jeudi 25 avril 2024

Jean Quiquampoix peut-il manquer les Jeux ?

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Vice-champion olympique au pistolet vitesse 25 mètres à Rio, Jean Quiquampoix a décroché le titre olympique quatre ans plus tard à Tokyo. Une victoire construite sur la défaite frustrante de Rio.

Jean Quiquampoix n’a que 20 ans lorsqu’il se présente sur le pas de tir de Rio. Le jeune français pratique le tir depuis moins de dix ans et a vécu une ascension rapide. Il s’est spécialisé au pistolet 25 m vitesse et il arrive au Brésil avec le statut de favori, mais il devra se contenter de la médaille d’argent. Une petite déception selon son entraîneur Hervé Carratu :

« La victoire de Tokyo s’est construite à partir de la frustration de Rio, il faisait partie des favoris, il était numéro 1 mondial, il était très performant et régulier en préparation, mais il avait dû se contenter de l’argent, ce qui est déjà un beau résultat, mais il y avait quand même de la frustration car l’or était attendu. »

Rio, la douleur de la défaite

« C’était un petit échec et juste après la compétition son objectif était de prendre sa revanche à Tokyo. Cet échec de Rio était dû à son manque d’expérience olympique. Quiquampoix avait fait une bonne compétition, sauf sa finale. Il perd quelques points au début, ce mauvais départ lui a coûté le titre. Il était dernier après les premières séries. »

Quiquampoix repart au combat avec une seule idée en tête : Tokyo. Il décroche la médaille de bronze aux championnats d’Europe en 2018. En 2020, il remporte la première compétition de l’année, la seule à cause du Covid. En 2021, il est champion d’Europe, son troisième titre européen après 2012 et 2015. Il est prêt pour écrire l’histoire à Tokyo !

« Tout était déjà en place dans la préparation de Tokyo, son jeu était là. Jean est un travailleur, il a un profil de gagnant et je savais qu’il ne se laisserait pas abattre par cette déception. La Covid a perturbé la préparation, les JO ont été décalés d’un an, le manque de compétition ne nous avait pas permis de voir l’évolution des autres tireurs. Jean et Clément Mésaguer s’étaient bien préparés, on s’était concentrés sur ça. »

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« La victoire de Tokyo s’est construite à partir de la frustration de Rio »

D’entrée de compétition à Tokyo, on voit que Jean Quiquampoix a retenu la leçon de sa finale perdue à Rio. Il vire en tête à l’issue de la première journée avec Clément Mésaguer, les favoris sont à un point. Quiquampoix réalise 297/300 en qualifications et gère la finale sans être vraiment inquiété. Il devance Leuris Pupo et Li Yuehong :

« Jean est intelligent, il n’allait pas commettre les mêmes erreurs. A plusieurs reprises, il avait du mal à démarrer ses matches, là il a été dans le coup d’entrée. Il n’a pas eu à courir après ses adversaires. Lors de la finale, il est resté dans le groupe de tête. »

« Le changement était net puisque lors de l’Olympiade avant Rio comme lors des JO 2016 il avait toujours du mal à démarrer les finales dans les compétitions qu’il disputait. On avait beaucoup travaillé l’aspect mental afin qu’il débute bien ses matches. Il était devant sur l’avant-dernière série, mais rien n’était joué. Quand il a commencé la finale, j’ai senti qu’il serait champion olympique. »

Jean Quiquampoix dans un nouveau monde après sa victoire

Après ce premier titre olympique, Jean Quiquampoix plongeait un peu dans l’inconnu. Lui qui pratique un sport confidentiel, peu médiatisé se retrouvait sous le feu des projecteurs, à la Une des journaux, de la presse spécialisée : « Ce n’est facile pour personne de gérer ce genre de victoire, un nouveau statut. Il y a tout un process pour intégrer son nouveau statut. »

Après les Jeux, le staff a réduit la voilure niveau entraînement et une fois que le champion olympique a rempli toutes ses obligations médiatiques et commerciales, il s’est reconcentré sur Paris ces deux dernières années. La première, les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Le niveau a évolué à l’entraînement, mais ces dernières semaines avant les Jeux vont être importantes car il n’a pas encore fait les minimas : « Jean a plusieurs compétitions pour les faire. Il n’est pas stressé. Il faut gérer la situation avec sang-froid. C’est motivant car on est dans une situation que l’on n’a jamais connue. »

S’il parvient à se qualifier, Jean Quiquampoix aura comme adversaire, sur la route de son doublé, Clément Bessaguet son coéquipier d’entraînement qui est aujourd’hui le meilleur tireur du monde et vice-champion du monde. Il y a aussi Li Yuehong le Chinois qui a battu le record du monde en finale du championnat du monde qu’il a remporté et qui était médaille de bronze à Tokyo, le Cubain Leuris Pupo champion olympique à Londres et médaille d’argent à Tokyo et les Allemands qui sont toujours très performants.

Le saviez-vous ?

Jean Quiquampois a eu l’honneur de devenir en 2022 le parrain officiel d’une unité du GIGN. Il est maréchal des logis-chef et représente l’unité militaire du Bataillon de Joinville.

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