lundi 26 février 2024

Equipe de France, Etats-Unis, ASVEL… Toutes les vérités de Marine Johannès !

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Son retour en équipe de France après l’imbroglio de l’été dernier, la remontada de l’ASVEL, son avenir, Marine Johannès n’élude aucun sujet. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

On vous a vu exceller avec le New York Liberty qui est arrivé en finale. Pouvez-vous revenir sur votre expérience américaine ?

C’était incroyable pour moi de vivre ça. Déjà d’aller en WNBA c’est toujours un truc spécial. Vivre ces premières finales WNBA, dans une ambiance incroyable avec 18 000 personnes, c’était impressionnant et une super expérience.

LeBron James a retweeté une de vos actions. Qu’est-ce que ça fait de voir son nom cité dans tous les médias américains ou par certains joueurs NBA ?

Ça fait plaisir. Il n’y a pas meilleur comme commentaire. C’est quand même l’un des plus grands joueurs NBA ! Après le match, certaines filles sont allées faire une photo avec lui et lui dire bonjour. Moi je n’ai pas trop osé, en plus on avait perdu.

Dans quel état d’esprit avez-vous retrouvé l’ASVEL qui a connu en votre absence un début de saison poussif ?

Ça faisait un moment que j’étais partie donc ça fait du bien de rentrer en France, de retrouver l’équipe, le club.

Enchaîner championnat de France, Coupe d’Europe, équipe de France, WNBA, est-ce physiquement et mentalement difficile ?

Je ne vais pas mentir, c’est assez dur, surtout mentalement. C’était quand même long de partir de France aussi longtemps. C’était la première fois que je passais presque six mois à l’étranger. C’est une nouvelle expérience. Tony (Parker) m’a laissé quelques jours de repos. Ça m’a permis de me ressourcer en famille, de m’entraîner aussi individuellement avec quelques séances muscu. Je me sens bien, je suis contente, j’essaye de pas penser à l’enchaînement, juste de profiter du moment.

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« Les Américains sont impressionnés par Wembanyama »

Vous avez vécu la Wembanyama aux Etats-Unis. Est-ce aussi la folie que ça ?

Quand je suis arrivée à New York, une des premières questions a été : « Alors, tu connais Victor ? Comment il est ? Tu penses qu’il va être vraiment fort ? » Ils sont vraiment impressionnés par Victor.

Aimeriez-vous vivre ce qu’il vit ?

Non ! (rires) En vérité, je pense que personne n’aimerait vivre ce tourbillon médiatique. Il a un programme chargé avec beaucoup d’attentes autour de lui. Il s’en sort très bien. Mais ça ne doit pas être évident à gérer. Il est encore très jeune et j’ai l’impression qu’il doit tout apprendre en quelques mois.

Quelles sont les différences entre New York et l’ASVEL au niveau des conditions de travail ?

Ce n’est pas le même budget (sourire). Le propriétaire des Liberty est aussi celui des Nets, on a donc beaucoup de choses en commun. On joue au Barclays alors qu’en 2019 ce n’était pas le cas. Nous avons notre vestiaire, notre salle de muscu, bain froid, bain chaud, le sauna, etc. On peut manger là-bas le matin et le midi. Il y a un chef qui nous fait à manger. Tu n’as pas besoin de laver ton linge ! Ce sont des conditions NBA. Tony essaie de ressembler à ce type d’organisation, mais ce ne sont pas les mêmes budgets. J’adore Mado, mais forcément ce n’est pas le Barklays Center !

Quelle est votre situation contractuelle à l’ASVEL ?

C’est ma dernière année de contrat.

C’est votre 13ème année en Ligue féminine. N’avez-vous pas envie d’aller à l’étranger, dans un grand club, pour gagner l’Euroligue, ce qui est compliqué en France ?

Dans ma tête, l’objectif serait d’au moins faire un Final Four avec une équipe française. Plus tard aussi peut-être gagner l’Euroligue avec une équipe française. Ce serait vraiment le top du top. Une expérience à l’étranger m’intéresse aussi.

« J’aime peindre et dessiner, ça me change les idées »

Les gens ne vous connaissent pas forcément en dehors du basket. Quelles sont vos passions ?

J’aime bien regarder des séries, des films. J’aime aussi beaucoup la peinture, le dessin. Je ne dis pas que je suis une pro, mais j’aime bien peindre et dessiner, ça me change les idées.

Pensez-vous aux Jeux Olympiques ?

