jeudi 25 avril 2024

Gauthier Denis (Paris Basketball) : « Je ne pensais pas être encore là en 2024 »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Seul joueur présent depuis la création du club à l’été 2018, l’ancien havrais, Gauthier Denis mesure le chemin parcouru. Et même si son temps de jeu a baissé avec le nouveau coach, il se sent toujours aussi bien au Paris Basketball.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans l’aventure du Paris Basketball en 2018 ?

J’étais au Havre en Pro B.J’ai été formé et je suis passé pro dans ce club. A l’issue de la saison 2017/2018, le club est relégué en N1. Je souhaite trouver un autre projet. Malheureusement, on met énormément de temps à trouver un accord avec Le Havre à tel point que des opportunités en Pro B se sont envolées. Mon agent me parle de ce projet parisien qui est en train de se créer. Je finis par payer de ma poche pour me libérer de mon contrat et pour aller donc à Paris qui était à ce moment-là le seul club intéressé, du fait qu’il ait été créé très tardivement et que le recrutement n’avait pas été fait en temps et en heure.

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Ne regrettez-vous pas d’avoir dû payer de votre poche pour partir ?

C’est le meilleur investissement de ma vie même si ça a été un gros investissement à l’époque, on parle quand même de 30 000 euros. Sans réellement le réaliser à l’époque, je tombais dans le projet le plus ambitieux de France et même d’Europe. Le président, dès la première année, parlait d’Euroligue. Tout le monde nous regardait avec de gros yeux.

C’était Paris, la capitale, avec ce projet de salle qui paraissait très lointain et qui, au final, est arrivé. La première saison, on était en Pro B, on jouait le maintien, on était loin de jouer les premiers rôles en championnat de France et en Coupe d’Europe. Je ne pensais alors pas qu’en 2024 je serai encore là et que je ferai mon entrée dans l’Adidas Arena.

Le Paris Basketball qui est né en rachetant les droits sportifs de Hyères-Toulon n’a pas toujours eu bonne presse. La donne a-t-elle changé maintenant que les résultats sont là ?

Beaucoup moins de gens osent parler parce que nos résultats parlent pour nous. On a pu comprendre certaines réticences au début. On aime aussi s’en prendre aux Parisiens… Il y a aussi ce qui s’est passé dernièrement avec Pau et les investisseurs américains où ça a mal tourné. Les haters sont toujours là. Paris, la capitale, en plus associée avec un investisseur américain…

Mais cette année ils peuvent moins s’exprimer parce qu’on leur montre qu’on est à notre place et qu’on fait le job. Ça fait plaisir après ces années de critiques de moins les entendre et de voir aussi certaines personnes qui n’y croyaient pas du tout au départ être aujourd’hui devant le fait accompli et ne pouvoir qu’observer la réalité du projet et le sérieux qu’il y a dedans, tout le travail qui a été accompli en dehors et sur le terrain pour aujourd’hui en faire une vraie organisation.

On parle tout le temps de Monaco et Villeurbanne, mais alors que l’ASVEL est un peu moins bien n’est-ce pas Paris la 2ème force française ?

Villeurbanne et Monaco ont le statut d’Euroligue, ils ont des budgets loin devant nous. Bourg-en-Bresse a aussi un énorme projet. C’est très bien que le championnat ait des locomotives comme l’ASVEL et Monaco. Je pense que la 3ème locomotive sera rapidement le Paris Basketball.

Dans un coin de votre tête, pensez-vous au titre de champion ou est-ce que Monaco est vraiment intouchable ?

On veut tout gagner, mais c’est encore tellement loin qu’on ne va pas penser au titre de champion. On y pensera en mai-juin quand les play-offs commenceront. On a tellement d’échéances avant. On joue deux fois par semaine et on n’a pas vraiment le temps de voir très loin plus d’une semaine à l’avance. Il peut se passer tellement de choses d’ici là. Une saison, c’est extrêmement fragile. On ne pense qu’à nous et c’est comme ça qu’on a réussi à performer jusqu’à présent.

Donc on va continuer à se concentrer sur nousmêmes. On sait que si on est vraiment nousmêmes, qu’on garde notre identité de jeu, il y a très peu d’équipes qui peuvent rivaliser avec nous. On est notre premier ennemi. Les matches qu’on a perdus, c’est parce qu’on n’a pas réussi à être nous-mêmes. On n’a pas mis les ingrédients pour.

Comment avez-vous vécu à l’intersaison toutes ces arrivées en provenance de Bonn faisant du Paris Basketball un Bonn bis ?

Je suis le seul joueur qui suis resté de la première année et même de l’an dernier puisque Dustin (Sleva) et Axel (Toupane) sont partis. A la reprise, il y avait énormément de changements et j’avais l’impression d’avoir changé de club parce que je ne connaissais personne. Mais c’est tout à fait logique. Il suffit de voir la saison qu’a faite Bonn l’an dernier. Quand on voit l’identité de jeu et tout ce que le coach demande, c’est une très bonne chose qu’il ait fait ce choix.

