jeudi 25 avril 2024

J.O. 2012 : le coup de poker de Renaud Lavillenie

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La tradition française de la perche a permis d’avoir de grands champions. Un soir d’été à Londres, en 2012, Renaud Lavillenie s’est invité dans cette confrérie avec une médaille d’or remportée après un dur combat et surtout un coup de poker gagnant.

5m97. Ce chiffre restera à jamais dans la mémoire de Renaud Lavillenie avec, bien sûr, les 6m16 de son record du monde en 2014. Il aura « suffi » au perchiste clermontois de franchir cette barre pour s’adjuger le titre de champion olympique à Londres en 2012. A cette occasion, il établit également un nouveau record olympique. Il n’aura pas eu besoin de tenter de dépasser les 6 mètres :

« C’était l’un des premiers titres de Renaud en plein air. Il avait été champion du monde et d’Europe en salle. Un mois avant les Jeux, il conserve son titre européen, ce qui lui permet d’arriver en pleine confiance à Londres. Ce concours a lancé la suite de sa carrière. Il a montré qu’il avait un gros mental, la tension dans le stade était très grande car la bataille était intense avec les perchistes allemands Otto et Holtzdeppe (5m91) » se remémore Bernard Faure, consultant pour France Télévisions.

Ce concours du saut à la perche de Londres a été serré et très ouvert à l’entame de la finale car il avait connu son lot de surprises dès les qualifications avec les éliminations du champion du monde Pawel Woiciechowski et du vice-champion du monde Lazaro Borges. Deux Français étaient, en revanche, qualifiés pour la finale après s’être sortis des méandres des qualifications puisque Romain Mesnil (qui terminera finalement 9ème) accompagnait Lavillenie.

En débutant parfaitement le concours avec des réussites dès le premier essai à 5m65, 5m75 et 5m85, le Français était sûr d’être sur le podium. Il lui restait à se battre pour la gagne avec les deux Allemands Bjorn Otto et Raphaël Holzdeppe.

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« Avant lui, la perche était réservée à des athlètes forts et puissants. Il a montré qu’avec de la vitesse, un perchiste pouvait aussi gagner et aller haut »

Ils étaient les seuls à passer 5m91 au premier essai (leur record), Lavillenie échouait, mais ne se démontait pas et il demandait 5m97 pour ses deux autres tentatives. Ce coup de poker se transformait en coup de maître puisqu’il passait cette barre à son dernier essai. Avec l’échec de ses deux adversaires à cette hauteur, il pouvait laisser éclater sa joie et sauter dans les bras de son frère Valentin, lui aussi perchiste, qui était en tribune avec toute la famille pour encourager son grand frère :

« Renaud faisait partie des favoris, mais il a montré une maîtrise parfaite de ses émotions et de sa perche. Il atteignait le sommet de sa carrière, il montrait son énorme potentiel. Avec ce titre olympique, il a décroché le Graal. Il faut croire que les Français aiment les concours à suspense, cela avait été le cas aussi avec Jean Galfione à Atlanta. Londres a été le début de sa très grande carrière et c’est pas mal de commencer par un titre olympique. Renaud a aussi montré que tout le monde pouvait pratiquer ce sport si exigent. Avant lui, la perche était réservée à des athlètes forts et puissants. Il a montré qu’avec de la vitesse, un perchiste pouvait aussi gagner et aller haut. »

Après ses Jeux, il continue de monter en puissance car, à 26 ans, il a encore de belles choses à accomplir. Il remporte plusieurs titres européens et mondiaux et, en 2014, il bat le record du monde de Sergueï Bubka en franchissant 6m16. Aux JO de Rio en 2016, il perdra son titre et terminera 2ème et à Tokyo il finit 8ème .

Lavillenie, une fin de carrière à Paris

A 37 ans, Renaud Lavillenie aimerait disputer ses quatrièmes Jeux Olympiques à Paris et finir ainsi à domicile sa magnifique carrière, mais son corps a du mal à suivre. Le Clermontois a dû être opéré en août dernier d’une rupture partielle d’un tendon au niveau des ischio-jambiers de la cuisse gauche. Absent cinq mois, il a repris l’entraînement en début d’année et il lui reste peu de temps pour réaliser les minimas olympiques d’ici fin juin.

La grande star de la perche actuelle et grand favori pour le titre à Paris, le Suédois Mondo Duplantis, qui a été interrogé sur Renaud Lavillenie dans la presse, veut y croire : « S’il y a quelqu’un qui peut le faire, c’est lui. » Avec ce titre olympique à Londres, Renaud Lavillenie est devenu le douzième français à remporter un titre olympique en athlétisme. Il est le 3ème perchiste français de l’histoire à se parer d’or après Pierre Quinon en 1984

à Los Angeles et Jean Galfione en 1996 à Atlanta. Les trois hommes auront du mal à avoir un successeur à Paris. Les Français ne devraient pas se mêler à la lutte pour les médailles, une place de finaliste serait déjà un bon résultat. Pour voir le successeur de Renaud Lavillenie. Il faudra encore attendre au moins quatre ans et peut-être plus longtemps encore à moins que Thibaut Collet, le fils de Philippe, nous fasse mentir…

Le saviez-vous ?

Avec ce titre de champion olympique de saut à la perche, Renaud Lavillenie met fin à une longue attente pour l’athlétisme français. Il offre à l’athlétisme son premier titre olympique depuis Jean Galfione en 1996 à Atlanta

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