mercredi 21 février 2024

Antoine Dupont et Toulouse : on n’échappe pas à son destin…

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A 21 ans, sa signature au Stade Toulousain était une évidence qui n’a pas surpris ceux qui n’avaient pas compris qu’il ne rejoigne pas les Rouge et Noir avant.

« Je ne comprends pas pourquoi le Stade Toulousain a attendu aussi longtemps avant de s’intéresser à Antoine parce qu’il était évident qu’il était fait pour ce club ! » Aujourd’hui encore, Serge Milhas, ami de la famille et ancien entraîneur de Castres, ne saisit toujours pas pourquoi il a pu si facilement recruter le futur capitaine de l’équipe de France dans le Tarn.

Plutôt qu’à 17 ans, c’est donc à 21 ans que la greffe s’opère après une troisième et dernière saison castraise décevante qui ne l’a pas pour autant empêché de devenir international. Six ans après, faut-il s’étonner qu’il donne l’impression d’avoir toujours fait partie des meubles ?

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Evidemment, non. Car dans sa tête, c’est comme ça qu’il s’est toujours vu, en joueur du Stade. « Lorsque Toulouse l’a appelé, il a tout de suite dit oui, poursuit Milhas, il n’attendait que ça ! » Il l’attendait depuis son enfance, quand il posait avec un maillot du Stade, un cliché qu’il a ressorti il y a un an, au moment de sa prolongation de contrat.

Antoine Dupont jusqu’en 2027 au Stade Toulousain

La relation qu’il le lie au club toulousain est authentique, encore renforcée par le bilan exceptionnel qu’il affiche depuis qu’il a posé ses valises à Ernest-Wallon. Les trois titres de champion de France (2019, 2021 et 2023), celui de champion d’Europe (2021) pour une année 2021 agrémentée d’un statut officiel de meilleur joueur du monde n’ont fait que montrer l’évidence d’une collaboration qui va se poursuivre jusqu’en 2027.

Sans être essentiel, son salaire annuel qui était de 450 000 euros, revalorisé autour de 600 000 euros bruts, n’est pas le nerf de la guerre car il aurait pu gagner plus ailleurs ; il compte autant à ses yeux que les ambitions sportives élevées et récurrentes d’un club qui lui permet d’évoluer aux côtés de son ami d’enfance, Anthony Jelonch, les deux anciens auscitains ayant été rejoints cet été par un autre membre de la Meute gersoise, Paul Graou, sa doublure officielle.

A une petite centaine de kilomètres de son village, il y a tout ce qu’il faut à Toulouse pour un joueur qu’Ugo Mola avouait étonnamment (dans Le Point en septembre) avoir « eu beaucoup de mal à faire venir. Il est tellement attaché à ses racines. Il voulait rester près des siens. Je l’ai rencontré pas moins de huit fois pour l’attirer chez nous. » Le capitole est pourtant bien plus près de Castelnau Magnoac que de Castres…

Il sort encore plus fort de sa première grosse blessure

Peu importe, l’essentiel est fait. Le meilleur joueur est aussi le capitaine de la meilleure équipe, sans savoir réellement lequel des deux entraîne le plus l’autre vers les sommets. Les résultats sont là. Dès les premiers matches, Dupont tue rapidement le game qui l’oppose à Sébastien Bézy, alors international.

Quatre essais lors de ses quatre premiers matches, dont un doublé face au champion en titre clermontois ne laissent planer aucun doute sur ses intentions. Récompensée par une première titularisation très convaincante en équipe de France, face aux Blacks (18-38) cette entame de feu se heurte malheureusement à sa première grosse blessure, une rupture des ligaments antérieurs du genou droit lors d’un match du Tournoi face à l’Irlande.

Plus que de le freiner, ces six mois d’arrêt, agrémentés d’un passage annonciateur dans les Landes et son CERS (centre européen de rééducation sportive) de Capbreton le rendent encore plus performant à son retour. Trois essais face à Perpignan en Top 14 confirment qu’il a passé un cap… et sensiblement amélioré la qualité de son pied gauche, qu’il a travaillé assidument pendant sa rééducation.

Dupont fait jouer sa résilience

Tout Dupont est dans cette séquence de résilience qui lui fait viser l’excellence en toutes circonstances. Encore devancé par Bézy en Rouge et Noir, par Serin et Parra en Bleus, personne ne doute pourtant de son inexorable montée en puissance, concrétisée par un premier titre de champion de France en 2019 où il aura au passage aussi démontré qu’il peut faire bien davantage que dépanner en n°10.

Deux ans en Rouge et Noir, une blessure et un premier titre de champion suffisent pour en faire le demi de mêlée du futur et du présent lors d’une Coupe du Monde 2019 où il gagne sa place de titulaire (quart de finale) et est déjà considéré, à 23 ans, comme un des meilleurs demis de mêlée du monde.

Une année 2021 au presque parfait

Avant de le confirmer avec les Bleus, lors du Grand Chelem 2022, c’est avec le Stade Toulousain qu’il marque les esprits. Le doublé Top 14-Champions Cup finit de convaincre World Rugby. C’est bien lui, plus que Itoje, Hooper ou Kerevi qui est élu meilleur joueur du monde en 2021.

Elu trois fois d’affilée meilleur joueur du Tournoi (2021, 2022 et 2023), champion de France sur le fil pour la troisième fois en 2023, c’est dans la peau du boss qu’il entamait sa deuxième Coupe du monde avec le légitime espoir de la remporter (c’est raté !). Et à son retour dans la Ville Rose de poursuivre sa folle course vers l’éternité. Avec trois Brennus et une Coupe d’Europe, à 27 ans, il avait déjà fait aussi bien que Dusautoir...

Tom Boissy

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