jeudi 23 mai 2024

Joachim Trouabal : « Si on va au JO ce sera pour viser l’or »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Le fils de Jean-Charles Trouabal, (Joachim Trouabal) l’ancien recordman du monde du relais 4x100m, a opté pour le rugby. A 20 ans, l’ancien ailier de massy et du racing espère participer aux Jeux de Tokyo.

Quel a été votre parcours ?

J’ai fait beaucoup de sport, du tennis, du foot, du judo, etc. Au final, j’ai choisi le rugby en commençant dans un petit club de région parisienne (Brétigny de 2008 à 2013, Ndlr). Ensuite, je suis parti en cadets à Massy. J’y suis resté cinq ans avec une année Espoirs au Racing et, depuis deux ans, je suis avec l’équipe de France de rugby à 7.

Pourquoi ne pas avoir continué dans le rugby à 15?

Pendant mon année au Racing, j’ai aussi beaucoup joué à 7 en équipe de France de jeunes. J’ai aussi connu une sélection avec les pros à 7 à 18 ans (le 9 décembre 2018 contre les Samoa lors du World Rugby 7 à Cape Town en Afrique du Sud, Ndlr). Ça m’a beaucoup plu. Je pensais aussi que c’était la meilleure option pour me développer en tant que joueur. J’ai alors décidé de quitter le Racing pour rejoindre le 7.

Ne regrettez-vous pas votre choix quand vous voyez le Racing briller ?
Franchement, je ne regrette pas surtout avec les Jeux Olympiques qui arrivent. J’espère participer aux deux prochaines Olympiades. Si c’est le cas, le pari aura été gagnant.

Envisagez-vous de revenir à 15 ?

Cela va vraiment dépendre de la façon dont ça va se passer à 7, des opportunités qui pourraient se présenter à 15, je n’ai pas de plan précis. En tout cas, je ne ferme aucune porte. J’arrive en fin de contrat cette année. Mon souhait est d’aller jusqu’à Paris 2024.

A l’image de Vakatawa, généralement on passe plutôt du 7 au 15…

Ce sont des joueurs qui ont des parcours inspirants. De toute façon, même si je voulais revenir à 15, il faudra pour cela briller à 7.

Est-ce le fait qu’il y ait plus d’espaces à 7, moins de plaquages qui vous plaît ?

Détrompez-vous, il y a plus de plaquages à 7, surtout pour moi qui joue ailier. A 15, je vais peut-être avoir à faire cinq plaquages par match. Même chose à 7 sauf qu’il y a six matches à jouer dans le week-end ! Je vous rassure, j’aime le 15, sans doute autant que le 7, simplement j’ai plus l’occasion de m’exprimer à 7 avec mon profil de vitesse et d’appuis.

Justement, quelles sont vos qualités ?

La vitesse, les appuis comme je l’ai dit. Le 7 développe aussi énormément le jeu aérien, les duels, la qualité technique de passes, de plaquages, les attitudes au contact. Il y a moins de joueurs donc l’arbitre est beaucoup plus vigilant dans les regroupements. C’est plus pointu.

Le 7 n’a pas la médiatisation du 15. N’est-ce pas frustrant ?

Un peu. Mais comme c’est un sport olympique, c’est en train de se développer et ça va intéresser de plus en plus. Notamment les clubs puisqu’il y a désormais un championnat avec des clubs du 15.

« Je ne sais pas combien je fais sur 100 mètres »

Quels sont les joueurs qui vous inspirent ?

J’essaie de m’inspirer des meilleurs, que ce soit à 7 ou à 15 ! (sourire) Mais je ne cherche à copier personne. Je veux juste devenir meilleur grâce à mes qualités.

Physiquement, vous ressemblez beaucoup à votre père…

(rires) On me l’a déjà dit. J’ai quelques bons gènes, surtout au niveau de la vitesse.

Quel est votre record sur 100 mètres ?

