dimanche 11 avril 2021

Max Guazzini : « On doit rouvrir les stades aux spectateurs »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

On ne présente plus Max Guazzini. ancien président du stade Français, il revient sur l’actualité du rugby en France sans langue de bois et en toute sincérité.

Comment allez-vous ?

Tout va bien. Je n’ai pas chopé la Covid. Je fais attention (sourire).

Arrivez-vous à prendre plaisir à suivre le rugby dans cette période compliquée ?

Il est vrai que c’est difficile, surtout de voir du rugby dans ces stades vides… D’ailleurs, on se demande pourquoi. Quand on va au Stade de France avec 80 000 places, on pourrait mettre 20 000 personnes tout en respectant les consignes sanitaires. Mais, en ce moment, c’est « Dura lex, sed lex » (« La loi est dure, mais c’est la loi », Ndlr).

On pourrait ouvrir un quart de la capacité des stades. Je vois au stade Jean Bouin, on pourrait ouvrir 4000-5000 places dans un stade de 20 000. On pourrait les éparpiller avec les gestes barrières, mais aussi en délimitant les zones de contacts et de mouvements, comme dans les églises. On peut le faire et je ne comprends pas les décisions actuelles. Je ne vois pas comment on ne peut pas aller au Stade de France pour aller applaudir l’équipe de France alors que l’on peut prendre le métro, les uns sur les autres, voire les magasins d’alimentation où les gens ne font pas attention. Les gens ont tellement envie de voir du sport et du rugby. Et puis, je ne crois pas que les joueurs prennent plaisir à jouer dans des enceintes vides.

Max Guazzini déteste les stades vides

Quand on se souvient des lieux de fête qu’étaient les stades au temps de votre présidence au Stade Français, cela vous chagrine-t-il encore plus ?

C’est terrible. Je déteste les stades vides. C’est pour cela que je les ai toujours remplis. Mais ce n’est pas logique de prendre de telles décisions. Je l’avais déjà dit à la Ministre, au Stade de France, devant un match sans public. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas un quart du stade de rempli avec des zones bien définies et surveillées pour permettre de respecter les précautions et recommandations sanitaires. C’est une question d’organisation. Il y a deux poids deux mesures.

Malgré l’absence de public, êtes-vous satisfait du renouveau du Stade Français cette saison ?

Il sera progressif. Le problème est que Thomas Lombard est bloqué par les contrats qui ont été signés auparavant et le salary cap avec des contrats élevés et longue durée. Ça ne lui permet pas de construire l’équipe qu’il voudrait faire. Il faut aussi saluer le travail de Gonzalo Quesada après la parenthèse Heyneke Meyer qui a été une catastrophe. Il n’était pas adapté au Top 14.

Il a réussi à faire partir des joueurs historiques comme Sergio Parisse qui fait les beaux jours de Toulon. Jules Plisson, qui était mon filleul qui fait les beaux jours de La Rochelle. Alexandre Flanquart qui brille à l’UBB. Et tellement d’autres qui ont fait l’ADN du club. Ils étaient là depuis qu’ils étaient gosses pour certains.

C’est terrible. Les gens qui ont osé se plaindre de sa façon de s’entraîner. Ils ont été virés. C’est dommage. Ça va se reconstruire et ça va revenir petit à petit. On est au milie, on respire lentement.

« Le XV de France peut être champions du monde »

Votre nom est régulièrement revenu pour prétendre à la succession de Paul Goze à la LNR. Pourquoi cela n’a-t-il pas abouti ?

Je n’étais pas candidat. Il y a eu un sondage qui a été fait effectivement. J’ai été vice-président de la LNR, mais prendre la présidence ne me disait rien. C’est beaucoup d’administratif. Je suis un homme d’action, pas d’administration. Personne ne m’attendait. Dans le rugby, je suis un intrus par rapport aux autres.

Il y a quelques années, vous disiez que votre parcours a été le fruit du hasard. N’est-ce plus le cas ?

(Sourire) Je n’ai pas la prétention de contrôler le hasard aujourd’hui. C’est la passion qui dicte mes choix. Encore dernièrement avec le groupe Dante qui sort son premier album à la fin du mois de mars. Je suis impliqué dans cette histoire. Tout comme je le suis au sein de la Fondation Brigitte Bardot comme secrétaire général. C’est beaucoup d’investissement.

