dimanche 26 mai 2024

Ces entrepreneurs qui investissent dans le basket français

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Ils sont français ou étrangers. Ils se sont laissés tenter par nos clubs. Les Présidents et entrepreneurs français ont choisi la première division du Basket pour jouer un rôle. Qui sont-ils et pourquoi investissent-ils dans la balle orange ?

Qui a dit que le basket français ne suscitait aucun intérêt ? La Betclic Elite a vu débarquer certains grands dirigeants : David Kahn au Paris Basketball, Sergei Dyadechko à Monaco, les Américains de CounterPoint Sports Group à Pau…

« Si les entrepreneurs étrangers se penchent de près sur notre basket, c’est qu’il les intéresse, se félicite le président de la LNB Alain Béral. Mais il n’y a pas que des entrepreneurs étrangers qui veulent s’investir. Tony Parker (ASVEL) n’en est pas un. Mais il est un entrepreneur très fort désormais. La propriété de l’investissement qu’il soit français de souche ou venant de l’étranger ne pose même pas débat.

Il faut surtout retenir ce qu’ils font de bien pour la Ligue et les clubs. Quand ces entrepreneurs arrivent de loin pour investir dans le basket français, ils mettent tous les moyens en œuvre pour que cela fonctionne. Le plus souvent, ils deviennent même des exemples. Ils apportent leur expérience. A la Ligue, on reste ouverts et faisons preuve de bienveillance à leur égard ».

Les Présidents-entrepreneurs ont la tête dans le basket

Et le président de la LNB depuis 2011 de souligner certaines intéractions : « Certains sont connus comme David Kahn ou le pole d’investisseurs américains venus racheter l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez. Tacheny était arrivé lui de Belgique pour racheter le club d’Antibes.

On a accompagné aussi beaucoup le propriétaire ukrainien de Monaco. A ce jour, il existe cinq, six, contacts de ce type concernant une éventuelle reprise en tant que propriétaire de clubs français de l’élite ou de Pro B. Globalement, depuis deux ans, une vingtaine de contacts ont été établis avec des gens intéressés par la situation du basket français, son potentiel et la qualité de la très bonne gestion des clubs.

C’est assez rare en Europe. Nos clubs sont en très bonne santé. L’endettement bancaire est pour ainsi dire nul. L’an dernier et encore après Covid, un seul club sur 36 a eu une situation nette très légèrement déficitaire. Car en France c’est interdit. A la fin de saison, il faut combler ou c’est la Ligue qui prend la main.

On cherche donc à conseiller les entrepreneurs étrangers vis à vis des clubs en étudiant ceux qui sont ciblés pour voir si les bases sont solides. On les accompagne aussi dans les administrations françaises car ils n’en connaissent pas tous les rouages ».

« Nos clubs sont en très bonne santé »

David Kahn est un avocat de formation. Le président et co-propriétaire du Paris Basketball depuis 2018 a notamment intégré la NBA quand il a été directeur général des Pacers (entre 1998 et 2002), puis a été directeur des opérations des Timberwolves (entre 2009 et 2013). Il apporte toute son expérience au promu parisien.

« Peu importe que des propriétaires de clubs soient Serbes, Brésiliens, Américains, Français, Allemands, ou venant d’autres pays, estime ce dernier. A partir du moment où ce sont des personnes impliquées et qui ont le sens du business. La problématique actuelle et majeure dans cette Betclic Elite depuis deux, trois ans, est que trop peu de clubs sont encore conditionnés par une vraie culture business et économique.

Nous sommes tous d’accord sur l’importance du secteur sportif. On parle bien de sport. Mais on est dans un monde de sport/business, on ne parle donc pas que de sport, ni que de business, mais bien de sport business. L’entreprenariat, le sponsoring, le naming existent dans une multitude de sports. Pourquoi le basketball devrait en être totalement exempté ? ».

