vendredi 14 juin 2024

Interview : la recette de Nando De Colo pour décrocher l’or aux Jeux de Paris 2024

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

A 37 ans (le 23 juin), Nando De Colo va disputer ses 4èmes JO. En argent à Tokyo, le Villeurbannais espère finir en beauté sa carrière internationale en espérant que l’équipe de France offrira un meilleur visage que lors de la Coupe du monde (éliminée dès la phase de groupes). Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

Que vous inspire le tirage au sort des Jeux Olympiques avec l’Allemagne, le Japon et sans doute la Lettonie pour la France ?

Il n’y a jamais de tirage facile aux JO. C’est une compétition avec très peu d’équipes. Les meilleures sont là. Tirer le champion du monde, ça va nous faire un bon test d’entrée. Le plus important, c’est de se concentrer sur nous. Si tout le monde est motivé, si tout le monde va dans la même direction, on arrivera à faire de belles choses.

L’Allemagne est championne du monde, mais ne vaut-il pas mieux tomber sur elle que sur la Serbie ?

L’Allemagne, ce n’est pas la vérité d’une seule compétition, c’est une équipe qui a montré ces dernières années qu’il fallait compter sur elle. Elle a su le concrétiser l’été dernier. C’est une équipe qui n’a pas eu forcément beaucoup de médailles, mais qui a su progresser jusqu’à arriver sur le toit du monde. Il faudra respecter toutes les équipes. Si c’est la Lettonie qui passe, c’est une équipe qui a énormément de potentiel. Il ne faudra pas sous-estimer non plus le Japon. Le plus important, c’est d’abord d’être conscient de nos qualités, d’apprendre par rapport à ce qui a pu se passer l’été dernier et être motivé pour faire un résultat collectif.

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Ne pas avoir les USA en poule, ça veut dire qu’on peut les rencontrer dès les quarts de finale. Tout le monde dit qu’ils sont imbattables, êtes-vous de cet avis ?

Sur le papier, ce sont clairement les favoris. Maintenant, le terrain, c’est différent. Il ne faut pas commencer à faire des calculs. Les Etats-Unis, certes, arrivent avec une armada, mais ça reste du basket. On a un effectif qui est capable de faire quelque chose. Si on doit les rencontrer, on les rencontrera.

Quelles leçons avez-vous tirées de la dernière Coupe du monde ?

Le plus important, c’est déjà d’être sur la même longueur d’onde dès le début. L’année dernière, on avait tous des objectifs un peu différents malgré ce qu’on pouvait dire. C’est ce qui s’est ressenti après. Cet été, ça va être une préparation réduite. Le plus important, c’est de retrouver cette cohésion qu’on a su avoir ces dernières années. Une communication qui nous a beaucoup manqué aussi l’été dernier soit pour essayer de faire évoluer les choses, soit pour remettre certaines choses à leur place. Si on arrive à être conscients de tout ça, que ce soit le staff ou les joueurs, on pourra montrer qu’on est toujours là.

La différence, c’est qu’il y aura Victor Wembanyama. Peut-il être le facteur X, le joueur qui manquait à cette équipe de France ou lui met-on trop de pression ?

Victor va forcément être un facteur X. Maintenant, la communication en début de stage va nous permettre de bien clarifier le rôle de chacun, l’intégration de nouveaux joueurs, l’intégration de Victor, sur le terrain, mais aussi en dehors parce qu’on sait à quel point c’est un joueur qui va prendre de la place sur le terrain, mais aussi dans le groupe en général et aussi par rapport à tout ce qu’il va dégager en dehors.Il a eu une saison où il a pu se mettre dans ce rôle de star montante. En France, on n’a pas forcément l’habitude de voir ça. A nous de faire les efforts pour que l’équipe soit dans les meilleures conditions avec un Victor au mieux de sa forme.

Les JO seront-ils votre dernière compétition en Bleus ?

Oui, bien sûr. J’ai fait mon temps avec l’équipe de France. J’espère que ça se terminera sur une bonne note. Je ne me mets pas dans la tête d’être dans un jubilé (sic). J’ai envie que ça se termine par une médaille au minimum. Certains verront plus loin. Nous, il ne faut pas oublier ce qu’on n’a pas su faire l’année dernière et se donner les moyens.

« Avec Victor, les possibilités sont multiples »

Ce seront vos 4èmes JO. Vous avez déjà goûté à l’argent. Secrètement, rêvez-vous d’or ou faut-il être réaliste ?

L’or est un objectif, mais il faut aussi prendre les étapes les unes après les autres. Aujourd’hui, on ne peut pas se permettre, en tout cas moi je ne peux pas me permettre de parler comme l’été dernier où clairement notre objectif était l’or et on est passé à côté. C’est peut-être un mal pour un bien à une échéance aussi importante que les JO en France d’avoir pris une claque et de repartir de la meilleure des manières.

