lundi 4 mars 2024

Killian Malwaya (Evreux) : en NBA en passant par la Pro B ?

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Parmi les meilleurs européens de la génération 2005, la pépite du Paris Basketball, Killian Malwaya ne regrette pas d’avoir été prêté à Evreux avec qui il enchaîne les bonnes performances. Des performances seulement stoppées par une grosse entorse à la cheville fin janvier. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport

Vous êtes le meilleur marqueur d’Evreux. Etes-vous surpris que ça se passe aussi bien pour vous ?

Quand je suis venu ici, c’était pour prendre beaucoup d’expérience et pour aider au maximum l’équipe. Je me donne à 100% à chaque match et j’en récolte les fruits. Mais je ne m’arrête pas là, je vise toujours plus haut.

Evreux est un club et un coach qui aiment bien lancer les jeunes. Est-ce pour ça que vous avez choisi ce club ?
On m’a beaucoup parlé du coach Neno Asceric. On a échangé, j’ai beaucoup apprécié et Evreux était pour moi le meilleur choix pour poursuivre ma jeune carrière.

A-t-il été facile de redescendre d’un étage ?

Je ne l’ai pas du tout mal pris vu que l’année dernière je n’avais pas beaucoup de temps de jeu. Je sortais plus du championnat Espoirs. Passer l’étape en Pro B pour pouvoir me développer ne m’a donc pas du tout dérangé.

Certains disent que vous avez peut-être perdu un an la saison dernière, que vous auriez dû être déjà prêté. Etes-vous d’accord ?

Je n’ai pas perdu un an car à Paris j’ai beaucoup appris même si je n’ai pas forcément eu beaucoup de temps de jeu. J’ai appris à côtoyer au quotidien des pros, à vivre avec eux, à savoir ce que c’est le monde professionnel. Je n’ai pas perdu mon temps. Après, le plus important, c’est de jouer et c’est vrai que j’ai beaucoup été frustré la saison dernière.

Que vous a dit le coach Will Weaver à l’époque ?

Il ne m’a pas forcément donné de raisons, mais moi j’ai mon idée sur la question. Il y avait trop d’arrières à mon poste.

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« J’aimerais jouer un jour pour l’Étoile rouge de Belgrade »

Vous avez joué beaucoup en Espoirs. Apprend-on quand même dans ces cas-là dans une équipe qui n’a guère brillé (2 victoires pour 32 défaites) ?

Il y a toujours un aspect d’apprentissage… Après, c’est vrai que ce n’était pas la meilleure situation l’année dernière en Espoirs.

Cette saison, le Paris Basketball brille. Il y a une hype autour de l’équipe. Cela ne vous donne-t-il pas des regrets de ne pas en être ?

Ce n’était pas l’heure pour moi. Je prends le temps de me développer. Je suis très content d’être à Evreux. Mon heure viendra.

Etes-vous en contact avec le nouveau coach du Paris Basketball ?

J’ai beaucoup de contacts avec lui. L’été dernier, je me suis entraîné avec eux. J’ai commencé le début de saison avec eux avant de venir à Evreux. On a beaucoup parlé, on a beaucoup changé. Quand on voit leur saison, ça donne envie d’aller là-bas et de montrer ce que je sais faire. Mais je me concentre sur la saison avec Evreux et on verra par la suite ce qui va se passer.

A quel niveau avez-vous l’impression d’avoir progressé cette saison ?

Je suis beaucoup en train de progresser sur la compréhension du jeu. Mon tir s’améliore aussi de plus en plus. Je continue à travailler dessus ainsi que sur mon dribble et ma défense. J’ai encore une marge de progression.

On sait que l’idée c’est d’aller un jour en NBA. Qu’est-ce que le club met en place pour votre développement personnel ?

Il y a beaucoup de travail individuel, de la musculation avec un programme personnalisé. On essaie de beaucoup bosser sur le tir et le dribble. Mais, le plus important cette saison, c’est plus de progresser au niveau de la compréhension du jeu pour être plus à l’aise sur le terrain et m’exprimer dans n’importe quelle équipe.

Killian Malwaya a un oeil sur la draft

Espérez-vous vous présenter dès cette année à la draft?

Je fais ma saison et on verra. Si j’ai l’occasion de me présenter cette année, s’il y a une ouverture, pourquoi pas.

N’est-ce pas plus compliqué de se faire remarquer quand on est en Pro B ?

