dimanche 2 octobre 2022

Joël Ayayi (Lakers), le grand saut pour la NBA

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Après quatre années passées à l’université de Gonzaga, Joël Ayayi était prêt à tenter l’aventure NBA. Plus déterminé que jamais, le natif de Bordeaux compte bien mettre tout le monde d’accord chez les Lakers, avec qui il vient de s’engager.

Valentin le Clézio : « Mentalement au-dessus de la moyenne »

« Joël est un joueur très intelligent, très cérébral. Au-delà de ses qualités de scoreur et de ses qualités techniques indéniables, c’est un joueur qui lit très bien le jeu et qui, peu importe le rôle qu’on va lui donner, saura s’adapter à toutes les situations. Joël est le joueur passe-partout par excellence. Je pense qu’il fera une très belle carrière.

Selon moi, il est capable de faire 10-12 ans dans un rôle de joueur de rotation en NBA. En plus d’être un gros bosseur, il croit beaucoup en lui. Malgré le fait qu’il ait très peu joué durant ses deux premières années à Gonzaga, Joël n’a jamais lâché. Au contraire, il bossait comme un malade l’été et finissait par surclasser tout le monde en équipe de France. C’est un joueur mentalement très au-dessus de la moyenne, surtout au niveau français. Il a plus une mentalité américaine à ce niveau-là.

Là, il s’est encore entraîné très fort avant la draft et la Summer League. Ses qualités mentales étaient d’ailleurs ressorties lors du match pour la 3ème place aux championnats du monde en 2019. Alors qu’il passe complètement à côté de sa demi-finale, il revient le lendemain et passe 33 points à la Serbie avec en bonus la victoire et deux ou trois tirs dans les deux dernières minutes. A 19 ans, c’est fort. »

Son agent

Bernard Faure : « On a passé beaucoup de temps à discuter avec lui »

« Quand je l’ai eu, Joël était aussi talentueux qu’immature. Puis, il a compris au fur et à mesure qu’il allait falloir travailler beaucoup pour atteindre le très haut niveau. A l’époque, il ne jouait quasiment qu’avec le ballon. Ses capacités de créer étaient déjà énormes, il aimait tenter des choses, prendre ses responsabilités. Le déclic a eu lieu lors de sa première année au Centre Fédéral. C’est là qu’il a compris qu’il allait devoir se faire violence.

Pour ça, Théo (Maledon) avait un temps d’avance. Joël a aussi compris à quel point la préparation physique est importante. Tout ça a été le fruit d’un travail de longue haleine que nous avons fait avec lui. Il a pris conscience qu’il fallait que son corps se transforme s’il voulait accéder au top niveau. Ce sont des jeunes qui ont tellement dominé dans les catégories U13, U14, U15 qu’ils n’ont pas conscience qu’il faut travailler.

Il vivait encore sur son talent et ses capacités naturelles. Cette année-là, on a passé beaucoup de temps à discuter avec lui, souvent au travers de petites conversations du quotidien au bord du terrain. On a corrigé ce qu’il faisait en lui apportant de nouvelles routines de préparation, d’échauffement, d’étirement. Comme c’est quelqu’un d’intelligent, il a rapidement intégré toutes ces choses-là. »

Son coach au Centre Fédéral

Killian Tillie : « Ayayi est armé pour la NBA »

« C’est mon frère ! Il est armé pour la NBA. Je l’ai vu bosser pendant quatre ans à Gonzaga. Je sais de quoi il est capable. Ce serait sympa de jouer contre lui ou avec lui s’il vient à Memphis. C’est un joueur intelligent qui connaît le jeu parfaitement. Il peut apporter du playmaking, du shooting et de la défense car il est quand même grand. Ayayi a été cette saison l’un des meilleurs joueurs de Gonzaga qui a atteint la finale. Il a prouvé qu’il était capable de beaucoup de choses. »

Frédéric Crapez : « On dit souvent que les grands joueurs se révèlent dans les grandes compétitions, Ayayi l’a prouvé »

« Joël est unique, il a son style. C’est un joueur très bon sur le jeu rapide et c’est un joueur très intelligent sur le jeu sans ballon. Qui défend aussi avec intelligence parce qu’il n’a pas un physique de costaud, par contre il est très rapide, il anticipe beaucoup de choses. Il a un QI basket au-dessus de la moyenne. En U18, il n’a pas été présent tout le temps mais, dans les moments chauds, il était là et notamment en 8èmes de finale contre la Grèce et pour le match pour la 3ème place contre la Russie. Dans ce match, ça a été un leader lors des moments chauds.