J’y pense parce que beaucoup de personnes parlent des JO à Paris. Ensuite, avec les fenêtres internationales, on y pense car le prochain vrai objectif, ce sont les JO. C’est donc dans un petit coin de ma tête (sourire).

Que pensez-vous de cette équipe de France rajeunie ?

C’est un groupe avec de nouvelles têtes, beaucoup de jeunes. C’est que du positif. Elles vont commencer à voir comment ça se passe en équipe de France. Au fur et à mesure, elles vont avoir moins d’appréhension, moins de stress et on sait que l’avenir, ça va être elles ! Elles vont monter de plus en plus en puissance.

Vous étiez revenue de Tokyo avec la médaille de bronze. A Paris, l’objectif sera-til de faire mieux ?

Peu importe la couleur. Une médaille, c’est l’objectif premier. Ça va être très dur. C’est à Paris, il y aura beaucoup d’attentes sur toutes les équipes françaises et sur tous les athlètes français.

La brouille de cet été est-elle oubliée ?

On a échangé, on s’est dit certaines choses, on a voulu surtout voir pour l’organisation pour l’été prochain comment ça allait se passer pour moi, pour eux, ce qu’ils attendaient. Nous partons sur une nouvelle dynamique. On essaie d’oublier, de passer à autre chose. Le plus important, pour moi, c’est de jouer au basket. Je ne veux pas me prendre la tête par rapport à tout ça.

Marine Johannès veut une médaille à Paris 2024

Comment avez-vous vécu en tant qu’être humain cette affaire ?

Ça n’a pas été une situation facile. On sait à quel point l’équipe de France est importante pour moi. Rater cet Euro, ça m’a touchée. Après, de pouvoir enchaîner à New York, d’être loin de tout ça, ça m’a aidée à oublier en me concentrant sur New York où j’avais du retard à rattraper, en me concentrant sur le basket. Ils connaissaient la situation et ils m’ont laissé tranquille par rapport à tous les médias. New York m’a bien aidée à passer à autre chose.

Etes-vous tombés rapidement d’accord pour la préparation en vue des Jeux ?

Leur première question était de savoir quelle était mon envie entre la WNBA et l’équipe de France. J’ai été claire : en 2024 mon objectif sera les JO et je mettrai tout en place pour être là le premier jour de la prépa. Je veux faire partie de cette équipe pour les JO, un événement à ne pas rater.

Qu’attendez-vous le plus des JO, le fait d’être au village olympique, d’aller voir d’autres compétitions, de rencontrer d’autres sportifs ?

J’aimerais aller voir d’autres compétitions, de vivre l’expérience à fond, ça m’a manqué à Tokyo. Avec la Covid, ce n’était pas facile. Etre au village avec d’autres athlètes, c’est toujours spécial. J’avais été voir le judo à Rio. J’aimerais bien voir du volley. Après, peu importe la compétition, j’y vais !

Marine Johannès veut encadrer les jeunes

Etes-vous revancharde au moment de retrouver l’équipe de France ?

J’ai juste envie de jouer mon basket. Je n’ai pas envie de me mettre en avant ou quoi que ce soit. Je veux juste avoir ma place en équipe de France. Il y a beaucoup de jeunes qui arrivent et qui ont beaucoup de talent. Je veux juste montrer que je peux avoir aussi ma place dans l’équipe, sans penser à ce qui s’est passé l’été dernier.

Par rapport à ces jeunes, avez-vous envie de les encadrer, d’être une leader ?

Je dois prendre aussi conscience que je ne suis plus la petite jeune. Je peux aussi avoir ce rôle-là d’aider les plus jeunes, de leur donner des conseils. Ce sera avec plaisir.

Qu’avez-vous envie de travailler encore dans votre jeu ?

J’aimerais bien continuer à prendre du poids, musculairement parlant. Après avoir vécu les finales WNBA, il me manque quelques kilos sur le terrain (sourire). J’ai déjà pris du poids la saison dernière, c’est en cours, mais ça prend du temps. Après, baskettement parlant, c’est plus continuer sur les impacts, être plus agressive vers le panier et défensivement, progresser en un contre un.

Vos highlights ont tourné en boucle sur les réseaux. Avez-vous l’impression que votre image a changé auprès des fans français et même des jeunes filles que vous inspirez ?

J’ai reçu beaucoup de messages. J’inspire beaucoup de jeunes que ce soit garçons ou filles. C’est sympa d’avoir ce rôle-là. Ça a commencé aussi avec l’année qu’on a fait à Lyon. On a fait une très belle saison et personnellement une de mes meilleures en carrière. Après, la WNBA est de plus en plus suivie en France, ça joue aussi.

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