jeudi 25 avril 2024

Anne-Cecile Ciofani, la Antoine Dupont du rugby à 7

À lire

Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Devenue ces dernières années l’une des meilleures joueuses de la planète, Anne-Cécile Ciofani aura à cœur de briller à la maison et réussir à décrocher la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Paris en 2024 après l’argent à Tokyo.

Au moment d’annoncer son groupe élargi de 32 joueuses pour la saison olympique, David Courteix ne pouvait pas passer à côté du nom d’Anne-Cécile Ciofani. A 30 ans, la native de Colombes est l’une des meilleures joueuses de rugby à 7.

Elle le confirme à chaque fois qu’elle porte le maillot de l’équipe de France. Pour les prochains Jeux de Paris, l’équipe de France féminine de rugby à 7 sera l’une des pourvoyeuses de médaille. Après avoir réussi à revenir avec l’argent en 2021, les Françaises veulent croire en un été doré avec un public acquis à leur cause. Avec Anne-Cécile Ciofani, la France peut se vanter d’avoir l’une des meilleures athlètes en ce moment.

Elue meilleure joueuse du monde en 2021 grâce notamment à ses performances à Tokyo, elle a continué son aventure en Bleues avec l’idée de vivre pleinement son aventure aux JO de Paris. A l’époque, elle ne cachait pas sa joie d’être reconnue par ses pairs et son sport.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité du sport dans vos mags

Anne-Cécile Ciofani comme une évidence pour les J.O

« C’est une belle surprise. Effectivement, il y a un panel de joueuses hyper talentueuses. Nous sommes toutes à un niveau très élevé. C’est quelque chose d’énorme, cela vient valider l’ensemble du travail entrepris. Ciofani un grand honneur pour moi de figurer parmi ces joueuses qui ont marqué le rugby. »

« C’est toute la particularité des titres individuels dans un sport collectif comme le nôtre. Maintenant, cela met en lumière certaines individualités, mais celles-ci sont un reflet du collectif. Tout le monde grandit ensemble et si cette distinction est un titre individuel, pour moi c’est avant tout celui d’un collectif. »

Dans son sillage, l’équipe de France à 7 est devenue une référence. Actuellement 3ème au classement mondial derrière l’Australie et la Nouvelle-Zélande, elle peut croire que tout est possible. Surtout si le collectif continue de briller.

« Pour ce qui nous concerne, nous avons un groupe de plus en plus solide, de plus en plus résilient et conscient, cela aiguise notre appétit et crédite à nouveau un peu plus nos ambitions, affirmait le coach David Courteix au moment de démarrer cette année 2024. Il y a du bonheur à vivre ensemble quelles que soient les circonstances, et l’esprit de corps est une vraie force. Je retiens cet esprit de corps, cette osmose collective qui s’affirme et tout ce qui avance en termes de rugby. »

« Le rugby à 7 est un sport fabuleux et dès lors que les événements sont pensés et réfléchis, il suscite l’enthousiasme des foules, le succès populaire car le spectacle qu’il offre sur le terrain est fabuleux. Bien loin de ma partie, à l’époque du sport business, son potentiel en tant que produit est exceptionnel. »

« Aller décrocher la plus belle des médailles à la maison »

Anne-Cécile Ciofani a la compétition dans le sang. Son père Walter Ciofani était un athlète français spécialisé dans le lancer de marteau, tout comme sa mère Jeanne Ngo Minyemeck, originaire du Cameroun. Les deux ayant même participé successivement aux JO 1984 et aux JO de 1988. Si ses deux sœurs ont suivi la tradition familiale du marteau, Anne-Cécile s’est émancipée avec un ballon ovale à la main.

Au départ, elle se destinait à l’athlétisme, elle bifurque vers le rugby au moment de passer son cursus obligatoire en STAPS. Elle pratique aussi bien de l’athlétisme que du rugby, mais ses qualités naturelles s’expriment plus facilement avec un collectif autour d’elle.

« Au fur et à mesure, c’est moi qui me suis détachée de l’athlé, expliquait-elle sur le site des Jeux Olympiques. J’ai mis du temps à l’accepter, j’ai mis du temps à me définir comme une rugbywoman et plus comme une athlète. Mais mon choix s’est fait assez simplement et naturellement, avec tout ce que j’ai trouvé au rugby qui me ressemblait énormément. Je me suis redécouverte dans l’équipe de Bobigny, et c’est à partir de là que tout a commencé. »

Ciofani, la Dupont du rugby à 7 ?

Pendant 10 années, elle peaufine son apprentissage et apprend le rugby à l’AC Bobigny 93 avant de partir au Stade Français Paris en 2022. Entretemps, elle découvre l’équipe de France de rugby à 7 et participe aux Jeux Olympiques de Tokyo avec réussite. Avec ses partenaires, elles surprennent le monde du rugby pour revenir avec une belle médaille d’argent.

Même son père y va de ses larmes et ne cache pas la fierté qu’il éprouve pour sa fille et sa réussite. Tout comme sa mère. Mais aujourd’hui, c’est à Paris 2024 qu’elle pense. « A Paris, on peut faire quelque chose de grand. On espère avoir un stade rempli, avoir du bruit dans les tribunes, être portées par la foule pour aller décrocher la plus belle des médailles à la maison. » De quoi rendre fières encore plus sa famille et toute la France qui a également adopté le rugby à 7 et Anne-Cécile Ciofani.

Le saviez-vous ?

Si la famille Ciofani baignait déjà dans le sport, Anne-Cécile Ciofani s’est mariée depuis 2022 avec le footballeur, international guadeloupéen, Geoffray Durbant. Ancien joueur du Red Star, des Lusitanos Saint-Maur, Sedan ou encore Laval, il est aujourd’hui un attaquant réputé du National, avec Châteauroux.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi