lundi 3 octobre 2022

Cédric Heymans (Stade Toulousain) : « Jaminet prend un vrai risque ! »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Quand il est arrivé au Stade Toulousain en 2001, en provenance d’Agen, le consultant Canal+, Cédric Heymans, avait aussi un nouveau statut d’international à assumer et à renforcer. Il connait donc les mécanismes qui peuvent permettre à Jaminet de s’imposer. Ou pas.

A un an de la Coupe du monde, que vous inspire le choix de Jaminet ?

Il prend clairement un risque ! Il a du talent, il l’exprime de manière significative depuis un an et demi, on connait ses grandes qualités, sauf qu’il va découvrir un nouvel environnement susceptible de le perturber. Je suis bien placé pour en parler, je suis passé par là avant lui. Moi aussi, j’étais international quand je suis arrivé au Stade à 22 ans, et je peux vous dire que les débuts ont été difficiles. Non pas en raison du contexte, car l’ambiance du vestiaire a toujours été excellente, et je suis certain qu’il sera super bien accueilli comme je l’ai été, et qu’il évoluera dans un cadre très rassurant et stabilisant, mais il faut qu’il se prépare à une concurrence énorme.

Une évidence quand on rejoint un club de la stature du Stade Toulousain !

Il sait qu’il y aura de la concurrence et qu’il devra être à 120% pour espérer jouer, mais il va devoir apprendre à gérer le turn-over : une fois, je joue, une fois je ne joue pas, une fois je joue à l’aile, une fois à l’arrière… Ce changement de statut peut entraîner des périodes de doute. En plus, en face, il a Ramos, un sacré compétiteur, qui butte bien, qui connait le club comme sa poche avec ses six années d’expérience stadiste.

Cédric Heymans donne quelques conseils à Jaminet

Il doit donc se préparer à jouer ailleurs qu’à l’arrière.

Evidemment car la rotation va aussi amener Ramos à jouer en 10, pour faire souffler Ntamack, et Jaminet peut aussi se retrouver à l’aile. Si j’avais un conseil à lui donner, ce serait de ne surtout pas refuser ce challenge de la polyvalence. D’abord parce que cela va le faire progresser, ensuite parce qu’il s’agit d’un impératif s’il veut s’intégrer dans le fonctionnement et l’état d’esprit du club. Je pense qu’il y est préparé.

Dans la perspective de la Coupe du monde, est-ce une bonne nouvelle pour lui ?

Sur le long terme, je ne doute pas qu’il en recueille tous les fruits. Sur la saison prochaine, tout dépendra de sa capacité à rester concentré sur son jeu, à ne pas paniquer chaque fois qu’il ne sera pas dans le groupe, où que les médias trouveront dans ses éventuelles absences une raison de douter de lui, de son avenir en équipe de France. Il va passer de l’USAP, où il était un des leaders, et même de l’équipe de France où son statut de buteur lui octroie une position privilégiée, à un joueur parmi d’autres dans l’effectif du Stade Toulousain qui va devoir gagner sa place toutes les semaines à l’entraînement.

« Il sera un joueur parmi d’autres dans l’effectif qui va devoir gagner sa place toutes les semaines à l’entraînement »

Qu’est-ce qui vous pousse à croire qu’il va relever le défi ?

D’abord son talent, ensuite sa fraîcheur mentale. Il n’a qu’une saison de Top 14 dans les jambes et est encore dans l’apprentissage du très haut niveau. Son insouciance sera un atout pour appréhender à la réalité d’un club qui est attendu sur tous les terrains d’Europe. Il sera sous les projecteurs en permanence donc dans l’obligation d’être bon et performant tous les week-ends. Il faut qu’il se blinde et que son entourage l’accompagne dans ce travail psychologique.

Se retrouver en club avec son concurrent n°1 chez les Bleus, n’est-ce pas un handicap ?

Non, s’il consent à jouer le jeu de la polyvalence car même chez les Bleus c’est un atout qui fait souvent la différence pour être pris dans le groupe, encore davantage dans la perspective d’une Coupe du monde. Avec Poitrenaud et Clerc, nous étions trois du même club à prétendre occuper les mêmes postes et ça ne nous a pas empêchés d’être très souvent appelés ensemble. Si Ramos montre qu’en plus d’être performant derrière, il peut aussi jouer demi d’ouverture, et pourquoi pas ailier, tout en buttant, il a sa place assurée. L’enjeu est le même pour Melvyn. Il a donc tout intérêt à ne pas s’enfermer dans un seul rôle, à ne refuser aucun challenge.

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