lundi 24 juin 2024

Yann Genty (Saran): « J’aime tellement ça, que je serais prêt à jouer gratuitement »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Médaillé d’or olympique en 2020, l’ancien gardien de Chambéry et du PSG poursuit sa carrière, à bientôt 42 ans (le 26 décembre), avec la même passion qu’à ses débuts, chez un promu qui compte forcément sur son expérience pour aller chercher le maintien. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Que faut-il penser de votre carrière à rallonge ?

Que j’en suis plutôt fier car elle a toujours suivi une trajectoire ascendante même si, après Paris, il était difficile de viser plus haut. Je suis resté près de 20 ans en LNH, j’ai gagné des titres et, partout où je suis passé, je pense avoir apporté quelque chose. A part à Limoges où ça s’est moins bien passé…

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Et c’est pour cette raison que vous avez signé à Saran alors que le club était encore en ProLigue. Cette perspective ne vous effrayait-elle pas trop ?

Non parce que le niveau n’est pas ce qui m’anime. J’aime le handball plus que tout et peu importe où je le pratique, en N3 ou en N2, ce serait pareil. Quand tu aimes ça, même si ça peut faire bizarre de se retrouver à un niveau inférieur, le défi à relever peut être même plus intéressant.

« Les Qatariens ont tiré le championnat vers le haut »

Pour le coup, celui de maintien avec Saran est-il en bonne voie ?

Notre début de saison est très frustrant car on joue plutôt bien sans toujours être récompensé. Nous avons perdu trop de matches que nous pouvions gagner. Le championnat se divise en trois, ceux qui jouent le titre, avec Paris, Nantes et Montpellier, le milieu du tableau où l’équipe la plus régulière parviendra à attraper l’Europe, et le maintien où nous sommes avec Créteil, Ivry ou Dijon. Dans ce contexte, nous n’avons pas beaucoup de droits à l’erreur. Face aux équipes de notre niveau, il ne faudra pas jouer la peur au ventre comme nous l’avons trop fait jusqu’à présent.

Votre expérience s’annonce précieuse.

J’essaie surtout de réaliser les meilleures performances possibles. Pour ce qui est de l’expérience à transmettre, il faut que les autres suivent et prennent conscience de ce qu’il faut faire. Pour le moment, la vérité du terrain est là, je n’ai pas encore fait l’arrêt qu’il fallait au bon moment, celui qui nous aurait permis de récupérer des points.

Après votre départ de Limoges, comment avez-vous vécu les retrouvailles et la défaite qui a suivi (31-32) ?

Ils ont considéré que je ne pouvais pas faire partie de leur nouveau projet, je ne peux rien y faire. C’est leur choix. Je n’ai plus rien à prouver. Je n’ai pas abordé ce match avec un esprit de revanche, juste avec la volonté de faire ce que je fais depuis près de 20 ans chaque fois que je débute un match.

Yann Genty veut aller au-delà de 42 ans

Vous êtes cette saison le doyen du championnat. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Rien du tout (rires) ! L’âge ne veut rien dire. On a joué dernièrement face à un club espagnol où le gardien avait 47 ans. Ça me laisse pas mal de marge encore ! En France, on s’attache trop à l’âge des joueurs, que ce soit au hand comme dans les autres sports. Qu’un joueur ait 17 ou 47 ans, s’il est performant, il n’y a que ça qui compte.

Vous avez un an de contrat, vous projetez-vous déjà sur l’après ?

Je ne me fixe pas de limites. Depuis que je suis handballeur et que je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire, je ne m’attache qu’au plaisir que je prends sur le terrain, sans voir plus loin. A partir d’un certain âge, les clubs hésitent avant de proposer des contrats plus longs, je les comprends car si je me fais les croisés demain, je ne reviendrai pas.

De mon côté, j’aime tellement ça que je serais prêt à jouer gratuitement. Pour l’après, j’ai déjà passé quelques diplômes pour entraîner, je suis en train d’en passer d’autres… sans avoir aucun plan de reconversion tant que je me sens bien dans ce que je fais.

Que pensez-vous de l’évolution du championnat de France depuis vos débuts à Billère en 2006 ?

Quand les Qatariens sont arrivés, ils marchaient sur l’eau. Tout en regrettant leur domination, tout le monde s’est mis au travail pour essayer de s’en rapprocher. Aujourd’hui, on peut dire que les Qatariens ont tiré tous les clubs vers le haut car ils ne sont plus les seuls à viser le titre. Nous avons régulièrement deux équipes en Ligue des Champions et une troisième n’y serait pas ridicule.

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