La pression est-elle sur Team USA qui est le grand favori ou sur l’équipe de France qui va accueillir les JO ?

Ce sont les champions olympiques en titre. A partir de là, ils viendront avec la confiance qu’ils ont toujours connue. Maintenant que nous on ait une pression supplémentaire parce que les JO sont en France bien sûr, mais comme toute pression, il faut qu’elle soit positive. Si on fait bien les choses, si on se prépare, cette pression on pourra l’aborder beaucoup mieux.

« On a pour exemple les JO de 2016 »

Quelles sont pour vous les trois équipes favorites pour l’or ?

Ça va dépendre des effectifs des uns et des autres. Il y a au moins deux équipes par poule qui peuvent se permettre de penser au dernier carré. On a parlé des Etats-Unis qui sont les favoris. J’espère qu’on pourra compter sur notre équipe. L’Allemagne, enchaîne deux compétitions quand on est champion du monde, c’est très compliqué.

La Serbie est une équipe qui montre au complet qu’ils sont capables de faire de grandes choses même si jusqu’à aujourd’hui ils n’ont pas encore gagné un titre. Ils ont beaucoup de médailles, mais ils n’arrivent pas à concrétiser. L’Australie se donnera, comme toujours, les moyens de faire le maximum. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne fera pas un résultat juste en claquant des doigts.

On en a pour exemple nos JO en 2016 où on a eu un été très compliqué et on pensait qu’en claquant des doigts on allait réussir à changer la donne et ça n’a pas été le cas. Même si l’année dernière, on a eu un été très compliqué, très décevant, on est une équipe qui se connaît donc qui a la capacité si on se donne les moyens de pouvoir rebondir.

Nando De Colo compte sur le duo Wemby/Gobert

Embiid sera avec Team USA alors qu’il aurait pu choisir la France. Ce sera une motivation supplémentaire pour battre les Américains…

Il ne faut pas mettre notre ego personnel avant le résultat collectif. Mais nos intérieurs auront à coeur de jouer l’équipe américaine pour pouvoir démontrer à Embiid qu’il n’a pas forcément fait le bon choix. C’est ce qu’on veut aussi, le fait d’avoir ce caractère revanchard et c’est ce dont on aura besoin cet été.

Wembanyama et Gobert sont-ils compatibles ?

Avec Victor, on peut faire ce qu’on a envie ! On peut l’associer avec Rudy, on peut l’associer avec Gerschon (Yabusele), avec Mathias (Lessort). J’irai même à dire qu’on peut l’associer avec Rudy et Gerschon ! On peut le décaler sur certains systèmes en poste 3 s’il y a besoin.

Avec la capacité de jeu de Victor, il y a beaucoup de possibilités sur le terrain. Maintenant, il faut que ça soit pour le bien de l’équipe et pour que lui se sente aussi à l’aise dans ce rôle. Je n’ai pas beaucoup de doutes sur l’utilisation de Victor. Il faut juste lui trouver le meilleur rôle pour vraiment avoir un impact dans notre équipe que ce soit offensivement ou défensivement.

Les Américains ont été surpris de devoir jouer à Lille. Comme eux, auriez-vous préféré jouer toute la compétition à Paris ?

L’idéal, évidemment, c’est de jouer à Paris, mais si on ne nous met pas dans des bonnes conditions le fait d’aller à Lille, moi encore plus étant originaire du Nord, ce n’est pas un souci. On a déjà eu cette expérience en 2015, ça a été incroyable. Pour être honnête, j’avais des doutes sur le format salle de basket dans un stade de foot et, au final, c’était génial.

L’apport du public donnait une chose en plus à nos matches. Jouer à Lille n’est donc pas un problème. Après, c’est vrai que les JO se passent à Paris donc de ne pas être dans cette ambiance un peu plus JO ça va peutêtre au début nous manquer (la 1ère phase a lieu à Lille et la phase finale aura lieu à Paris, Ndlr), mais si on se donne des objectifs élevés, ça va nous permettre de rester concentrés sur ce qu’on a à faire.

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Le calendrier des Bleus

  • 27 juillet : France-vainqueur du TQO de Riga à 17h15 au stade Pierre Mauroy (Lille)
  • 30 juillet : Japon-France à 17h15 au stade Pierre Mauroy (Lille)
  • 2 août : France-Allemagne à 21h au stade Pierre Mauroy (Lille)
  • Groupe A : Australie, Canada, TQO Espagne, TQO Grèce
  • Groupe C : Serbie, Soudan du Sud, TQO Porto-Rico, Etats-Unis
  • Pour se qualifier pour les quarts de finale, il faut terminer 1er ou 2ème de sa poule. Les deux meilleurs 3èmes intègreront également le top 8.

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