mardi 4 octobre 2022

Tony Parker : « L’objectif est de gagner un jour l’Euroligue avec l’ASVEL »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Désormais installée pour au moins dix ans en Euroligue, l’ASVEL de Tony Parker continue de grandir pour faire briller le drapeau français.

Après avoir obtenu une licence permanente, le prochain objectif est-il de gagner l’Euroligue ?

C’est l’objectif, un jour, c’est certain, mais, pour l’instant, on en est encore loin. Quand ? On verra (sourire).

Vous ne l’avez pas gagnée en tant que joueur est-ce votre rêve de président ?

Mon rêve est plus de construire un club unique en France, un club qui dure dans le temps, qui soit un des meilleurs d’Europe que ce soit chez les garçons ou les filles.

La France n’a décroché l’Euroligue qu’une seule fois en 1993. Est-ce une quête quasi impossible face aux mastodontes européens ?

Rien n’est impossible, c’est ce qui fait la beauté du sport. On va continuer à construire notre club. On a fait deux bonnes premières années avec le plus petit budget d’Euroligue. Une nouvelle salle va arriver en 2023 (de 15 000 places, Ndlr). On va continuer à améliorer notre budget.

Le président de Limoges disait que l’ASVEL était un modèle à suivre. Est-ce une fierté ?

J’essaye de rendre au basket français ce qu’il m’a apporté, d’amener ma pierre à l’édifice. Quand on a repris le club en 2014 avec Gaëtan (Muller), on a annoncé pas mal de choses et on essaye de respecter ce qu’on a dit. Le club a très bien grandi. On a gagné plusieurs trophées avec les garçons et les filles. On est en Euroligue à vie et on continue à construire, ce que j’ai toujours voulu, un club unique en France et un des meilleurs d’Europe.

« Mon rêve est de construire un club unique en France »

Un club unique en France, mais qui, ne seraitce qu’en terme de budget, est largement audessus.

On est quand même parti de loin ! Il a fallu redorer le blason et l’image du club. Les relations n’étaient pas bonnes avec l’Euroligue. On a donc fait beaucoup de chemin en essayant de nouer de bonnes relations avec des partenaires forts pour créer un business model qui tienne la route. Je suis très fier aujourd’hui de tous les gens qui sont dans l’aventure. C’est mon job de fédérer les gens. L’union fait la force et on a la chance d’avoir des partenaires qui croient en notre vision.

A l’image du PSG en foot, vous êtes l’équipe à battre dans le basket français !

Si on peut tirer tout le monde vers le haut, que ce soit dans le basket masculin ou féminin, c’est plutôt positif. On essaye d’être une locomotive dont modèle est plus l’OL que le PSG (sourire).

« Chaque saison, ce sera la guerre car tout le monde voudra battre l’ASVEL »

Le championnat de France doit-il s’inspirer de la NBA avec un système de Conférences ?

Pourquoi pas. Il ne faut pas avoir peur du changement, de moderniser notre championnat. Il faut savoir évoluer avec son temps. Je suis ouvert. De toute façon, ce sera soumis à un vote et on décidera tous ensemble avec les clubs de Pro A et de Pro B. Mais je ne pense pas qu’on ira vers une ligue fermée. Ce n’est pas l’histoire du basket français.

Il se murmure que vous serez le successeur de Jean-Michel Aulas à la tête de l’OL. Qu’en estil?

Pour l’instant, Jean-Michel Aulas est toujours là. C’est l’un des meilleurs présidents de l’histoire du sport français. Il a envie de continuer et c’est une très bonne chose. J’ai intégré le conseil d’administration, ça me va très bien et j’ai la chance d’apprendre de lui.

Votre modèle est-il Américain ?

Il y a des choses qui sont bien aux Etats-Unis, d’autres en France. On ne peut pas tout dupliquer de la NBA en Europe où il y a une tradition, une histoire, des choses à respecter, j’essaye donc de trouver un juste milieu entre les deux.

Tony Parker solidaire du Basket Français

Y a-t-il un club qui vous inspire ?

Le Bayern est un bon exemple à suivre, avec un business model un peu construit comme le nôtre.

Quand on est l’ASVEL, qu’on a le plus gros budget, peut-on se permettre de ne pas être champion chaque année ?

C’est le sport. Rien n’est garanti et heureusement ! Ce serait trop facile d’avoir le plus gros budget et de gagner chaque année. C’est ce qui fait la beauté du sport. Ce n’est pas une science exacte. C’est ce qui fait qu’on a fait une super saison en Euroligue avec le plus petit budget. Tout est possible et rien n’est garanti en France.

Chaque saison, ce sera la guerre car tout le monde voudra battre l’ASVEL. On veut gagner chaque année, mais je sais très bien qu’on ne gagnera pas chaque année.

Confier les rênes de l’équipe à votre frère, c’était une belle marque de confiance, mais aussi une sacrée pression !

Je ne le vois pas comme ça et lui non plus. On vit notre aventure. Cela faisait huit ans qu’il était assistant et je trouvais que c’était le bon moment pour le mettre coach. Il a énormément d’expérience. Il était donc logique de lui donner sa chance.

Vous a-t-il surpris ?

Non pas du tout. J’ai confiance en lui à 100% et il a réussi l’une des plus belles saisons de l’histoire d’un club français en Euroligue, avec notamment six victoires d’affilée, ce qui est un record. On a battu deux fois Barcelone. C’est un passionné qui travaille très dur et je suis très content.

Des joueurs majeurs vont quitter l’ASVEL à l’image de Heurtel, Fall ou Yabusele. Le championnat de France n’a-t-il pas les moyens de garder ses « stars » ?

Avec les taxes, il est impossible de garder les meilleurs joueurs français.

Comment gagner l’Euroligue sans les meilleurs ?

Mon job, c’est de continuer à augmenter le budget. La nouvelle salle va énormément aider dans deux ans. Ensuite, il faudra être malin dans le recrutement.

Tony parker concentré à 100% sur l’ASVEL

Où en êtes-vous de votre projet d’acheter une franchise américaine ?

Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité. Je me concentre sur l’ASVEL, l’Euroligue et la nouvelle salle.

Les Américains ne sont pas toujours tendres avec Rudy Gobert. C’est quoi le souci ?

Il a fait une très bonne saison mais après, parler de MVP, c’est compliqué, c’est un autre niveau quand on parle de joueurs comme Embiid, Jokic ou Antetokounmpo. Rudy a fait une très bonne saison, mais ce n’est pas une saison de MVP !

Son énorme salaire n’est peut-être pas en adéquation avec sa moyenne de points. Ceci explique aussi peut-être les critiques ?

Les droits télés sont tellement énormes que ça ne me choque pas. Utah a terminé avec le meilleur bilan, il fait partie des meilleurs joueurs de l’équipe donc il mérite d’être payé à ce prix-là.

Victor Wembanyama est-il la future star du basket français ?

S’il reste en bonne santé et qu’il continue à se développer, il a de grandes chances pour être le Français drafté le plus haut. Après, tout va dépendre dans quelle équipe il va tomber et si le coach va lui faire confiance.

Retrouvez la version longue de l’interview de Tony Parker dans France Basket, en vente ici, ou chez votre marchand de journaux.

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