mardi 23 juillet 2024

Jean Abeilhou : « Je ne sors pas de nulle part ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le commentateur de France Télévisions, âgé de 65 ans, prend le relais de Matthieu Lartot suite à ses problèmes de santé. Il s’en explique tout en se démarquant totalement d’une image de faire-valoir.

Comment êtes-vous arrivé sur le service public en 1991 ?

J’ai embrassé la carrière de journaliste par le biais des radios locales. J’ai fait mes premiers pas le week-end dans une radio locale à Montauban qui s’appelait Bas Quercy Radio. Je collaborais avec mon ami et collègue Jean Rességuié, qui est à RMC. Ensuite, j’ai eu cette opportunité de piger à Sud Radio sous la houlette de Patrick Thillet, mon parrain de profession. Sud Radio était très impliquée et couvrait beaucoup de rugby. En 1991, France 3 a voulu lancer une page rugby dans son magazine multi-sports, diffusé quotidiennement de 13h à 13h30.

Le mardi, ils avaient décidé qu’il y aurait 10 minutes de rugby. Ils avaient confié à France 3 Toulouse, où il y avait un savoir-faire et un historique, la fabrication de cette tranche rugby. Il a alors fallu étoffer les effectifs. C’est à ce moment-là que j’ai commencé le premier numéro de Rencontre à XV, en avril 1991 qui continue toujours. On en est au 1255ème numéro. Cette émission existe depuis 32 ans. Je les ai toutes connues !

Avant d’être journaliste, vous mettiez les mains dans les moteurs d’avion…

J’ai une formation de mécanicien/hélicoptère dans l’aviation légère de l’armée de terre. Puis je suis rentré dans l’aérospatiale chez Airbus. A cette période, il y avait le développement du premier Airbus A320. J’étais spécialisé dans la mise au point des moteurs de l’Airbus. C’est quand j’ai commencé à piger sur Sud Radio que j’ai alors franchi le cap.

Jean Abeilhou ne se voit pas en remplaçant de Matthieu Lartot

Vous arrivez maintenant dans un contexte spécial car vous remplacez Matthieu Lartot…

Je ne remplace personne. Cela fait trente ans que je commente des matches de rugby. Mais, pour la finale de la Coupe d’Europe et de Top 14, oui, malheureusement pour lui. Je le remplace dans le sens où il a cette fonction. Mais j’ai commenté l’équipe de France pendant cinq ans de 2005 à 2009. Après, je n’ai pas arrêté de commenter. Depuis quinze ans, je commente l’équipe de France féminine entre autres.

On a fait 2,5 millions de téléspectateurs sur le tournoi féminin. J’ai commenté des matches de Coupe d’Europe, on a fait longtemps des matches de Pro D2. Je n’ai donc jamais arrêté. Je ne sors pas de nulle part comme certains l’ont écrit. Quand Daniel Bilalian a voulu écarter Pierre Salviac, j’ai été la solution qui a semblé la plus opportune.

Au bout de 4, 5 ans, comme j’étais resté à Toulouse et fidèle à l’émission Rencontre à XV fabriquée là-bas, il a mis en place Matthieu Lartot qui a fait de l’excellent travail. Mais je suis resté commentateur de rugby, présentateur. Je n’ai pas quitté le monde du rugby au niveau de France Télévisions. Il arrive ce qu’il arrive à Matthieu. Je fais partie d’une équipe. Quand un se blesse, un équipier prend sa place et essaye de faire aussi bien.

« Je ne remplace personne. Cela fait trente ans que je commente des matches de rugby »

Comment va Matthieu ?

Il a le moral. Il a fait ses traitements de chimio. Je lui souhaite beaucoup de courage. C’est une épreuve. J’aurai une pensée pour lui samedi soir (au moment de la finale entre La Rochelle et Toulouse, Ndlr).

Présentera-t-il des matches de Coupe du monde ?

Il s’est fixé ce genre d’objectif comme un sportif de haut niveau qui se blesse avant une épreuve importante. Je le lui souhaite. Après, je ne suis pas médecin. Je lui souhaite qu’il revienne. France Télévisions va diffuser dix matches, dont un de l’équipe de France (contre la Namibie). Sur ces dix matches, je dois en commenter au moins trois ou quatre si Matthieu revient. Si tel n’est pas le cas, je commenterai les matches que lui doit commenter.

Quel est le style Jean Abeilhou ?

C’est avant tout la passion et l’amour de ce jeu. J’aime faire vibrer le téléspectateur. Il faut transmettre cet engouement. Si je voulais prendre une référence historique, ce serait plutôt Roger Couderc. Il y en a certains qui m’ont même appelé le petit Roger Couderc à mes débuts. Cela me faisait très plaisir.

Votre accent s’y prête aussi…

J’ai une voix qui est ma marque de fabrique. Elle s’apparente au rugby car ce sport est ancré dans le Sud-Ouest.

La France va-t-elle être championne du monde ?

Elle fait partie des équipes favorites. On l’organise, c’est un atout. La France a le public avec elle. On joue sur nos terres. Et surtout on a une génération exceptionnelle. On a le joueur qui est considéré le meilleur à son poste ; Antoine Dupont.

Il y en a d’autres très forts aussi comme Ramos, Marchand, mais on est favoris au même titre que la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Irlande, l’Argentine… On aura déjà un aperçu sur le match d’ouverture contre les Blacks (le 8 septembre à Saint-Denis, Ndlr). De toutes façons, pour être champion du monde, il faut battre les meilleurs.

Avez-vous un joueur préféré dans cette équipe de France ?

Il y en a beaucoup. Qui ne peut pas aimer Antoine Dupont ? J’ai aussi beaucoup d’affection pour Romain Ntamack. De par mes relations avec ses parents. Je l’ai connu tout petit. De le voir aujourd’hui prendre le relais de son père, c’est toujours difficile. Ramos fait aussi une saison exceptionnelle. C’est un type intelligent qui a un mental. Il a beaucoup de talent. Un joueur comme Hastoy, je ne sais pas s’il sera dans le groupe France, mais il est arrivé de Pau. Il a franchi un palier avec La Rochelle. Il mérite d’en être aussi.

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