lundi 15 juillet 2024

Jeux Olympiques : Florian Rousseau nous a raconté ses exploits

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

En décrochant trois titres olympiques en 1996 (kilomètre) et 2000 (keirin et vitesse par équipes), le pistard français Florian Rousseau a laissé une trace indélébile.

Quand il était sur son vélo, ses adversaires avaient de quoi trembler. Qui ne se souvient pas de son regard perçant défiant la piste ? Dès 1990, Florian Rousseau brille sur toutes les pistes du monde. Ses trois médailles d’or olympiques sont la conséquence d’une montée en puissance progressive :

« La première fois quand on dispute les Jeux, et qu’on y va pour ramener l’or, c’est quelque chose d’évidemment très intense. C’est comme un sentiment d’accomplissement. Lors de mes deuxièmes Jeux (en 2000 à Sydney, Ndlr), j’ai ramené deux médailles d’or et une d’argent (en vitesse individuelle, Ndlr). J’ai été le Français le plus médaillé de la délégation olympique française avec trois médailles. La médaille la plus inattendue où je n’étais pas favori, c’était sur le keirin. Terminer ces Jeux de Sydney, dans une ville qui fait rêver beaucoup d’Européens, a aussi été un moment très fort ».

Florian Rousseau n’aurait pas accumulé autant de succès sans une gestion optimale et maximale de la pression.

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Florian Rousseau se remémore ses JO exceptionnels

« Les Jeux Olympiques, c’est le rendez-vous d’une vie sportive. Un cycle de quatre ans peut être long quand on est un athlète de haut niveau. La veille de la compétition, on peut avoir des doutes. Ce qu’on ne maîtrise pas, ce sont les autres. Ces doutes traversent la tête de tout champion. Il faut donc les évacuer pour monter en piste et rester dans l’instant de compétition sans penser au résultat. »

« Il y a également la pression qui arrive de manière indirecte avec les attentes des fans, de la famille. Ils ont envie de vous voir réussir. Il y a aussi la pression des médias. Si on a fait champion du monde l’année d’avant, cela semble comme normal qu’on soit champion olympique derrière. Mais en fait il n’y a pas de normalité là-dedans. »

« Vivre des Jeux à Paris pour des athlètes français, je suppose que la pression va être encore plus forte. Il faut apprendre à l’anticiper. On va l’avoir tous cette pression, les sportifs en premier évidemment, les coachs, moi-même dans mes responsabilités (directeur du programme olympique de la Fédération Française de Cyclisme, Ndlr). Il faut aussi savoir en parler quand on traverse des moments de doute. La pression reste un bon signal. Elle met en éveil tous nos sens. Il faut qu’ils soient au maximum pour délivrer le meilleur de son potentiel ».

« Les Jeux Olympiques, c’est le rendezvous d’une vie sportive »

Dix fois sacré champion du monde, ses succès olympiques ont pour lui une place à part : « C’est déjà différent par le format qui se situe tous les quatre ans. Aux Mondiaux, c’est tous les ans. Cela revient vite donc on peut éventuellement passer à côté. Sur des Jeux Olympiques, sur une carrière de sportif de haut niveau, attendre quatre ans, c’est long. Il y a aussi ce que les Jeux représentent dans le mythe collectif. »

« On a été bercé à l’école par l’antiquité grecque. Même si on retrouve les mêmes adversaires, c’est plus dur d’être champion olympique que champion du monde. Car cela décuple beaucoup plus d’envie dans l’inconscient collectif. Les adversaires sont plus durs à battre et ils sont plus engagés. C’est beaucoup plus dense. Tout le monde est prêt pour ce moment-là. Des nations vont peut-être aussi mettre moins de moyens sur des Mondiaux, mais davantage sur des Jeux Olympiques avec des stages de préparation notamment. Les Jeux, c’est donc encore plus dur à gagner ».

Florian Rousseau a amplement mérité d’avoir une salle de sport polyvalente de sa ville natale de Patay dans le Loiret qui porte son nom !

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Quand il débarque aux Jeux d’Atlanta en 1996, Florian Rousseau arrive à 22 ans en ayant fait déjà ses preuves. Il est double champion du monde du kilomètre en 1993 à Hamar et en 1994 à Palerme. Mais, le 24 juillet 1996, dans le vélodrome de Stone Mountain, il entre dans une autre dimension. Il établit un nouveau record olympique en 1.02.712. Il bénéficie aussi de la mésaventure incroyable de son plus grand rival Shane Kelly. Ce dernier déchausse en lançant sa tentative !

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