dimanche 25 septembre 2022

Christophe Urios (UBB) ne lâche rien : « Le patron, c’est moi »

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D’une demi-finale de Top 14 agrémentée d’une autre de Champions Cup -, à l’autre, les Girondins n’ont pas vraiment avancé dans leurs ambitions d’aller chercher un premier Bouclier de Brennus. Eu égard aux tensions qui ont parasité la relation coach-joueurs, Urios et ses cadres, on peut même dire que l’UBB a peut-être un peu régressé. A moins que les effets de la méthode Urios ne portent leurs fruits cette saison.

Avec lui, c’est souvent du brutal ! Le style Urios ne s’embarrasse pas de langue de bois, ni de faux semblants. Lorsqu’il a des choses à dire, il les dit. Mécontent de l’investissement de ses deux internationaux en fin de saison, Woki et Jalibert, estimant le décalage trop grand entre leur statut, leur médiatisation et leurs performances, il n’a pas hésité à les fustiger publiquement.

« J’ai pris un risque incroyable en me mettant le vestiaire à dos, reconnaissait-il au micro du Canal Rugby Club. C’était une première car je n’avais jamais eu à coacher un groupe comme ça. Mais le patron, c’est moi. Je sais où je veux aller à Bordeaux et si ça ne va pas, je partirai… »

L’UBB change de style mais pas d’homme

Après avoir échoué à deux reprises au pied des finales face à Toulouse en 2021, c’est encore face au futur champion de France, Montpellier, que l’UBB a perdu en 2022, à la régulière, au bout d’une saison usante, physiquement et donc nerveusement.

« La saison a été longue et difficile, nous dit Urios, car on joue toutes les compétitions à fond. Le Top 14 est une compétition de plus en plus exigeante, mais en arrivant quand même deux années de suite en demi-finale, on a prouvé qu’on n’était pas si mauvais que ça. »

Pour franchir, au niveau national comme européen, le dernier palier qui permettrait d’espérer imiter son ancien club, La Rochelle, « il faudrait être moins irrégulier, avoir moins de trous d’air, ce qui fut notre principal problème cette saison. C’est comme ça que nous avons perdu des points importants qui nous ont coûté cher au final. On n’a pas réussi à trouver cette cohésion d’équipe qui te permette de te battre pour être champion. » Alternant performances brillantissimes, dans le sillage de ses leaders de jeu, Jalibert,

Woki, Lucu ou Seuteni, et sorties plus neutres, l’UBB a trop gâché en route alors qu’elle avait le potentiel pour contester à Castres et à Montpellier les deux premières places de la saison régulière. Et de s’économiser un match de barrage tendu. Encore fallait-il répondre présent à Perpignan pour ce dernier match (perdu 15-22) qui a déclenché l’ire du coach et peut-être mis le ver dans le fruit. Ou pas.

« Pour aller plus loin, il faut que je change… » (Urios)

Ce sera un des principaux enjeux de la saison qui débutera très fort avec la réception de Toulouse, un déplacement à Montpellier, et la réception de Castres pour les trois premières journées. Dans ce contexte, les nouveaux ne vont pas forcément avoir trop de temps pour se mettre dans le rythme d’un coach qui reconnait « avoir beaucoup appris sur mes joueurs, sur mon management. »

Un coach qui semble avoir le destin de l’UBB entre ses poignes, un coach qui ne fuit surtout pas ses responsabilités lorsqu’il nous dit « avoir repensé sa façon de travailler avec mon staff. Cette saison, je n’ai pas été assez rigoureux. Si je ne change pas, nous ne ferons pas mieux que des demi-finales, ce qui est déjà pas mal. Mais, pour aller plus loin, il faut que je change. »

Après avoir mis la pression sur ses joueurs, sa manière à lui de prendre sa part… En attendant les premiers effets de cette évolution, avec onze départs, dont certains très significatifs (Picamoles, Paiva, Dweba, Woki, Roumat, TrinhDuc, Lam et Seuteni), on peut parler de renouvellement pour un effectif qui va perdre en quantité, mais peut-être gagner en unité.

Devant, Falatea, Boniface, Votoa et Dimchef arrivent pour maintenir le niveau de la 1ère ligne, en 3ème ligne, Miquel et Timu, le Wallaby sorti de sa retraite, compensent les départs de Roumat, Picamoles et Woki, derrière Holmes, Vili et Tambwe (meilleur franchisseur et 2ème joueur ayant parcouru le plus de distance ballon en main lors du dernier United Rugby Championship), devront s’adapter à l’une des meilleures charnières de France (Lucu-Jalibert). Tous pourront constater assez vite si le management de Christophe Urios a bien évolué cet été…

La recrue : Vili, ça promet !

Le prometteur centre de Clermont Tani Vili (21 ans) s’est engagé trois ans avec l’UBB. L’ASM voulait pourtant le conserver alors qu’il était en fin de contrat. Avec Yoram Moefana, il va former une paire de centres explosifs ! Ces deux-là ont des origines walisiennes. Puissant, fort à l’impact et excellent aux duels, le natif de Brive, qui devrait monopoliser plusieurs défenseurs, compensera le départ d’Ulupano Seuteni.

Tom Boissy

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