Les étrangers ne détiennent évidemment pas le monopole de l’entreprenariat dans notre basket. Beaucoup de nos clubs sont présidés par des présidents au fait des affaires. Citons notamment Tony Parker (ASVEL Lyon-Villeurbanne), Alain Bouvard (Metropolitans 92), Christophe Le Bouille (Le Mans), Martial Bellon (Strasbourg) ou Yves Martinez (Limoges).

Des Présidents-entrepreneurs lucides sur le potentiel du basket français

« Le profil type des entrepreneurs français, ce sont des industriels, en dehors de leur industrie, intéressés par le basket, explique le président de la LNB. Ils veulent créer une entité sportive et économique autour de ce sport pour rentrer dans une spirale positive. Il y a aussi ceux qui viennent de région et veulent aider. Le basket reste ancré dans le local plus que dans les grandes métropoles.

Ils souhaitent rendre à leur ville, une région qu’ils apprécient, à travers le sport. Les clubs sont également conscients que leur territoire peut être boosté par une bonne expérience sportive. Ils ont beaucoup à en tirer. Ce qu’on veut, cesont des gens intéressés par le basket sportivement plutôt que pour faire de la finance.

Nous ne sommes pas des start up. On a des entreprises rentables. S’il nous arrive d’écarter pas mal de personnes, ceux qui nous rejoignent sont intéressés par le basket sur le long terme. Ils sont prêts à aider le basket français professionnel, à rentrer dans la stratégie adoptée par le comité directeur puis l’assemblée générale, et d’adopter les 23 propositions de structuration de professionnalisation des clubs.

Le naming fait son entrée dans le Basket français

Le but est de créer une économie encore plus forte sur le basket français en France et en Europe. On a encore du retard à rattraper. Il faut donc que les volontés s’inscrivent dans cette stratégie sinon la Ligue n’aide pas. On n’a pas de clubs à vendre, mais on est observateurs/conseillers ».

Dans un avenir proche, une grande tendance risque de plus en plus s’implanter dans notre basket hexagonal : le naming. En 2018, l’ASVEL Lyon-Villeurbanne, a signé avec le groupe LDLC, le vendeur en ligne lyonnais de produits high tech, le plus gros contrat de naming du basket français, et ce à l’appui de ses ambitions européennes. D’autres devraient suivre cette voie :

« Le naming est quelque chose qui est arrivé en France sur le tard il y a un peu plus de deux ans. Cette pratique est déjà un peu ancrée en Grèce, en Espagne, mais surtout dans les pays du Nord. Chez nous, cela va se développer très fort dans les salles et dans le naming des clubs. C’est du sponsoring de moyenne durée entre trois, cinq et parfois sept ans. Cela permet de faire des comptes d’exploitation à moyen terme.

C’est du sponsoring, mais la marque en question est citée sans arrêt. Comme c’était le cas pour Jeep et maintenant Betclic, telle est l’appellation actuelle du championnat. En termes de qualité et d’efficacité, c’est une bonne chose.

« Le naming est quelque chose qui est arrivé en France sur le tard. C’est du sponsoring de moyenne durée entre trois, cinq et parfois sept ans.» 

Les entreprises voient cela avec un regard favorable. Comme c’est le cas en Italie avec Armani, on va voir affluer ces supports de marques. Cela ne fait que commencer chez nous. C’est en cours de développement. Bourg-en-Bresse a déjà un namer unique pour la Coupe d’Europe. Beaucoup d’équipes risquent de porter le nom d’une marque pendant plusieurs années.

Le basket ne vit pas de subventions, mais du public dans les gradins, des VIP dans l’hospitalité et des sponsors. Un club comme Strasbourg travaille pour construire lui-même et investit lui-même sur une salle plus grande. Ils ont forcément besoin d’un peu de visibilité car des garanties sont nécessaires. Le naming d’une salle ou d’un club permet d’avoir cette garantie, de voir rentrer de l’argent pendant trois ans ou cinq ans. Cela représente plusieurs millions d’euros ».

De quoi assurer les beaux jours de bon nombre de nos clubs professionnels.

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