On ne change pas une équipe qui gagne et l’an dernier ils ont quasiment tout gagné donc la meilleure solution pour gagner du temps, pour éviter de reconstruire un collectif, c’était d’apporter un maximum de joueurs de Bonn. C’est sûr qu’en termes d’identité, c’est particulier, beaucoup de joueurs sont partis, mais sur le terrain ils portent le maillot de Paris et ils se donnent plus que beaucoup qui ont porté le maillot de Paris avant.

« Si on garde notre identité de jeu, très peu d’équipes peuvent rivaliser avec nous »

A titre personnel, votre temps de jeu a été divisé par deux. Comment vivez-vous cette saison ?

Collectivement, ça me fait plaisir d’être à ce niveau. Tout a été clair avec le coach. La communication est bonne. Il n’y a pas de souci. Il y a un temps d’adaptation que j’ai dû avoir et que je dois avoir avec l’équipe. Je suis dans une équipe qui gagne et chacun son rôle et aujourd’hui mon rôle est ce qu’il est.

J’ai un un temps de jeu qui a été réduit, mais je préfère avoir un temps de jeu réduit dans une équipe qui joue le très haut de tableau qu’avoir comme l’an dernier, peut-être plus de minutes, mais jouer pour le maintien. Je suis au club depuis le début. J’ai un rapport avec le club particulier.

Je ne suis pas un mercenaire de passage qui a juste envie de faire des stats. J’ai un lien avec ce club qui s’est créé au fil des années. Je suis monté avec le club, j’ai connu la création, la première saison, je suis monté avec lui dans l’élite, il y a l’EuroCup depuis deux ans.

J’ai envie de continuer à grandir avec le club. Bien sûr que j’aimerais jouer plus, mais c’est une décision du coach, et la réalité, c’est qu’il a raison de faire ça puisque l’équipe ne perd quasiment pas un match. Ça n’empêche pas que, moi, au quotidien, à l’entraînement et en match, j’ai envie de gratter plus de temps de jeu.

Combien d’années de contrat vous restet-il ?

Je suis en fin de contrat. Je suis très heureux à Paris, donc si avec le club on arrive à trouver un terrain d’entente pour prolonger, je suis ouvert à toutes les options. On fera un bilan en fin de saison.

Comment avez-vous vécu le fait de perdre le brassard au profit de Michael Kessens ?

Je suis vice-capitaine. Ça m’a enlevé une certaine pression. Mike remplit parfaitement ce rôle. C’est une très bonne chose qu’il soit notre capitaine parce qu’en plus il connaissait le coach, les joueurs qui sont arrivés, les systèmes. C’était beaucoup plus facile pour lui d’assumer ce rôle.

Votre jeu est surtout d’apporter à 3 points. Pourriez-vous le modifier pour jouer davantage ?

A 3 points, c’est vraiment ma force, c’est là où j’apporte quelque chose, un plus à l’équipe. Je pourrais prendre des pick and roll, faire du drive, mais il y a des joueurs qui sont meilleurs que moi à ce niveau-là. Il faut que je continue à faire des efforts défensivement, ça commence à payer. Gauthier Denis, c’est un shooteur. Si je rentre sur un terrain, ce n’est pas pour mettre des dunks ! Ce sera toujours ma qualité numéro 1 d’être fort à 3 points et c’est ça qui me fera jouer.

Gauthier Denis impressionné par Hifi

Peut-on dire que Tuomas lisalo a révolutionné le jeu en Betclic Elite ?

Il n’y a rien de révolutionnaire, il n’a pas inventé un système magique. Simplement, il demande de la rigueur et de l’intensité. On a une forte identité qui repose sur la vitesse, sur les aides, sur l’intensité générale et ce qui est fort, c’est de pouvoir le demander à ses joueurs à l’entraînement qui sont encore plus durs que nos matches justement pour rendre les matches plus faciles, et de le demander de façon constante dans un match pendant 40 minutes, peu importe que ce soit le dernier ou le premier.

Un jeu dans lequel Nadir Hifi s’éclate. On parle beaucoup de Risacher en ce moment, mais Nadir c’est pas mal aussi !

On parle de Risacher parce qu’il y a la draft NBA et qu’il est plus jeune. Ce qui m’impressionne chez Nadir, c’est son efficacité avec son peu de temps de jeu. Il montre qu’il peut être monstrueusement encore plus efficace qu’il ne l’avait montré l’an dernier avec moins de ballons et moins de temps de jeu.

C’est une qualité qui l’amènera au très haut niveau et je lui souhaite vraiment parce que c’est quelqu’un qui bosse au quotidien et qui est humble et qui ne s’en plaint pas. Il est en mission. On est très content de l’avoir parce qu’avoir un joueur de cette efficacité, n’importe quelle équipe aimerait avoir ce genre de joueur.

Ça va être compliqué de le garder longtemps à Paris…

Ça dépendra aussi de nos résultats cette année. Si on gagne l’EuroCup et qu’on est en Euroligue, ce n’est pas pareil.

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