jeudi 23 mai 2024

Antoine Rigaudeau (J.O. 2000) : « On avait tous cette volonté de jouer pour les autres »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Une médaille olympique… le basket français attendait ça depuis 1948. Dans le sillage d’un Rigaudeau décisif face à la Chine (29 points) en match de poule, la France se hissait jusqu’en finale pour n’échouer que face aux Etats-Unis (85-75). Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

Qu’est-ce qui a fait la force de la France en 2000 ?

Avant tout la volonté de tous les joueurs de jouer pour les autres, d’être chacun dans un rôle différent, de parvenir à s’exprimer tout en étant dans une communication permanente. On était tous motivés par l’ambition de faire quelque chose de grand parce que nous en avions le potentiel. Encore fallait-il pouvoir l’exprimer.

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Antoine Rigaudeau a confié un rôle différent aux joueurs

Quelle fut la stratégie dans la première phase pour sortir de la poule de six équipes avec les USA, l’Italie, la Lituanie, la Chine et la Nouvelle-Zélande ?

Pour finir dans les quatre premiers, face aux USA et deux équipes européennes très solides, on savait que nous avions deux matches capitaux face à la Chine et la Nouvelle-Zélande. Nous n’avons pas été euphoriques, pas vraiment rayonnants, mais efficaces (2 victoires, 4 défaites). La part de réussite sans laquelle vous n’allez jamais bien loin en compétition internationale est arrivée ensuite, en quarts et en demi-finale.

On a d’abord joué une équipe du Canada qu’on connaissait très bien, et qui ne nous connaissait pas (68-63), avant de tomber sur l’Australie, qu’on avait joué en match de préparation et qui avait un profil de joueurs comparable aux nôtres. Comme ils jouaient à la maison, ils avaient une pression qu’on n’a pas eu à subir en tant qu’équipe surprise de la compétition. Nous n’avions pas grand-chose à perdre et nous avons gagné assez largement ! (76-52).

Il valait mieux l’Australie que l’Italie ?

Pour jouer avec ou contre eux (Antoine évoluait à Bologne en 2000, Ndlr), on se connaissait par coeur avec des Italiens très costauds et structurés. Oui, ça s’annonçait plus difficile alors qu’on avait le sentiment d’avoir les clés du match, offensivement, face aux Australiens.

« L’Équipe de France doit aller chercher une médaille »

Et cette finale face aux USA, comment l’avez-vous abordée ?

De manière très relâchée… avec la satisfaction d’avoir déjà assuré une médaille ce qui était important pour le basket français. En match de poule, nous avions beaucoup souffert (94-106) mais là encore nous n’avions rien à perdre. L’objectif était de rester le plus longtemps possible dans le match, donc à distance respectable, ce que nous avons réussi à faire. On s’est fait décrocher, puis on est revenu, malheureusement, nous n’avons pas eu ces deux ou trois actions favorables qui peuvent faire basculer un match, et nous auraient permis de jouer la gagne sur les dernières minutes, comme la Lituanie l’avait fait en demi-finale (83-85).

Cette épopée a-t-elle décomplexé le basket français ?

Le terme est un peu fort. On ne se décomplexe pas sur un laps de temps aussi court, il faut que cela concerne des clubs, une approche générale qui impacte le quotidien de tous les acteurs du basket français. Si, depuis 24 ans, tous les sports français, notamment collectifs, sont plus performants, c’est justement parce que leurs structures ont progressé, sont mieux gérées, avec l’arrivée de ligues professionnelles, des politiques de recrutement, de formation et de communication plus élaborées, en Europe et via la NBA, qui permettent de faire émerger davantage de talents.

24 ans après, pensez-vous les Bleus de Vincent Collet capables d’aller chercher l’or à Paris ?

La concurrence sera rude, mais l’équipe de France peut regarder tout le monde droit dans les yeux avec l’objectif d’aller chercher une médaille. Pour ça, à l’aune de notre épopée australienne, il faut que tous les membres du groupe, joueurs et encadrants, soient mobilisés autour du même objectif.

10

En 10 participations olympiques, l’équipe de France a atteint trois fois la finale (1948, 2000 et 2021) et été demi-finaliste en 1956, pour trois médailles d’argent dont la dernière en date aux Jeux de Tokyo. Seulement battus 82-87 par les Américains, les Français qui avaient battu Team USA en match de poule (83-76) ne sont pas passés loin de l’or.

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