Dans ma tête, tout est possible. A partir du moment où je me donne les moyens, même en étant en Pro B, je peux être drafté. Ce n’est pas un handicap.

En 2022, on vous annonçait comme le Victor Wembanyama du Paris Basketball. Comment avez-vous vécu cette hype autour de vous ?

C’était un peu tôt pour parler de moi comme ça même si ça fait toujours plaisir. J’étais un peu jeune même si je n’y ai pas trop fait attention. Je n’ai d’ailleurs jamais trop fait attention à ce qu’on disait sur moi. J’ai juste continué à m’entraîner.

Vous n’êtes que prêté à Evreux. L’idée, c’est de revenir à Paris la saison prochaine ?

Ce serait l’idée, mais on verra. Le but est d’avoir un maximum de temps de jeu la saison prochaine et de trouver la bonne équipe pour mon développement. Je ne sais pas ce que veut faire de moi Paris. Le club me suit de loin. On me donne beaucoup de conseils, mais il n’y a pas forcément de discussions par rapport à la saison prochaine. Je pense que le club compte sur moi, mais ce sera compliqué avec un effectif aussi fourni.

Pourquoi avoir quitté l’ASVEL pour le Paris Basketball après deux saisons ?

J’étais jeune et je voulais toucher au monde professionnel, ce que l’ASVEL ne me proposait pas forcément. J’ai donc fait le choix d’aller à Paris pour côtoyer des pros, être avec eux au quotidien.

Etait-ce vraiment un bon choix ?

Si j’étais resté à l’ASVEL, j’aurais pu avoir plus de visibilité par rapport à l’année dernière avec Paris, mais c’était mon choix.

Wembanyama, Strazel, Risacher ou vous, l’ASVEL ne fait-il pas assez confiance aux jeunes ?

C’est pour ça qu’on est tous partis. Le club ne fait pas assez confiance aux jeunes au plus haut niveau. Victor est parti parce qu’il n’avait pas assez de responsabilités.

Killian Malwaya en pleine croissance

Vous avez disputé l’Euro U18 avec des joueurs comme Salaün qui cartonne cette saison en Betclic Elite. Avez-vous le sentiment d’être un petit peu en retard par rapport à ces joueurs-là ?

En retard, je ne pense pas. Chacun son moment. Tidjane Salaün a eu une opportunité, il l’a saisie. Quand mon moment viendra, il faudra que je saisisse l’opportunité.

Votre rêve, c’est que la NBA ?

Ça a toujours été mon objectif et je vais tout faire pour y accéder, pour trouver une franchise qui croit en moi.

Un club vous fait-il rêver ?

L’Etoile Rouge de Belgrade. J’aimerais y jouer un jour. L’ambiance, là-bas, c’est juste incroyable. J’ai assisté à un match il y a deux ans en faisant l’Euroligue juniors et franchement c’est incroyable.

Quels sont les joueurs qui vous font rêver ?

Actuellement Anthony Edwards qui fait une grosse saison ou Gilgeous-Alexander, ce genre d’arrière-créateur que j’aime beaucoup.

Aimeriez-vous jouer avec Wembanyama ?

Comme tout le monde ! Ce serait incroyable. En plus, je le connais. J’ai joué avec lui au pôle Espoirs d’Ile-de-France. On a fait un tournoi ensemble. Je savais qu’il irait loin en NBA.

Vous avez débuté à Marne-la-Vallée comme Strazel et Makoundou.

C’est une formation à la dure, surtout défensivement. Depuis tout petit, ils nous apprennent les bases défensivement, à être durs, partout. C’est un bon club formateur. Matthew Strazel, c’est comme un mentor. A l’ASVEL, il me donnait pleins de conseils. Aujourd’hui, Joe Burton ou Bangaly Fofana ont pris le relais à Evreux. Amara Sy, à Paris, me parle également souvent.

Que vous reste-t-il du concours de dunks du All Star Game ?

C’était incroyable, une grosse expérience d’être à Bercy devant tout ce monde. Ça donne envie d’y retourner ! Ça m’a aussi permis de me mettre en lumière. Tout le monde a pu voir qui j’étais.

Que peut-on vous souhaiter pour la fin de saison ?

Faire la meilleure saison possible, accompagner mon équipe jusqu’aux play-offs et pourquoi pas gagner la Pro B !

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