A la mi-temps, il a reboosté l’équipe alors qu’on était à -12 contre les Russes. On s’est lancé dans une défense tout terrain et il a redonné confiance à l’équipe par quelques mots qu’il a dit quand il a pris la parole dans le vestiaire. En U19, il fallait être plus constant. Contre le Mali, il rate son match, mais comme le reste de l’équipe. Le quart contre le Canada, on finit le match assez tard et on avait moins de temps de repos.

Les frères Bramé qui sont plus grands, plus costauds, lui ont rendu la vie difficile sur ce match. Le lendemain face aux Lituaniens il s’est rattrapé à merveille où il nous emmène, avec le reste de l’équipe, à la médaille de bronze.

Ça a été un leader de la génération 2000, c’est un clutch player, il a notamment été nommé dans le 5 majeur de la compétition. On dit souvent que les grands joueurs se révèlent dans les grandes compétitions, je pense qu’il l’a prouvé. Après, est-ce que son jeu ira à la NBA ? J’ai surtout peur par rapport à l’impact défensif et physique des arrières qui sont très physiques, mais grâce à sa vitesse et son intelligence de jeu, il peut s’en sortir, c’est un joueur déterminé. »

Son entraîneur en U18 et U19 en équipe de France

Arnold Bouazza : « Si les blessures l’épargnent et qu’Ayayi tombe sur quelqu’un qui croit en lui, je ne suis pas inquiet »

« Je l’ai connu quand il était benjamins département ou région au JSA Bordeaux. Je le voyais régulièrement aux entraînements parce qu’à ce moment-là je m’occupais d’une équipe de Nationale 2 filles et je m’occupais également du centre de formation de la Pro B au JSA Bordeaux. C’est à partir de là qu’on a commencé à avoir un contact.

Quand je suis devenu entraîneur du centre de formation à Pau, en charge des U18, lors de sa dernière saison minimes, je l’ai fait venir à Pau. Quand il est parti à l’INSEP, il était licencié à Pau. Lors de cette dernière saison, je l’ai fait jouer en Coupe de France car pour nous c’était l’avenir du club.

Joël a toujours été plus grand, mais il a toujours était très bon manieur de balle, il savait tout faire sur un terrain donc pour moi c’est un arrière de grande taille qui a une vraie aisance balle en main, orienté vers le scoring et il a développé une vraie vision de jeu. C’est un joueur très complet, mais c’est vrai que j’ai eu un peu peur car, comme il est très fin, en grandissant comme ça un jour il va se blesser mais en fait, il est solide malgré son physique frêle.

Le départ aux Etats-Unis, c’est physiquement une bonne chose pour lui. Ils ont des méthodes qu’on n’a pas en France et en Europe. Seulement, il fallait accepter de ne pas jouer une saison entière. Si les blessures l’épargnent et qu’il tombe sur quelqu’un qui croit en lui, je ne suis pas inquiet pour son avenir. Joël, c’est un malin. Il peut paraître discret et un peu en observation, mais en fait c’est un vrai filou. »

Son entraîneur chez les jeunes à Pau

Oumar Ballo : « Il fait le travail que les autres n’aiment pas faire »

« En 2018, quand j’ai visité Gonzaga, c’est lui qui était mon « host », c’est lui qui m’a montré la ville. On parle tous les deux français donc il m’a vraiment aidé à m’adapter. On a beaucoup parlé ensemble à la Coupe du Monde U19, on s’est rencontré en demifinale et il m’a conseillé pour la finale face aux Etats-Unis. Joël va être celui qui va faire le travail que les autres joueurs n’aiment pas faire. Offensivement, défensivement, il donne tout ce qu’il a pour l’équipe.

C’est un joueur que tous les entraîneurs aimeraient avoir dans leur équipe. Joël va vraiment marquer son nom dans la NBA, parce que la manière dont ça change, ça va à son avantage. Il est adroit, il sait dribbler, il sait défendre, il est aussi intelligent. Il sait très bien lire le jeu, je pense qu’il va avoir une grande carrière en NBA. C’est vraiment un leader, il n’aime pas perdre. Même dans les petits matches en 3×3, il fait tout pour gagner, il a la rage. »

Son coéquipier à Gonzaga

NB : Après cette série d’entretien, Joël Ayayi s’est engagé avec les Lakers

Propos recueillis par Adrien Cornu, Nathan Rayaume et Arnaud Bertrande

Ayayi, le grand saut vers la NBA ? Ils témoignent dans France Basket.

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