samedi 26 novembre 2022

Terry Tarpey (Le Mans) : « Je suis le N’Golo Kanté du basket ! »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Révélation de l’Euro où il a fait étalage de ses qualités de défenseur, nouveau chouchou du public français, Terry Tarpey, blessé à la main mi-octobre (fracture du 3ème métacarpe contre Boulogne-Levallois, il sera de retour en janvier), ne devrait pas faire de vieux os au Mans… Entretien signé France Basket et Le Quotidien du Sport.

Cette médaille d’argent à l’Euro ne vaut-elle pas de l’or pour vous alors que vous ne pensiez même pas être à l’Euro ?

On ne peut quand même pas dire ça. A froid, j’ai le même sentiment que mes coéquipiers. On est tous déçus. On n’a pas bien joué cette finale et c’est difficile à digérer après avoir réalisé deux miracles pour se hisser jusqu’en finale. Avec du recul, peut-être que je verrai les choses autrement, mais une médaille d’argent reste une médaille d’argent. Je suis perfectionniste et une médaille d’or c’est quand on gagne.

Rudy Gobert disait avant l’Euro qu’il ne vous connaissait pas. C’est fou ce qui s’est passé depuis pour vous !

C’est normal qu’il ne me connaisse pas. Je n’ai pas joué dans une très grande université (William & Mary, Ndlr) et après j’ai joué en Pro B (à Denain, Ndlr) et puis au Mans. Durant la préparation, j’étais très motivé à grimper dans la hiérarchie. Au final, j’ai été dans le groupe pour l’Euro et ces joueurs sont désormais des copains alors qu’avant ils se demandaient qui c’était ce gars (sourire).

Vous ont-ils trouvé un surnom dans l’équipe ?

Après la petite vidéo de Lord of the Rings (le Seigneur des Anneaux), c’était Gandalf the white ou Gandalf Gondor (sourire). Sinon, c’est T ou Terry.

Quelle image garderez-vous de cet Euro ?

Le match contre la Lituanie. Je ne savais pas cinq minutes avant l’entre-deux que j’allais être dans le 5 majeur ! En plus, je réalise un bon match (8 points, 4 rebonds, 4 interceptions, 1 contre, Ndlr). Réussir ça pour mon premier start (sic), c’est un moment que je ne suis pas prêt d’oublier. Mon père et ma femme étaient en plus présents. J’ai pu partager ça avec eux. Le top ! J’ai vraiment vécu un Euro de rêve.

Cet Euro va-t-il vous donner plus de confiance pour la suite de votre carrière ?

Je le pense. J’ai pu me rendre compte de mon niveau dans une grande compétition. J’avais toujours en tête de jouer un jour en Euroligue ou en NBA. Après cet Euro, je peux encore rêver plus haut. On verra ce que me réserve le futur…

En club, on va attendre davantage de vous, notamment en termes de points.

Je sais. J’ai pu affronter les meilleurs durant cet Euro. En jouant contre les meilleurs, on devient meilleur.

« Ces joueurs sont désormais des copains alors qu’avant ils se demandaient qui c’était ce gars »

On a beaucoup loué vos qualités défensives, d’intercepteur et de contreur. Prend-on autant de plaisir que pour un dunk ?

Oui !!! Ce que je fais, tout le monde n’en est pas capable. C’est une grande fierté de bien défendre et de mettre autant d’intensité dans un match.

La comparaison avec le footballeur N’Golo Kanté vous plaît-elle ?

J’aime bien ce joueur, sa personnalité, son style de jeu, il est partout sur le terrain. J’essaie de faire la même chose que lui dans le basket.

Avez-vous reçu beaucoup d’offres depuis l’Euro ?

Comme je l’ai dit, j’ai envie de jouer le plus haut possible et cet Euro me conforte dans mon idée de pouvoir jouer un jour le plus haut possible.

Vous aviez été approché en 2016 par les Celtics pour participer à leur camp d’entraînement. Vous aviez alors préféré rejoindre l’équipe de France A’. La NBA est-elle encore un objectif et encore plus après votre Euro ?

C’est toujours un rêve comme de participer aux Jeux 2024. En 2016, c’était mon choix et c’était mieux de commencer ma carrière en Europe que de jouer en G-League ou de signer un two-way. Maintenant, on ne sait jamais…

Terry Tarpey a la NBA dans un coin de sa tête

Votre père vit à New-York. Ne serait-ce pas un rêve de jouer pour les Knicks ?

Quand j’étais petit, je rêvais de jouer en NBA. Lors de mes deux dernières années universitaires, je voyais d’abord mon chemin passer par l’Europe. Aujourd’hui, je rêve toujours de jouer en NBA. Peu importe l’équipe ! (rires) Si une équipe me veut, je suis là !

A-t-on parlé aux Etats-Unis de votre Euro magique ?

On s’est retrouvé sur Sports Center quelques fois après le match contre la Turquie notamment. Ma famille et mon père partagent tout sur facebook donc on parle un peu de moi.

De manière générale, comment vivez-vous cette médiatisation autour de vous ?

J’essaie de rester humble et de rester concentré sur mes objectifs en club…

… Mais comment vivez-vous ce nouveau statut de « star » du basket français ?

Je ne suis pas trop une star… (sourire) Je reste moi-même. Je suis toujours le même Terry qu’avant l’Euro.

Ça fait quoi d’être le chouchou du public (il est le n°1 des ventes de maillots en équipe de France, Ndlr) ?

Ça m’a touché de voir toutes ces réactions, d’entendre des mercis, d’avoir tout ce soutien du public…

Quel est votre objectif à titre individuel cette saison ?

J’ai juste envie de continuer sur mon état de forme. On ne m’a pas pris à l’Euro parce que je marquais 20 points et donnais 10 passes, mais pour mon jeu qui guidait l’équipe. Je vais essayer de continuer sur ma lancée.

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