dimanche 2 octobre 2022

Cheslin Kolbe : « Le titre mondial me donne des devoirs »

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Cheslin Kolbe fait l’unanimité en tant que joueur, mais aussi en tant qu’homme. Pendant le confinement, le champion du monde a montré sa grandeur d’âme en aidant son pays. L’ailier supersonique du Stade Toulousain ne fera pas de cadeau, en revanche, à ses adversaires.

Vous avez passé les mois de confinement chez vous en Afrique du Sud. Que retirez-vous de cette période ?

Lorsque le confinement a été décrété en Afrique du Sud, j’étais en vacances au pays, le club m’a autorisé à y rester pour passer du temps avec ma famille, j’ai beaucoup apprécié, j’ai pu voir des personnes que je vois rarement.

On vous a vu également distribuer des repas dans la rue…

J’ai distribué des repas dans les townships de Kraiifontein là où j’ai grandi. Avec l’équipe de “Be the difference”, une association créée par des amis, on portait de la nourriture, des boissons aux nécessiteux. C’était important pour moi d’être auprès d’eux. Les gens souffrent tellement.

Est-ce le titre de champion du monde qui vous confère de nouveaux devoirs ?

J’ai toujours aimé aider les gens, mais j’étais forcément moins connu. Aujourd’hui, j’ai une voix qui porte et le titre mondial me donne des devoirs. Quand on peut, il faut aider les gens, leur offrir l’espoir de s’en sortir. Si je peux apporter de la joie, une lueur d’espoir sur le visage des gens que je croise, c’est un bon début.

Comment s’est passée la reprise des matches ?

C’était dur (rires). Mais j’étais heureux de jouer de nouveau avec mes copains du Stade. Les jambes ont souffert, mais c’était un bon feeling.

« LE STADE TOULOUSAIN, CE N’EST PAS QUE LES ARRIÈRES »

Cheslin Kolbe

Vous avez eu peu de matches pour vous mettre en jambes avec un gros début de saison. Avez-vous eu une préparation différente des autres saisons pour cette saison particulière avec des matches européens couperets dès septembre ?

Ça me plait de jouer des gros matches d’entrée, ça nous met dans le bain. Ça fait bizarre de jouer deux saisons en même temps avec le Top 14 qui débute et la Coupe d’Europe qui se termine, mais c’est excitant de jouer des grosses équipes chaque week-end. Tu dois faire le boulot à fond, être prêt d’entrée. La préparation est plus ou moins identique. Toulouse est attendu partout donc globalement tous les matches sont difficiles.

Comment définiriez-vous le collectif toulousain ? Qu’est-ce qui fait sa force ?

On parle beaucoup des arrières, mais on forme vraiment un groupe avec de grands joueurs à tous les postes, je ne veux pas qu’on oublie le pack qui est aussi composé de joueurs talentueux. C’est sûr que dans une équipe on voit principalement les arrières qui marquent les essais comme les footballeurs qui marquent des buts, mais il ne faut jamais oublier le travail des avants, tout part d’eux, ce sont eux qui récupèrent les ballons. On voit les essais, le tableau d’affichage mais, si on marque, c’est que nos avants nous ont permis d’être dans l’avancée. Ils assurent les fondations. Notre force, c’est que l’on est une bande de copains, on s’entend très bien sur et en dehors du terrain. Je me suis senti bien dès mon arrivée à Toulouse, j’ai trouvé une nouvelle famille. Avec ma femme et ma fille, on s’est sentis comme à la maison.

Champion de France, champion du monde, meilleur joueur… Vous avez croulé sous les honneurs en 2019. Est-il facile de se remettre au travail après une telle année ?

Ce fut une saison phénoménale avec le club et mon pays. J’ai eu du mal à y croire. C’est énorme de gagner la même année le Top 14, le Rugby Championship, la Coupe du monde. Mais je ne suis pas tout seul, il faut féliciter aussi mes coéquipiers. Après le Mondial, quand je suis revenu à Toulouse, il me tardait de retrouver les terrains et l’entraînement, ça n’a pas été difficile car c’est ce que j’aime le plus au monde.

Le Stade Toulousain a-t-il les moyens d’être champion d’Europe, le seul titre qui vous manque avec le club ?

On a été demi-finalistes donc on a prouvé qu’on pouvait se hisser au niveau des meilleurs. On joue toutes les compétitions à fond, les autres équipes aussi. J’espère que l’on y arrivera un jour. Le club l’a déjà été, il fait partie des meilleurs en Europe depuis longtemps.

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