mardi 5 mars 2024

Tour de France : voici l’étape qui fait rêver Mathieu van der Poel

À lire

Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Auteur d’une première partie de saison exceptionnelle avec deux victoires mythiques sur Milan-San Remo et Paris-Roubaix, Mathieu van der Poel confirme qu’il est bien un coureur à part et le digne héritier de son grand-père Raymond Poulidor.

Il est sans aucun doute l’un des hommes du début de saison. A 28 ans, Mathieu van der Poel a une nouvelle fois réussi à impressionner pour aller décrocher deux nouveaux Monuments. Après le Tour des Flandres en 2020 et 2022, c’est au tour de Milan-San Remo et de Paris-Roubaix de tomber dans l’escarcelle du coureur néerlandais de l’Alpecin-Deceuninck. En remportant Milan-San Remo, van der Poel venait aussi d’imiter son grand-père, Raymond Poulidor, vainqueur en 1961, soit 62 ans plus tard ! Une performance incroyable et unique qu’il a savourée à sa juste valeur.

« J’ai entendu que Milan-San Remo avait été le seul Monument qu’il ait gagné, expliquait-il après sa victoire. C’est sympa de gagner le même. Cette course n’offre pas beaucoup d’occasions. De grands champions n’ont jamais gagné ici. Je suis fier de l’avoir fait. »

Van Der Poel, une menace pour Evenepoel ?

Depuis qu’il est arrivé sur route, Mathieu van der Poel continue de repousser ses limites suivant les pas de ses glorieux ainés. S’il avait déjà imité son père, Adrie, vainqueur du Tour des Flandres 1986, tout comme son fils, il sait que son grand-père a laissé derrière lui un palmarès hors norme. A chaque course, le destin semble lui montrer la voie comme sur son premier Tour de France, en 2021, où il remporte une étape et récupère le maillot jaune de leader. Fait inédit pour Poulidor en carrière. En réussissant à remporter Paris-Roubaix, Mathieu van der Poel confirme qu’il continue d’écrire sa propre légende en remportant son troisième Monument.

« Après avoir connu des deuxièmes places, je ne pouvais pas rêver de finir de la meilleure des façons cette première partie de cette saison avec Paris-Roubaix. J’ai vécu l’un des meilleurs jours de ma carrière sur le vélo. Je me sentais fort. J’ai essayé de faire des attaques. J’ai fait douter certains concurrents et, sur le dernier secteur, j’ai profité des chutes pour avancer. Je me suis retrouvé seul devant et j’ai pu faire la différence. Il faut de la chance et de bonnes jambes pour gagner Paris-Roubaix, j’avais les deux aujourd’hui. C’est incroyable. C’est difficile d’y croire. J’ai simplement fait la meilleure saison de Classiques de toute ma carrière. Finir avec une victoire sur Roubaix, c’est un rêve. »

Il ne lui manque que Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie pour réussir un fait unique dans la famille même si forcément la concurrence sera féroce pour lui contrarier ses plans. Le premier d’entre eux sera son rival de toujours Wout van Aert.

Après le cyclo-cross, les deux « ennemis » bataillent désormais sur la route même si, en 2023, il était impressionnant de les voir batailler ensemble pour le titre mondial de cyclo-cross, remporté par Mathieu van der Poel, pour la 5ème fois, en février, avant de les voir croiser le fer sur la route, successivement sur Milan-San Remo, l’E3 Saxo Classic, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

La 9ème étape du Tour en tête…

« Ce sont deux coureurs qui ont un peu les mêmes caractéristiques, analyse l’ancien pro David Moncoutié. Ils sont à l’aise sur le même type de courses même si, van Aert, on l’a un peu plus vu sur d’autres types de courses. Il est un peu plus régulier. Ils ont cependant les mêmes forces. Ils sont doués sur un vélo. Ils viennent du cyclo-cross. C’est normal de les retrouver sur le même terrain. A ce jeu-là, van der Poel a obtenu de belles victoires cette saison. La rivalité se joue surtout sur les Classiques. A côté, la concurrence est féroce avec Pogacar ou Evenepoel qui sont capables de gagner des grands Tours en plus. Ils ont une palette plus large. »

Sur les Monuments, Mathieu van der Poel mène 5 victoires à 3 contre Wout van Aert, comme les titres mondiaux sur cyclo-cross. Mais à l’image de la rivalité entre Anquetil et Poulidor, les deux champions n’ont pas terminé de se croiser cette saison. Avec le Tour de Suisse et le Tour de France au programme, on pourrait encore les voir se battre pour la victoire. Et Mathieu van der Poel ne manquera pas d’être motivé.

D’autant plus que le Tour 2023 passera dans le village de son grand-père, Saint-Léonard-de-Noblat pour lancer le 9 juillet la 9ème étape qui se terminera au Puy de Dôme. Un hommage pour « Poupou » qui ne manquera pas de motiver van der Poel sur la route pour tutoyer encore les étoiles et notamment celle de son grand-père qui le surveille de là-haut.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi