jeudi 23 mai 2024

J.O. : la revanche impossible d’Alexis Vastine

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Avant de périr dans un accident d’hélicoptère en Argentine en marge d’une émission de télé, Alexis Vastine attendait les Jeux de Rio pour effacer les souvenirs amers de ses deux premiers Jeux Olympiques, tous les deux marqués par des décisions arbitrales très contestables.

A Pékin en 2008, sa médaille de bronze n’avait pas suffi pour atténuer la désillusion de sa défaite, déjà très controversée, en demi-finale, face au Dominicain Félix Diaz. Quatre ans après, à Londres, le même sentiment d’injustice a accompagné son élimination en quarts face à l’Ukrainien Taras Shelestyuk, également sur une décision arbitrale plus que douteuse.

Toutes les protestations et réclamations de son clan, toutes les larmes versées sur le ring n’y feront rien, c’est à Rio qu’il souhaitait prendre sa revanche et montrer au monde entier que son talent et sa détermination méritaient un titre olympique. Sans aucune garantie de ne pas voir le scénario se répéter une troisième fois.

Alexis Vastine, l’homme abattu des JO

Nation mineure de la boxe mondiale, la France ne pèse en effet pas lourd auprès des instances internationales et beaucoup, même parmi les dirigeants étrangers, estimaient que la victoire revenait toujours aux représentants des pays qui participaient financièrement le plus à l’AIBA (Association Internationale de la Boxe Amateur).

Victime d’une géopolitique de la boxe clairement orientée vers Cuba et les pays de l’Est, l’enfant de Pont-Audemer (Eure) s’est fait voler huit ans de sa vie de sportif. « Je ne pensais pas que ça arriverait une seconde fois, disait-il dans L’Equipe, dépité, après Londres. Je ressens de l’injustice, un gros ras le bol. Je le dis clairement, c’est de la politique, ce n’est pas du sport. » Il poursuivait plein de désespoir : « Quand je pense à mon avenir, je ne vois rien. On a brisé mon rêve. »

Il rêvait de prendre sa revanche à Rio

Malgré tout, pour trouver la force de se relever et se projeter sur sa troisième olympiade, même avec une médaille de bronze en poche, il lui avait d’abord fallu digérer ces deux traumatismes qui ont ému autant que scandalisé la France entière.

Une longue période de dépression accompagnée de multiples petites blessures aurait pu le mettre définitivement K-O., il n’en fut rien. L’amour de la boxe était trop fort qui lui permit en juin 2014 de gagner un nouveau titre de champion du monde militaire, son quatrième depuis son engagement dans l’Armée de Terre en 2008.

Surtout, il avait retrouvé la foi, plus motivé que jamais pour finir sa carrière en trombe en allant chercher un titre olympique, enfin. Mais ça, c’était avant ce terrible accident d’hélicoptère qui lui coûta la vie. Le 9 mars 2015, sur le tournage de l’émission de télé réalité Dropped qui emporta aussi Camille Muffat et Florence Arthaud.

« Alexis n’est pas mort sur un ring mais, pour moi, il restera ce boxeur qui est mort sur scène, sous le regard du monde entier. C’était un champion exceptionnel qui symbolisait à la fois la grâce, la technique, la tactique, c’était un modèle » selon Jean Savarino, son entraîneur.

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