jeudi 29 juillet 2021

Théo Maledon : « J’ai surpris pas mal de personnes »

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Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont Presse

Drafté seulement en 34ème position, l’ancien meneur de l’ASVEL, Théo Maledon qui fêtera ses 20 ans le 12 juin, impressionne pour sa 1ère saison NBA. Auteur de 25 points, 5 rebonds et 5 passes décisives avec le Thunder (où évolue un autre Français Jaylen Hoard) contre les Hornets, aucun joueur français n’avait réussi une pareille performance pour sa saison rookie !

Comment qualifieriez-vous votre adaptation au jeu NBA ?

L’adaptation s’est bien passée. Elle n’est pas encore terminée. Le jeu s’est durci après le All Star break au moment où les équipes se battaient pour gratter une place en playoffs. Je le savais et je suis plutôt satisfait de mon adaptation.

Est-ce conforme à ce que vous vous attendiez ?

Je suis quand même un peu surpris par l’aspect physique. C’est beaucoup plus athlétique. J’ai également été surpris par la manière de jouer. On a l’impression que c’est plus soliste qu’en Europe, que c’est moins travaillé, alors qu’en fait il y a plein de situations qui sont vraiment travaillées et détaillées.

« Je suis vraiment content d’être tombé dans cette franchise »

Défensivement ?

Notamment. Malgré les règles qui favorisent l’attaque, la dimension athlétique permet de compenser ces règles et les uns contre uns et les aides sont très présentes.

Plus globalement, quel bilan faites-vous de cette première saison ?

Vu ce qu’on nous prédisait au début et ce qu’on a réalisé au final, c’est satisfaisant. On est jeune, on continue d’apprendre, on essaye d’être compétitif à chaque match, de les prendre un par un. On est sur la bonne voie. Défensivement et offensivement, on commence à bien fonctionner en équipe.

À nous de continuer dans cette voie. Individuellement, je pense avoir surpris pas mal de personnes. Personnellement, je m’étais préparé pour. J’ai travaillé tout l’été pour faire ma place et gagner la confiance de mes coéquipiers et de mes coachs. Je continue à chercher à progresser.

Est-ce un plus d’évoluer dans un club comme le Thunder où le développement des jeunes tient une place importante ?

Je suis vraiment content d’être tombé dans cette franchise, une franchise très structurée et très professionnelle. Ça me correspond très bien entre leur approche et mon éthique de travail.

On joue pratiquement tous les deux jours, avec des back to back, les entraînements sont donc modérés, mais ça ne nous empêche pas de bien travailler, avec des révisions de systèmes, du scounting. On garde notre corps pour les matches et on travaille davantage au niveau mental. C’est un aspect qui me plaît beaucoup.

Théo Maledon, la belle surprise en NBA

Vous êtes capable de faire des double-double et d’autres matches de moins apporter. Vos performances sont irrégulières à l’instar des rookies. Comment essayez-vous de gommer cette irrégularité ?

Mentalement et physiquement, l’enchaînement des matches n’est pas facile. J’essaye de faire le maximum pour être frais au moment du match. Avec le staff, on fait beaucoup de vidéo, des vidéos sur les adversaires, mais aussi sur nous-même. Il y a des hauts et des bas, il faut chercher à être le plus constant possible vers le haut.

Même si vous vous y étiez préparé, vous êtes-vous dit, à un moment, que c’était vraiment dur ?

Ce qui m’a le plus surpris, c’est vraiment l’enchaînement des matches. On a fait par exemple 9 matches en 14 jours. Cela demande beaucoup d’efforts. Je m’y attendais un peu, mais, quand tu es dedans, tu te rencontres que c’est encore pire que tu imaginais. En plus, c’est la NBA, à chaque match il y a les meilleurs joueurs en face. Il n’y a pas un match qui va être plus facile que les autres. Il faut toujours être au max.

Comment cela se traduit-il physiquement ?

Ça laisse des traces. Après, le staff et les kinés font tout pour qu’on récupère le mieux possible. Néanmoins, à certains matches, on peut être plus fatigué que de coutume. Mais on est tous logés à la même enseigne et, quand le match démarre, il faut oublier la fatigue.

Théo Maledon surpris par l’enchainement des matchs en NBA

En NBA, les joueurs s’expriment beaucoup et n’hésitent pas à aller sur le terrain politique. Cela vous a-t-il frappé ?
C’est un atout de cette ligue où les athlètes peuvent parler et partager leurs idées. C’est très positif surtout quand les combats qu’ils mènent sont contre les injustices. Ils essaient de corriger certaines choses et ça va dans le bon sens et j’ai envie de m’y associer.

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Votre place, plus bas que prévue à la draft, est-elle une motivation supplémentaire pour montrer que vous aviez votre place plus haut ?

Je suis quelqu’un qui n’a pas besoin de beaucoup pour se motiver et je puise partout des sources de motivation. Cette place à la draft en a été une. J’avais à coeur d’effacer tous les doutes.

Quel joueur vous a le plus impressionné depuis vos débuts en NBA ?
Pas mal m’ont impressionné, notamment de par leur dimension physique. A la télé, on se dit déjà que ce sont des monstres. Mais, face à face, sur le terrain, c’est encore plus impressionnant.

Giannis Antetokounmpo est vraiment un monstre physique et j’ai vraiment été impressionné. Je n’ai pas demandé son maillot. Mon objectif est de battre ce genre de joueur, pas de récupérer leur maillot ! (sourire)

« J’ai travaillé tout l’été pour faire ma place et gagner la confiance de mes coéquipiers et de mes coachs »

La NBA est aussi un autre monde au niveau du nombre de personnes dans le staff. Cela vous a-t-il également impressionné ?

C’est clair. Il y a presque plus d’assistants-coachs que de joueurs ! Quand on travaille l’attaque par exemple, au lieu d’avoir 5 joueurs en attaque et 5 en défense, on a cinq coachs en défense et nous seulement en attaque. Pareil en défense. Au niveau des kinés, ils sont trois ou quatre. La même chose pour les préparateurs physiques. Ce sont vraiment des staffs plus étoffés, ce qui permet aussi de plus individualiser le travail.

Vous êtes plutôt quelqu’un de réservé. La transition a-t-elle été facile avec les Etats-Unis où tout est plus exubérant ?

Dès le début, l’équipe m’a dit qu’elle me voulait comme j’étais, que je sois moi-même et personne d’autre. Les dirigeants ne voulaient pas que je m’invente une vie pour leur plaire. Je suis toujours le même et je ne pense pas que la manière dont je suis soit un problème. Je suis extraverti quand il faut.

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