samedi 13 juillet 2024

Gabin Villière : « À Toulon, on n’est pas là pour jouer le maintien ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’ailier international français, Gabin Villière (8 sélections, 3 essais) croit au retour au sommet du RCT où il évolue depuis 2019. Il se confie pour Le Quotidien du Sport et Rugby magazine.

Pourquoi avez-vous parlé de match référence contre Lyon (victoire 19-13, 11ème journée) ?

On affrontait une très grosse équipe de Lyon venue pour nous battre. Les équipes veulent venir à Toulon pour s’imposer. Le but était de montrer un autre visage. Il fallait vraiment battre ce genre de grosse équipe avec la manière, le caractère et de la maîtrise. C’est quelque chose qu’on a réussi à faire pour une des premières fois de la saison.

Pourquoi pas avant ?

On a récupéré beaucoup de joueurs. Il faut le prendre en compte. Se retrouver à nouveau avec 30/40 joueurs pendant la semaine à l’entraînement fait beaucoup de bien. On n’a pas vécu cela depuis le début de saison avec le nombre croissant de blessés et les internationaux. En début de saison, on tournait à 20 joueurs.

Tous ensemble on parvient maintenant à aller mieux de l’avant. On se trouve davantage et les résultats s’enchaînent plus positivement. On retrouve progressivement de la confiance. Elle nous manquait et nous fuyait depuis le début de saison.

Toulon demeure toujours dans la deuxième partie de classement. Etes-vous inquiet ?

Pas du tout. On est certes pas loin de la zone rouge, mais pas loin non plus de la zone très verte (sic). Quand on remarque le faible écart de points entre les équipes, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

En figurant pourtant parmi les derniers avant de jouer Lyon, on a finalement battu les 3èmes. C’est juste le niveau du Top 14 qui est très relevé. Il faut se faire sa place chaque semaine.

À Toulon il y a toujours de l’ambition

Le RCT n’est-il pas plus fort quand il est dos au mur ?

Je ne pense pas. Tous les gars ont la même ambition. Peu importe les matches et la situation du club. L’important est de rester droit. Les joueurs ici sont animés par cette mentalité.

Que peut espérer Toulon d’ici la fin de saison ?

Nos objectifs n’ont pas changé. Quand on est Toulon, le challenge n’est pas de jouer le maintien, mais de se battre pour accrocher une des six premières places. D’aller donc chercher les phases finales.

Et de tenter de ramener quelque chose pour ce club, ce groupe et la ville. L’objectif a toujours été très clair, même quand on traverse des périodes difficiles. On veut aller le plus loin possible. On garde bien cela à l’esprit.

Contre Lyon, vous avez été élu joueur du match par le public varois. La conséquence de votre tournée en Bleus ?

Je progresse que ce soit avec Toulon ou avec l’équipe de France. Je m’améliore dans les différents aspects de jeu. Cela me permet d’apporter au groupe France et au RCT. C’est du travail, mais aussi beaucoup de plaisir. Cela aide à être performant individuellement et collectivement.

Villière pense que la France est une favorite de la Coupe du Monde

Après votre fabuleuse victoire contre les All Blacks (40-25), croyez-vous au titre mondial maintenant ?

C’est un match qui nous a surtout permis de penser qu’on en était capables. Mais, au-delà de cette victoire, on n’a pas eu encore cet aboutissement de pouvoir gagner une compétition, un Tournoi, de remporter quoi que ce soit. Il faut donc impérativement garder les pieds sur terre.

Il y a encore beaucoup d’étapes à franchir avant cette Coupe du monde. Et de la remporter ! Tellement de caps restent encore à valider… Il faudrait déjà avant s’imposer dans un Tournoi des Six Nations ou dans une grande tournée avec une grosse adversité en face, et ce avant de penser à gagner cette Coupe du monde. Pour l’instant, on n’a aucun titre avec l’équipe de France depuis deux ans. Il faut commencer par changer cela.

Parlez-nous du capitaine Antoine Dupont…

C’est un exemple sur le terrain. Dans tous les domaines. C’est quelqu’un de très calme. Que ce soit dans le relationnel avec l’arbitre et avec nous. Il est au cœur du jeu. Il sait lire et gérer les situations. Même s’il doit endosser par ailleurs d’énormes responsabilités dans le jeu, il est omniprésent. Son impact est énorme.

« Avant de penser à la coupe du monde, il faut déjà gagner quelque chose »

Que vous inspire la progression d’un Thibaud Flament ?

Il a un parcours que j’aime. Un parcours qui me correspond aussi un peu. J’ai suivi un peu cette voie en venant de Normandie. Je sais par quoi il est passé et comment cela a été dur. C’est le genre de joueur qui donne tout pour le maillot international et en club. Cette volonté lui confère cette force d’avancer et d’être performant.

Avec Carl Hayman et Eben Etzebeth récemment, le problème des commotions cérébrales a refait surface. Pensez-vous que les instances du rugby en font suffisamment ?

Je pense que oui. Il y a des protocoles qui sont mis en place. On ne laisse pas les joueurs comme cela. Après, c’est à nous, joueurs, d’avoir cette responsabilité et d’être conscients des risques. Quand on joue et même blessé, on veut toujours continuer. Quand on a une commotion, c’est encore pire, car on dit qu’on a rien, alors que c’est parfois à l’intérieur que cela se passe, que ce n’est pas forcément visible et que c’est dur à ressentir. La prise de conscience individuelle est donc cruciale. En plus des protocoles qu’on a à côté.

Faut-il enfin craindre la fin de carrière pour Mathieu Bastareaud touché aux deux genoux ?

Ce sont des moments très compliqués. On l’a tous admiré quand on était plus jeune. On a encore la chance de l’avoir sur les terrains. Beaucoup de joueurs de Toulon ont apprécié jouer avec lui. J’espère que ce n’est pas la fin pour lui et qu’il va revenir le plus vite possible.

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