vendredi 1 mars 2024

Virginie Razzano se souvient : « Ma victoire face à Serena Williams… »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

La Française évoque sa victoire épique contre la championne Serena Williams à Roland-Garros en 2012 (4-6, 7-6, 6-3). Un moment très fort pour elle tant dans le déroulement du match que dans sa dramaturgie.

Vous reparle-t-on souvent de votre magnifique victoire contre Serena Williams au 1er tour de Roland-Garros en 2012 ?

Cela arrive, effectivement (sourire)…

Pensiez-vous avoir davantage de chances de la battre sur terre battue plutôt que sur surface rapide ?


C’est une question à laquelle il est difficile de répondre. Tout dépend de la forme de la joueuse, de ses sensations. On n’a pas cette réponse à l’avance même quand il s’agit d’une joueuse comme Serena Williams. On ne peut pas connaître son réel état de forme avant de la jouer. Nous n’avons pas toutes ces données.

C’est d’ailleurs la magie du tennis. C’est tellement aléatoire. On est obligé de faire avec plusieurs paramètres pour s’adapter. Et par rapport à soi-même aussi. On n’est jamais certaine non plus de réaliser un bon match.

Cependant, il reste évident que Serena a intrinsèquement plus de facilités sur dur que sur terre battue. Mais avant ce Roland-Garros elle avait aussi déclaré qu’elle était en super forme physique. Cela pouvait être soit de l’intox soit être vrai (rires)…

Quelles images vous reviennent à l’esprit concernant le déroulement de cette rencontre ?

C’était vraiment fabuleux. Un super match. Avec beaucoup d’émotions et de suspense.

Quand j’étais sur le court, j’ai vraiment ressenti de la souffrance mentale et physique. C’était déjà dur de jouer contre Serena. Elle était prête physiquement et mentalement pour gagner ce Grand Chelem. Le score a été très accroché. Il a fallu beaucoup de ressources pour aller au bout.

« Si tu as battu Serena Williams, tu es capable de battre n’importe qui après »

Où les avez-vous trouvées ?

J’ai eu des crampes au niveau des deux cuisses et du mollet droit. Ce n’était vraiment pas drôle. J’avais mes trois muscles touchés. J’avais pris également un avertissement pour avoir poussé un petit cri assez discret. Même Serena n’avait pas compris ce qui se passait. Elle n’avait pas été perturbée. Mais c’était dur pour moi de ne pas comprendre pourquoi je prenais un avertissement.

Je m’étais dit je ne vais pas me laisser déstabiliser par cela. Serena est déjà suffisamment coriace comme cela et difficile à battre. Alors si je me focalisais en plus sur l’arbitre je n’en finissais plus (rires). Il fallait que je sois encore plus forte que cela.

Que je m’en sorte comme je pouvais et de concrétiser ma balle de match. J’en ai eu plusieurs. Mais je n’arrivais pas à conclure avec mes crampes. Je n’étais pas toujours bien placée. Serena avait évidemmment remarqué que j’étais touchée.

Son objectif était logiquement de me faire courir. Je me suis battue et je n’ai pas désespéré. J’étais arrivée au 3ème set dans des conditions physiques et mentales extrêmes. Ce n’était pas le moment de baisser les bras. Je n’avais pas voulu faire tout cela pour rien.

« Serena était prête pour gagner ce Grand Chelem »

De toute façon, dans ce contexte fou, vous aviez déjà réussi votre Roland Garros !

Dans mon esprit et dans celui des gens c’était un match grandiose. Quand j’ai battu Serena, j’étais forcément très heureuse. Mais il fallait aussi que je pense à ma récupération. Je devais jouer deux jours plus tard et même le lendemain en double avec Alizé Cornet.

On a fait le maximum avec l’équipe, mais cela n’a pas suffi pour la suite du tournoi (défaite 6-3, 7-6 au 2ème tour contre Rus, Ndlr) car on n’est pas surhumain non plus. Le match contre Serena avait laissé des traces. Je restais malgré tout très satisfaite de mon tournoi et des émotions que j’avais pu ressentir.

Quel impact cette victoire sur Serena at-il eu pour la suite de votre carrière ?

Ce match m’a beaucoup aidé pendant la saison et celles d’après. Dans une carrière, il y a des moments où vous sentez moins votre tennis et la balle. Vous êtes moins en confiance, vous manquez de victoires, ou alors vous revenez de blessure. J’écoutais mes proches. Ils me répétaient « si tu as battu Serena Williams, tu es capable de battre n’importe qui après ». On me disait souvent « prends confiance en toi ».

Battre une fille comme Serena, une telle guerrière, une telle championne, permet ensuite de surmonter bien d’autres soucis. C’est le genre de victoire qui doit donner des forces et permettre de réaliser n’importe quel autre grand match contre n’importe quelle autre joueuse.

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