lundi 3 octobre 2022

Jérémy Costa : « L’Arena du Racing 92 est une révolution culturelle ! »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Passé de l’USAP au Racing 92, puis du stade du Manoir à l’Arena, Jérémy Costa a vécu en accéléré l’irréversible (r)évolution des stades de rugby en France. Au coeur du plus moderne de tous les stades de Top 14, il en rappelle la genèse et les grands enjeux économiques.

Quel a été l’impact de l’Arena pour le Racing 92 ?

Passer du stade du Manoir à l’Arena a eu un impact énorme et en obtenant le Label Elite, après avoir eu le Label Pro, nous avons posé les bases du futur. L’objectif de ce projet était clair dès sa genèse : pérenniser le club financièrement, ne plus le rendre dépendant d’un seul mécène avec tous les avantages et les inconvénients que cela implique. Désormais, grâce au nouveau stade, on peut dire que le Racing est stabilisé financièrement. Même sans Jacky Lorenzetti, le club vivra.

En construisant une enceinte aussi atypique dans le monde du rugby, le risque n’est-il pas de se couper de ses racines, d’y perdre son âme ?

Il faut savoir mettre des priorités et trouver le juste équilibre en sachant qu’un match de rugby rapportera toujours moins qu’un concert des Rolling Stones. Le risque est effectivement d’oublier la genèse du projet; faire vivre le Racing 92. Dans cette quête, il faut évidemment que les matches à l’Arena soient de vrais matches à domicile donc que les joueurs, comme les supporteurs, s’y sentent comme chez eux.

« Même sans Lorenzetti, grâce à l’Arena, le Racing 92 vivra »

Ce modèle économique peut-il être dupliqué dans tous les clubs ?

Oui, à condition d’être ajusté aux caractéristiques locales. A Paris, parce que c’est Paris, les événements organisés à l’Arena en marge du rugby ne peuvent être que de nature internationale. En Province, ils peuvent être de dimension nationale ou régionale. Nous travaillons beaucoup avec mon homologue du LOU qui cherche aussi, à travers l’exploitation de Gerland, à se diversifier. Ils ciblent des éléments corporate en accueillant des séminaires, des congrés, etc.

On est loin du triptyque bière-merguez-frites qui a longtemps régné dans les stades de rugby !

A bien des égards, on peut parler de révolution culturelle car il a fallu casser les codes du rugby. Et ce fut d’autant plus long à faire que l’ancrage est profond. Il a été difficile de changer les mentalités, mais on y parvient petit à petit. Nous avons fait face à beaucoup de critiques, de la part des joueurs ou des entraîneurs, sur la pelouse synthétique. Aujourd’hui, ils commencent à comprendre que ce n’est pas forcément pour les désavantager, que ça peut aussi favoriser leur jeu. Idem avec le stade fermé pour des spectateurs qui en apprécient le confort, l’hiver, lorsqu’il fait très froid.

Le concept de l’Arena sera-t-il encore valable à l’horizon 2030 ?

Les stades sont en perpétuelle évolution, obligés de s’adapter à la réalité du moment présent. Avant 2030, les JO de Paris nous permettrons d’accueillir la natation, le water polo et les paralympiques. Nous avons beaucoup capitalisé dessus en augmentant de manière drastique le standard moyen de nos infrastructures en termes de contenus et de services; On se veut notamment précurseurs en nouvelles technologies… toujours en conservant l’approche plus traditionnelle des amateurs de rugby.

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