jeudi 25 juillet 2024

François Cros, le 3ème ligne qui fait du bien à Toulouse

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A 30 ans, François Cros atteint sa plénitude rugbystique. Désormais indispensable aussi bien au Stade Toulousain qu’en Bleus, il évolue tout en discrétion. Mais son talent est reconnu par tous les observateurs.

Avec trois Boucliers de Brennus (2019, 2021 et 2023), un Grand Chelem (2022) et deux Coupes d’Europe (2021, 2024), François Cros a beaucoup gagné avec le Stade Toulousain. Le 3ème ligne fait partie de la génération dorée toulousaine portée médiatiquement par Antoine Dupont, Romain Ntamack ou Thomas Ramos. François Cros est plus dans l’ombre que ses coéquipiers, mais il n’est pas moins important sur le terrain. Ce fut le cas dans le dernier parcours européen victorieux.

Au four et au moulin, le 3ème ligne international a été élu homme du match du 8ème de finale de Champions Cup face au Racing 92. Il l’a de nouveau été en demi-finale contre les Harlequins (38-26) réalisant un match colossal en défense. Il a d’ailleurs terminé meilleur plaqueur du match avec 20 plaquages réussis. En conférence de presse après le match, son manager Ugo Mola s’est montré très élogieux, une mise en lumière de la performance de son joueur totalement méritée :

« François est très utile dans ce rugby pas forcément flamboyant. Son activité n’est plus à prouver, tout comme son poids dans l’effectif. Il nous amène du lien défensif et offensif. Il fait souvent le boulot qui permet aux uns et aux autres de briller. C’est un homme de l’ombre sur-important dans notre dispositif. »

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« C’est un homme de l’ombre surimportant dans notre dispositif » (Mola)

Ugo Mola mesure la chance qu’il a de posséder un tel joueur, un joueur qui fait très peu de fautes, qui comprend plus vite que les autres. Il est aussi excellent dans les airs, en défense, dans les tâches de l’ombre et il a une grosse capacité à répéter les efforts tout un match. François Cros est un pur toulousain, il y est né et il a intégré le centre de formation du Stade Toulousain en 2009 alors qu’il est déjà considéré comme un grand espoir du rugby français.

La Fédération lui propose d’ailleurs de rejoindre le Pôle Espoirs de Marcoussis. Thierry Dusautoir l’a côtoyé à ses débuts à Toulouse et il a immédiatement apprécié la personnalité d’un garçon qui lui ressemble beaucoup :

« François possède une grande capacité d’écoute et d’analyse. Il apprend vite. Il a un profil que j’adore car il est très complet, il a la capacité de porter le ballon, de changer de rythme. Il est bon en touche, il me fait penser à Julien Bonnaire. Je suis content pour lui qu’il ait pris cette dimension. Il est indiscutable, mais est resté très humble. C’est un garçon intelligent, qui va au bout des choses. Ce n’est pas une grande gueule, mais il est discret sans être effacé. »

Parallèlement à sa carrière professionnelle, il a poursuivi ses études pour devenir podologue. Il a tout mené d’une main de maître avec une organisation sans failles. Comme à Toulouse, en équipe de France, il a également dû prouver avant d’avoir sa chance. En 2019, il n’est pas emmené à la Coupe du monde alors qu’il a réussi une grosse saison et son absence est très commentée et pas comprise. Par la suite, il doit faire face à une forte concurrence en Bleus et il est souvent le 4ème homme derrière Alldritt, Jelonch et Ollivon.

A chacune de ses entrées, il abat un travail colossal, mais il faudra du temps avant qu’il soit considéré comme indispensable aux yeux du sélectionneur. Il n’est jamais cité non plus dans les potentiels capitaines alors qu’il se comporte toujours en leader et qu’il ne fait jamais de mauvais matches ou de mauvaises entrées. S’il n’est pas médiatisé à la hauteur de son talent, qu’il ne parle pas beaucoup, sur le terrain, son avis compte et il se comporte comme un leader auprès de ses coéquipiers.

Et ce rôle de leader n’est pas nouveau puisqu’au début de sa carrière il était déjà capitaine des Espoirs et de la sélection U20. A Toulouse et en équipe de France, il n’a pas le brassard mais aujourd’hui le nom de François Cros dont la femme Jennifer évolue aussi au Stade Toulousain, est l’un des noms qui est le premier couché sur la feuille de match par Ugo Mola et Fabien Galthié. Et la reconnaissance de ses entraîneurs et de ses coéquipiers est bien ce qui compte le plus à ses yeux, bien plus que d’être en pleine lumière et de faire la Une des journaux.

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