jeudi 13 juin 2024

La Betclic Elite doit apprendre à vivre sans Victor Wembanyama

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le départ de Victor Wembanyama, premier Français de l’histoire n°1 de la draft, ne peut pas être sans conséquences sur le plan sportif et économique pour le championnat de France.

Victor Wembanyama a donc quitté la France pour San Antonio. L’avenir du basket planétaire porte donc un nom français :

« Avec Wembanyama, on est un peu dans le cas Mbappé, explique l’ancien coach de Paris-Levallois Gregor Beugnot. Wembanyama est le Mbappé du basket. Il a un talent fou, il est jeune. Il va encore progresser. Si les blessures ne le freinent pas, il va être un joueur extraordinaire. Il a tout. Pour Mbappé, même le Président a fait le forcing pour qu’il reste ! »

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« Et s’il s’en allait que se passerait-il ? La même chose que pour Victor. Sauf que s’il y avait eu davantage de couverture médiatique en France, ce qui n’est pas trop le cas, son départ serait vraiment un manque à gagner pour les clubs, car les sponsors investiraient encore davantage. Obligatoirement, le départ d’un joueur star a des conséquences. »

Wembanyama est promis à une grande carrière

« Depuis qu’il a été n°1 de la draft, les médias se sont déchaînés. Le championnat a été valorisé, on a pu le voir dans les salles. Mais, dans le même temps, comment voulez-vous faire pour garder un Wemby dans un championnat avec des moyens aussi limités ? Le nerf de la guerre reste l’argent. Si un sponsor lui avait donné l’équivalent de son contrat NBA serait-il resté dans le championnat de France ? Probablement que non car il veut jouer contre les plus forts. Le basket souffre encore d’un gros manque de médiatisation par rapport à d’autres sports comme le rugby. Enormément de gens connaissent Antoine Dupont. »

« Pour Wemby, excepté dans le milieu du basket, est-ce autant le cas ? Je n’en suis pas certain. Mais sa notoriété grandira d’autant plus avec les étincelles qu’il fera en NBA. On en revient toujours à cette problématique de la médiatisation de notre sport. Il y a à faire à ce niveau. On va déplorer qu’on n’a pas assez de droits TV, qu’on n’est pas assez retransmis, mais on l’était à une époque ! Nos instances nationales ont-elles fait des études de marché précises pour savoir comment on pouvait médiatiser un tel sportif chez nous ? ».

Président de la LNB de 2011 à juin 2023, Alain Béral a un point de vue précis sur le prodige français : « Le fait que Victor ait été drafté en premier est une première mondiale pour nous, Français. On a souvent été présents dans les choix de la NBA. Là encore, il y en a eu plusieurs dans la même soirée (quatre Français draftés, Ndlr). »

« Former d’autres Wembanyama »

« D’autres arrivent aussi et sont draftables au niveau potentiel. Victor représente ce que les clubs français font de mieux. Atterrir chez les Spurs est une grande chance pour lui de par l’encadrement de cette franchise. Elle va utiliser au mieux sa mobilité ».

« Revers de la médaille. On ne peut que regretter les conséquences d’un tel exil de France : « Victor n’est pas le premier grand joueur à partir, souligne le désormais ex-président de la LNB. Forcément, cela pique un peu. Néanmoins, cela fait quand même plaisir de voir nos Français reconnus dans le plus grand championnat du monde. »

« Notre rôle est surtout d’en former d’autres. On sait faire, détecter, former, créer des talents. Mais, contrairement au football, il est impensable qu’au basket, un club français ou un grand club européen puisse payer ce que la NBA propose pour Wembanyama ».

Pendant une saison, la NBA a diffusé les matches de l’équipe (les Mets) de Victor Wembanyama. Cela n’était jamais arrivé dans l’histoire du basket européen que des matches soient ainsi diffusés outre-Atlantique. Par contre, certains estiment que la LNB aurait pu bien mieux négocier ce contrat avec la NBA. On parle de 133 000 euros à la place du million attendu… Alain Béral se défend :

« Il ne faut en aucun cas imaginer qu’il n’y a pas eu une négociation. J’ai négocié. Derrière cela, il y avait des relations nouées avec la NBA très importantes pour le futur. Ils sont intéressés par notre championnat et par la manière dont il est géré. La NBA peut nous aider à améliorer encore pas mal de choses. Ils sont très impliqués là-dessus. On est heureux d’avoir ce genre de rapprochement avec eux contrairement à bien d’autres ligues européennes. On ne peut pas non plus rentrer dans un tel monde en espérant comme cela prendre des millions et des millions. Que les contradicteurs aillent les chercher ces millions s’ils en sont capables ! La NBA n’est pas un organisme de bienveillance pour les ligues européennes ».

711 000 licenciés pour le basket français

Si l’ovni Wemby aurait sans doute pu être encore mieux gérer, il ne faut pas non plus dresser un tableau totalement noir. Car notre basket ne manque vraiment pas de ressources. L’équipe de France U19 vient de le démontrer, seulement battue en finale d’une courte tête en Coupe du monde par l’Espagne.

Monaco a également régalé pendant la saison. Autant de raisons d’aller dans les salles de Betclic Elite voir à l’œuvre les Wembanyama de demain. Quand bien même Wemby n’est plus là…

Les 1,2 million de spectateurs (3910 de moyenne, 87% de taux de remplissage, 117 guichets fermés sur 306 rencontres) qui se sont pressés dans les salles un record ne seront certainement pas battus en 2023/2024, mais les clignotants sont tellement au vert pour le basket français (record de licenciés avec plus de 711 000.

3ème place de Monaco au Final Four de l’Euroligue, deux médailles de bronze de suite au Mondial et une d’argent à l’Euro pour les Bleus, deux Français draftés dans le Top 10 dont le n°1, etc) qu’il faut tout faire pour continuer à surfer sur la vague encore plus à un an des Jeux Olympiques de Paris.

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