Un mot sur l’équipe de France que vous avez rencontrée à Marcoussis en octobre. Etes-vous heureux de la revoir au top ?

Fabien Galthié m’avait convié pour venir parler aux joueurs. C’était un moment sympathique où l’on a pu échanger et où j’ai pu partager mon expérience. C’est formidable de revoir l’équipe de France avec des résultats grâce à Fabien et son équipe. Il y a un renouveau alors que l’on était en bas des classements. La France recommence à nous faire rêver avec une bonne génération de joueurs d’exception. On peut espérer de même remporter la Coupe du Monde en 2023.

« J’ai appelé Fabien dès qu’il était positif à la Covid »

Comment avez-vous vécu toutes les polémiques autour de l’équipe de France et du nonrespect de la bulle sanitaire ?

Dès qu’il y a eu les cas positifs et que j’ai appris que Fabien l’était, je l’ai appelé. Je lui ai demandé comment il l’avait eu. Il m’a dit que ça venait du 7. Alors que l’équipe de France se porte bien et qu’elle nous refait vibrer, créer une polémique et tout mélanger, je ne comprends pas. Je veux bien entendre que l’on n’est pas d’accord avec la politique et la stratégie menée par les dirigeants actuels du rugby français et Bernard Laporte, mais choisir ça pour polémiquer de façon violente sans savoir, ce n’est pas très fair-play et rugby. C’est décevant. Je comprends bien que l’on critique, mais mettre en accusation Fabien Galthié, c’est lamentable.

En plus, on sait que personne n’est à l’abri du Covid. On ne sait jamais quand on l’attrape. C’est injustifié de s’attaquer à Fabien Galthié. On a l’impression que ça gênait que tout se passe bien avec l’équipe de France. On cherchait le prétexte pour casser. Ce n’est pas bien. C’est décevant de la part de gens intelligents. L’important demeure les résultats sportifs et, en ce moment, ils sont bons.

Max Guazzini se donne rendez-vous au stade de France pour la coupe du monde

Le 8 septembre 2023, où serez-vous ?

(Sourire) Je serai au Stade de France pour supporter l’équipe de France face à la Nouvelle-Zélande lors du premier match de la Coupe du monde. En plus, le 8 est mon chiffre préféré.

Pensez-vous faire également le Tome 2 de votre autobiographie ?

Le premier était en 2017. Il y a des choses que j’aurais pu changer ou que je n’aurais pas dites. D’autres que j’aurais rajoutées. J’aurais pu en dire plus. On m’en a sucré 100 pages. On peut toujours trouver mon autobiographie « Je ne suis pas un saint » sur les sites spécialisés.

Et le fait de revoir sortir le livre de Christophe Dominici (Bleu à l’âme) après sa disparition…

(Il coupe) J’y ai écrit un texte, tout comme Bernard Laporte, Fabien Galthié, Yann Delaigue ou encore son père… Ils ont réactualisé le livre. Son départ m’a éprouvé. C’est toujours difficile d’en parler…

« Thomas Lombard m’a demandé de reprendre le calendrier des Dieux du Stade »

Du fait de la crise sanitaire, le mythique calendrier des Dieux du Stade n’a pas fêté ses 20 ans en 2021. Mais, de l’aveu même de Max Guazzini, 2022 est déjà dans les tuyaux… avec lui à la création ?

« Depuis l’édition 2012, ce n’est plus moi qui le fais. Cela se voit d’ailleurs. Il a perdu en qualité. Thomas (Lombard) m’a demandé de le reprendre. C’est un peu compliqué avec la pandémie, le confinement, le couvre-feu. C’était difficile de faire monter à Paris les gens. On va voir pour la suite. Cette année,

il ne pouvait pas y en avoir. J’ai fait 12 numéros dont les 10 ans avec Tony Duran. On y réfléchit encore. Est-ce que cela vaut encore le coup ? Si tout le monde est vacciné, on reviendra plus fort. Si je m’en occupe…

C’est beaucoup de travail. On le faisait avec beaucoup de moyens. Les photographes venaient des Etats-Unis avec leurs équipes, leurs maquilleuses, leurs assistants, leurs coiffeurs… Le résultat financier nous permettait ce luxe. Je ne dis pas oui ou non. On verra. Si je le refais, ce sera forcément top. »

L’interview de Max Guazzini dans le Rugby magazine.

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