dimanche 2 octobre 2022

Garbajosa et le LOU, une ambition partagée

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Le départ de Mignoni, l’homme qui a amené le club en Top 14 en 2016 marque un virage profond pour un club qui attend toujours, six ans après, une première finale. En retrait depuis deux saisons (deux fois 9ème) après deux demi-finales d’affilée, le président Roubert a misé sur Garbajosa pour faire exploser son plafond de verre… sans faire la révolution au LOU.

A force, le Matmut Stadium de Gerland s’y était habitué. Une conférence de presse menée par Pierre Mignoni faisait partie des rituels du début de saison depuis son arrivée en 2015. Le lien entre le coach et son club et la manière avec laquelle il s’identifiait au LOU étaient devenus tellement forts et évidents qu’on avait fini par croire qu’il était éternel.

L’appel du RC Toulon a été plus fort qui doit permettre de redynamiser le projet sportif, sans le renier, loin de là, malgré une saison décevante, achevée à la 9ème place, soit le plus mauvais classement depuis la montée en 2016, mais sauvée par la victoire en finale du Challenge Européen, le premier trophée continental de l’histoire d’un club dont les  deux seuls titres de champion de France datent de… 1932 et 1933.

Le LOU entame une nouvelle page sans Mignoni

La victoire face à Toulon n’a donc rien d’anecdotique, elle crédibilise le travail effectué depuis une dizaine d’années qui a permis d’installer le rugby de haut niveau à Lyon. Désormais, il reste le plus dur à faire, atteindre le sommet, aller chercher un premier Bouclier de Brennus.

Ce n’est pas pour autre chose que le président, Yann Roubert, a sorti Xavier Garbajosa de sa retraite forcée après son licenciement de Montpellier il y a un an et demi, avec la volonté d’amener un nouveau discours, une nouvelle approche, mais sans se couper des recettes qui ont permis d’en arriver là.

Car si les pleins pouvoirs sportifs ont été accordés à l’ancien international toulousain, le président a bien fait attention de ne pas tout chambouler. Et c’est parce que le principal intéressé n’avait pas non plus cette intention, que le courant est passé.

« Il m’a aussi convaincu parce qu’il m’a dit qu’il avait appris de ses expériences et qu’il fallait s’appuyer sur ce qui marchait bien dans un club, se félicite le président. Ici, il y a des joueurs et un staff qui fonctionnent déjà bien et Xavier aura la mission de faire fructifier tout ça. »

Lors de sa première prise de parole en public, le nouveau chef de meute a abondé dans ce sens : « J’ai ma personnalité, mes convictions, mais mon expérience m’a montré qu’il faut savoir analyser un contexte, un environnement pour s’y adapter. »

Garbajosa: « On ne peut pas galvauder une Coupe d’Europe »

Tirant certainement les leçons de son passage mitigé à Montpellier, où il avait voulu imposer à des joueurs qui n’en avait pas forcément la culture, un style de jeu trop ambitieux et éloigné de leur adn, Garba a donc promis « d’observer, d’écouter, de regarder et d’échanger » avant forcément de trancher « pour amener ce petit plus qui permettra d’améliorer certains secteurs de jeu ».

Les ambitions ne sont pas secrètes qui amènent vers une qualification en phase finale… mais pas que « car on ne peut pas galvauder une Coupe d’Europe, encore moins quand on a la chance de jouer les Saracens et les Bulls. L’objectif européen s’adaptera donc aux résultats. Si vous perdez le premier match, surtout à domicile, vous savez que la qualification est compliquée. On en tiendra compte ».

Au sein d’une équipe dont l’identité de jeu, sans être identique, se rapproche quand même un peu plus de ce qu’il connait et apprécie, un jeu de mouvement à la toulousaine, le recrutement devrait lui permettre d’actionner pas mal de leviers. Avec le déjà convaincu toulousain Tafili (voir son interview ci-jointe), les profils de l’Australien Godwin au centre et des trois Néo-Zélandais Maraku au centre, Smith à l’ouverture et Coltman en première ligne, du Sudaf Botha et de Gouzou en 3ème ligne sont de nature à compenser avantageusement les départs de Barassi, Laporte et Ngatai, Bastareaud, Ivaldi et Fainga’a.

Plus qu’une rupture, ce changement de direction sportive se veut une continuité, un moyen d’aller chercher ce supplément d’âme, d’expérience et de compétences qui manquent encore au LOU pour jouer dans la cour des grands.

« J’arrive sans pression, dit Garbajosa, juste l’envie de bien faire, de continuer à porter ce projet, de grandir, de développer l’image du club, asseoir cette culture et cette identité. » Premier rendez-vous le 3 septembre à Brive avant une première réception test face à La Rochelle que Garba a forcément noté sur son calendrier…

La recrue : Godwin, le couteau suisse

Le Néo-Zed Ngatai sur le départ, le LOU n’a pas tardé à lui trouver un remplaçant qui n’aura pas grand-chose à lui envier. A 30 ans, le Wallaby Kyle Godwin (1 sélection face à la France en 2016) arrive de la Western Force et retrouve un championnat européen déjà fréquenté avec le Connacht entre 2018 et 2020. Capable de jouer au centre comme à l’aile, mais aussi à l’ouverture, sa polyvalence sera un atout précieux pour le staff de Garbajosa.

Tom Boissy

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