Je n’ai pas du tout de chronos. Je n’ai d’ailleurs jamais fait d’athlétisme. Mais ça m’intéresserait de savoir combien je peux faire.

Vous devez bien avoir une petite idée. Etes-vous plus rapide que votre père dont le record est de 10 s19

Pour l’instant, non. Il faudrait que je m’entraîne pour ça. Ou alors je me suis trompé de sport ! (rires) Si j’allais plus vite sans entraînement, ça voudrait dire que je peux passer sous les 10 secondes avec de l’entraînement.

Ne regrette-t-il pas que vous ne marchiez pas sur ses traces ?

Non. J’ai trois frères et il ne nous a jamais poussés vers l’athlé. On a choisi le sport qui nous plaisait. Le petit fait de l’athlétisme et les deux autres des sports de combat. J’ai opté pour le rugby où il y a une dimension athlétique forte encore plus à 7 et de plus en plus.

Même si vous ne pratiquez pas le même sport que votre père est-ce facile de s’appeler Trouabal ?

Je le vis bien. C’est une fierté de porter ce nom. J’espère tout de même me faire reconnaître en tant que Joachim Trouabal pour ce que je fais sur

Avez-vous des souvenirs de sa carrière ?

Aucun. Je n’étais pas né. Mais j’ai vu des vidéos.

Il a participé deux fois aux Jeux Olympiques, en 1988 à Séoul et en 1992 à Barcelone. Rêvez-vous de l’imiter ?

J’ai déjà participé aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, mais là ce serait encore autre chose. En plus, il a été vice-champion du monde du relais à Tokyo (en 1991, Ndlr). Ce serait un beau clin d’oeil.

Joachim Trouabal veut se qualifier pour les JO

Quel va être votre programme d’ici là ?

On fait des stages depuis janvier avec des tournois amicaux pour préparer le TQO.

Vous n’avez pas beaucoup joué avec l’équipe de France à 7. Espérez-vous en être ?

J’ai juste fait un tournoi, mais j’espère être du TQO et ensuite des Jeux où l’on visera la médaille d’or. Ce serait beau alors que la France n’a plus gagné de tournoi depuis très longtemps (2005 à Paris, Ndlr).

Que vous manque-t-il pour être un cadre de cette équipe ?

J’attends juste de jouer pour prouver ce que je vaux ! (sourire) J’attends mon heure…

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Certains joueurs de 15 passent à 7 dans la perspective des JO. Trouvez-vous ça normal ?

Jouer les JO, je peux comprendre que ça intéresse. Le joueur qui a le plus beau palmarès à 15 peut avoir ce manque. Après, nous, on est censés être des spécialistes du 7. Il y a donc une concurrence. Les entraîneurs, eux, ne se priveront pas car ils veulent les meilleurs au moment des Jeux. Mais c’est la même chose pour les joueurs qui veulent passer du 7 au 15.

Le TQO aura lieu à Monaco les 19 et 20 juin avec le Brésil, le Chili, la Chine, Hongkong, l’Irlande, la Jamaïque, le Mexique, les Samoa, les Tonga, l’Ouganda, le Zimbabwe et donc la France. Une seule équipe décrochera le dernier billet pour Tokyo. Sur le papier, l’équipe de France devrait se qualifier facilement, non ?

On part favoris avec les Samoa et l’Irlande (les deux autres équipes à participer au circuit mondial, 10ème et 13ème en 2020, Ndlr), mais il ne faudra pas prendre à la légère les autres équipes qui seront ultra prêtes pour ce tournoi qu’elles auront préparé toute l’année. Nous, on y va pour le gagner et pour ensuite gagner les Jeux ! C’est l’objectif de notre saison.

Ne pas aller aux JO quand on est 6ème mondial, ça ferait désordre…

C’est clair !

Poursuivez-vous des études parallèlement au rugby ?

Oui, je suis en école de commerce à GEM Grenoble (Grenoble Ecole de management, Ndlr) depuis cette année après une licence éco à la Sorbonne. Je prépare à distance mon Master.

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