jeudi 25 avril 2024

Laurent Legname (Dijon) : « Je n’aurais jamais dû partir ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Rappelé sur le banc de la JDA mi-décembre, un club qu’il a entraîné avec succès de 2015 et 2021 (Leaders Cup en 2020, vice-champion de France en 2021), le technicien de 46 ans a retrouvé le sourire après deux expériences compliquées à Bourg et Gravelines. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

Depuis votre retour à Dijon, quel regard portez-vous sur les résultats de l’équipe ?

Avant de reprendre l’équipe, j’ai regardé des matches de la JDA. Je sentais une équipe en manque de confiance malgré des joueurs talentueux sur tous les postes. Il y avait un manque de plaisir à jouer ensemble. Je me suis attaché à essayer de leur faire retrouver cela. J’ai vu une équipe impliquée pour fournir des efforts, pour travailler ensemble et pour écouter. Depuis la reprise, je sens que les joueurs ont envie de bien faire. Après, tout n’est pas parfait. Il y a encore des points à améliorer individuellement et collectivement afin de pouvoir remonter au classement.

Vainqueur de la Leaders Cup en 2020 et vice-champion de France en 2021 avec Dijon, on attend de vous que vous fassiez aussi bien !

On a fait tous ensemble des choses extraordinaires au-delà de ce qu’on pouvait penser. Tout cela n’a pas été fait sur un an, mais sur la durée. Je suis revenu dans ce club que j’aime. On fait tous ce métier pour être performant. Cependant, je ne suis pas dans cet état d’esprit de me dire qu’il faut à tout prix faire comme avant et reproduire les mêmes performances. C’est une nouvelle équipe. Le club a évolué dans le bon sens et s’est étoffé à tous les niveaux, notamment dans ses structures.

Avant d’arriver à Dijon, comment avez-vous vécu ces semaines sans club ?

Quand on est viré, ce n’est jamais très agréable. Je ne m’y attendais pas du tout et aussi soudainement. Je n’étais pas bien. J’ai même traversé une période assez difficile. On essaie alors de sortir de ce marasme. On attend un nouveau challenge. Avec l’aide de sa famille et de ses amis, on remonte la pente. J’ai retrouvé un travail assez vite deux mois plus tard. Je n’ai donc pas trop gambergé. Je suis reparti sur ce nouveau projet et j’en suis très content.

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« Mes qualités d’entraîneur, je les ai toujours »

Vous êtes-vous dit que vous n’auriez jamais dû partir de Dijon en 2021 ?

Avec le recul, on peut le penser. C’est toujours facile à dire après. Mais c’est vrai que je le regrette. J’ai commis une erreur et je l’ai assumée. En 2021, je n’aurais jamais dû partir de Dijon. Mais si je ne l’avais pas fait, j’aurais pu aussi me dire : « Mais pourquoi n’as-tu pas tenté ta chance ailleurs ? ». Avec ce qu’on avait réalisé à Dijon, on avait placé la barre très haut.

A Bourg, quand j’ai été viré, on était 10ème à un match des play-offs. C’était certes en dessous des attentes, mais pas catastrophique non plus. A Gravelines, cela s’est assez bien passé. J’y étais bien aussi. Tous ensemble on a sauvé le club de la relégation. J’ai vraiment passé huit mois avec des gens très bien. Cela n’a pas été une mauvaise expérience. Sauf qu’en début d’année, après six défaites, les dirigeants ont pris cette décision.

Après vos expériences à Bourg et à Gravelines-Dunkerque, avez-vous des regrets ?

Il ne faut pas vivre avec des regrets. Ce n’est pas comme cela qu’on avance. Quand je suis parti de Dijon, c’était mon choix, alors que les dirigeants voulaient me garder.

En 2021, vous figuriez parmi les coachs les plus cotés. Pensez-vous que vos deux dernières expériences ont terni votre image ?

Mes qualités de coach, je ne les ai pas perdues. J’ai même progressé à travers mes expériences. On ne s’améliore pas que quand cela va bien, au contraire. C’est davantage quand cela va mal. Quand on prend du recul, on analyse les choses et on progresse à tous les niveaux : technique, tactique, stratégique, dans le management. Je reste toujours le même.

Toutefois, les gens ne réagissent qu’en termes de résultats. Tous les coachs, français et étrangers, n’ont pas toujours eu des saisons au top. Néanmoins, me concernant, je suis constamment animé par cette envie de progresser au quotidien.

Laurent Legname veut redonner la confiance au club

Revenir à Dijon est-ce pour vous une revanche personnelle ?

Je ne vis pas avec ce sentiment de revanche. Je suis déjà très heureux de retravailler. Doublement car Dijon est un endroit qui m’est cher. Le meilleur moyen de rendre la confiance au président (Thierry Degorce, Ndlr) est de donner le meilleur de moi-même. Je m’y attelle chaque jour.

Comment expliquez-vous cet attachement si fort au club et à la région ?

J’ai vécu 38 ans dans mon Sud (il est né à Hyères, Ndlr). J’ai été joueur à Hyères-Toulon. Je suis ensuite parti à Dijon. C’était nouveau pour moi et ma famille. Je me suis tout de suite très bien senti dans cette ville. Jean-Louis (Borg, Ndlr) m’a aidé dans mon intégration. Il avait coaché pendant cinq ans (entre 2010 et 2015, Ndlr).

J’ai progressivement découvert des gens dans ce club et on s’entendait très bien. Cela a de suite matché. Mes enfants se sont vite intégrés aussi. Je suis resté plusieurs années (entre 2015 et 2021, Ndlr). Pour la plus jeune de mes filles, sa ville, c’est Dijon. Mais j’ai démontré que je peux m’adapter ailleurs. Cela a été le cas à Gravelines avec la mentalité du Nord.

Un dernier mot sur Sportica. Vous avez dû être sensibilisé par rapport à ce qui s’est passé…

J’ai surtout été très triste pour les gens. Des personnes de mon staff technique, les partenaires, les historiques, les gens du club, étaient très attachés à ce lieu historique. Cela m’a fait mal pour eux. J’ai contacté Christian Devos. Je connais son attachement pour son club et son lieu. C’est vraiment triste pour eux, le club, l’environnement et la ville de Gravelines. C’est dur de voir ce lieu historique disparaître de la sorte. Cela reste triste pour le basket français.

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