pas des survivants, mais des conquérants. Ce sont des gladiateurs qui ont été mis à mal. Ils veulent prouver leur valeur dans la force pour le collectif, pour eux-mêmes et pour l’Elan Béarnais.

Quel est l’objectif ?

D’être champion de France ! Plus sérieusement, je ne sais pas. Dire qu’on joue le maintien est réducteur. Dire qu’on joue le podium serait prétentieux et ambitieux. Après, cela reste du sport. Finir dans les six, on serait plus qu’heureux ! Ce serait magnifique pour les joueurs et le club.

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