jeudi 29 septembre 2022

Jennifer Mengue (compagne de François Cros) : « J’ai gagné deux boucliers »

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Jennifer Mengue et François Cros partagent une même passion pour le rugby. La future femme du 3ème ligne international a également évolué au stade toulousain. Soutien sans faille de son homme, elle s’épanouit également de son côté sur le plan professionnel. Rencontre avec une fille qui a du caractère et une personnalité affirmée. 

Comme François, vous avez joué au rugby. Pourquoi avez-vous choisi ce sport plutôt masculin ?

J’ai commencé à Bayonne, mes frères y jouaient, je faisais de la danse, j’ai voulu tenter le rugby. J’aimais le contact, le côté sport de combat. Je jouais avec les garçons, il n’y avait pas de vestiaire pour les filles, mais j’ai été bien accueillie. J’ai évolué, je suis partie en sport études à Toulouse, c’est là que j’ai rencontré François il y a 10 ans. 

Vous avez également porté le maillot du Stade Toulousain…

Je jouais à Fonsorbes puis le Stade Toulousain a récupéré l’équipe, j’ai gagné deux Boucliers, j’étais sélectionnée en moins de 20 ans. J’ai arrêté jeune car je me suis fait les croisés, le retour a été très difficile. J’ai jamais vraiment réussi à récupérer mon genou. Lors d’un match, je me suis fracturée le tibia et là j’ai dit stop, j’étais dégoûtée car, quelques instants avant le match, le sélectionneur m’avait appelée pour me dire que j’étais prise pour le Tournoi. L’an dernier, j’ai tenté de reprendre, mais l’envie n’était plus là, ça m’a montré que ma place n’était plus sur le terrain. 

Votre fin de carrière vous a été imposée. N’est-ce pas frustrant pour vous de vivre avec un sportif de haut niveau ?

C’était facile quand je jouais car on avait quasiment les mêmes emplois du temps. J’allais à l’entraînement, les week-ends, j’avais mes matches maintenant je me retrouve seule, ce n’est pas toujours simple à gérer. Pour la préparation de la Coupe du monde, il est parti trois mois. Le fait de ne plus s’entraîner régulièrement constituait un manque aussi. Je fais du cross fit pour me défouler et je me concentre sur ma vie professionnelle. 

Comment avez-vous géré votre après-carrière ?

Parallèlement à ma carrière de joueuse, j’étais responsable de vente chez Décathlon. J’avais des horaires aménagés, ils me libéraient pour aller à Marcoussis. Quand j’ai arrêté ma carrière, il y a cinq ans, je me suis mise à coudre, à confectionner des pochettes… François m’a dit de me lancer seule. Je me développe petit à petit, j’ai un site internet (myunik.fr), des magasins distributeurs, je fais des expositions, j’expose dans des foires, des marchés, j’ai de bons retours. J’ai un atelier à la maison, je fabrique à la demande, ce sont des pièces uniques. 

Vous oeuvrez également pour des associations caritatives.

Oui. Nous sommes parrain et marraine sur Toulouse de l’association « les Petites Bosses » qui récolte de l’argent pour les enfants malades. Une association qui a signé un partenariat avec « Femme de mais pas que… » qui rassemble des femmes de sportifs qui font des actions pour montrer qu’elles sont actives et pas seulement à faire les magasins ou attendre leur mari toute la journée. Nous mettons notamment des maillots aux enchères. 

« NOUS ALLONS NOUS MARIER L’ANNÉE PROCHAINE » 

Comment définiriez-vous François ? 

Il est très gentil, posé, hyper réfléchi, intelligent. Moi je suis un peu benêt (sic), on a des caractères complètement opposés. Il n’a pas vraiment de défauts. Sa gourmandise peut-être, c’est une catastrophe, il est capable d’avaler en quelques minutes un paquet de bonbons. 

Comment vivez-vous ses matches ? 

Je ne suis pas stressée, mais parfois hystérique. Quand je suis toute seule, je me lâche (rires). 

En tant qu’ancienne joueuse, lui donnez-vous des conseils ?

Je ne lui donne pas trop de conseils, les règles ont beaucoup changé et il sait ce qu’il doit faire. Mais on discute beaucoup, je comprends le rugby car je l’ai pratiqué, j’ai toujours été plongée dedans. 

De quelle femme de joueur êtes-vous la plus proche ?

Je m’entends particulièrement bien avec les femmes des joueurs étrangers. Je suis assez curieuse, j’aime découvrir de nouvelles cultures, parler d’autres langues. Je suis souvent avec la femme de Joe Tekori, de Charlie Faumuina, avec Kayla McAlister (la femme de Pita Akhi) aussi, c’est une joueuse que j’adorais voir jouer sur un terrain. Nous sommes allés en vacances en Nouvelle-Zélande, aux Fidji. C’est génial d’avoir l’opportunité d’être en contact avec des personnes d’horizons et de cultures différents. 

Quels sont vos projets ? 

J’aimerais monter une boutique à Toulouse. C’est un projet professionnel à long terme. François a pour but d’ouvrir un cabinet de podologue. A plus court terme, nous allons nous marier l’année prochaine ! 

Comment jugez-vous l’évolution du rugby féminin ?

Je vous avoue que j’ai un peu décroché, je suis les matches du Stade Toulousain car mes amies jouent. Je trouve que l’évolution est hyper positive, l’aspect financier est de plus en plus important. Il reste un écart important avec les hommes, mais aujourd’hui les filles sont bien rémunérées, des moyens sont mis pour bien préparer les grandes compétitions. 

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