lundi 17 juin 2024

Mélina Robert-Michon prépare ses 7èmes Jeux Olympiques : « Une forme de sagesse… »

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A 45 ans, elle les fêtera le 18 juillet, la lanceuse de disque française, médaillée d’argent en 2016, 7ème du récent Championnat d’Europe, s’apprête à participer à ses… 7èmes Jeux Olympiques à Paris.

Qu’est-ce que ça représenterait pour vous d’être porte-drapeau aux Jeux de Paris ?  

Ce serait exceptionnel, un symbole fort des Jeux et je serais très fière. Les élections sont le 12 juillet donc on verra à ce moment-là mais, quoi qu’il arrive, ça ne changera pas ma préparation.

Quel est votre souvenir le plus marquant aux JO ?

Forcément la médaille à Rio puisqu’elle est arrivée après 5 participations, c’était clairement un aboutissement. Il y a les premiers Jeux à Sydney en 2000 aussi. Après, ceux qui m’ont le moins marqué, c’est Athènes en 2004 du fait de ma performance (éliminée en qualifications, Ndlr) et je pense que j’étais arrivée en bout de cycle à ce moment-là. Egalement Tokyo avec l’absence de public et la situation sanitaire qui a rendu la fête moins belle. Je garde un très bon souvenir de Londres grâce au public et une belle 5ème place mais, de toute façon, il y a toujours quelque chose avec les Jeux, c’est forcément exceptionnel. 

La pression est-elle plus positive cette année du fait que les Jeux se déroulent à Paris ?  

Oui forcément. Une année olympique, c’est toujours différent, on est beaucoup plus sollicité, mais c’est vrai qu’on est sur du fois 100, fois 1000 par rapport à une année classique donc tant mieux parce que ça veut dire qu’il y un vrai engouement. Je me prépare mentalement parce que ça va être quelque chose de très fort et justement il faut que ça te procure ce petit truc en plus, mais il ne faut pas que ça te paralyse donc c’est quelque chose que je travaille depuis un moment avec la psychologue du sport pour anticiper tout ça et que ça me transcende. 

Comment jugez-vous les trois premières saisons avec Loïc (son mari, Ndlr) comme entraîneur et dans quels secteurs estimez-vous avoir le plus progressé ? 

Déjà je me dis que j’ai fait le bon choix parce que clairement ça se passe bien et qu’on a chacun progressé, lui en tant que coach et dans notre relation coach-athlète sans que ça intervienne dans notre vie privée. On a évolué surtout sur notre capacité à communiquer et, lui, à me transmettre ce qu’il veut que je fasse donc c’est plus fluide, mais ça a mis pas mal de temps. C’était aussi une volonté de notre part d’installer des bases solides et de prendre le temps de mettre les choses en place pour qu’on se comprenne et là c’est agréable comme situation. Serge (Debié, son entraîneur pendant 24 ans, Ndlr) nous aide aussi beaucoup par rapport à ça notamment sur les stages où il était un peu avec nous donc il apporte toute son expérience et ses conseils à Loïc. C’est vrai que c’est bien pour Loïc d’avoir une oreille attentive quand il a des questionnements, Quand on est coach, on peut souvent se retrouver seul dans des situations pas simples donc Serge c’est un peu son épaule solide sur lequel il peut se reposer. Serge est quelqu’un de très bienveillant et ça permet d’avoir ce regard extérieur ponctuel.

Avez-vous fait des aménagements en cette année olympique avec une charge de travail qui doit être très importante ?  

Non, on est à peu près sur le même rythme. Des JO, ça se prépare sur trois-quatre ans et souvent la dernière année n’est pas la plus compliquée parce que le plus gros du travail a déjà été fait, on ne fait que corriger des détails. En ce qui concerne le rythme d’entraînement, j’ai gardé quasiment le même. Je lance 8 à 10 fois par semaine donc je double en général matin et soir. Ensuite, j’ai 5 séances de préparation physique sur la semaine donc ça fait toujours environ une trentaine d’heures sur la semaine. Là où je suis vigilante, c’est sur la récupération, je fais super attention et quand il y en a besoin je fais des ajustements. 

« L’année dernière, j’avais plus besoin de prouver et je pense que j’y ai laissé des plumes, mais cette année c’est différent »

Vous appuyez-vous sur vos ressentis et votre expérience surtout des autres préparations olympiques pour être dans les meilleures conditions ? 

Oui il y a une sorte de sagesse des expériences passées quand j’ai voulu en faire trop et que ça m’a coûté des petits pépins derrière donc oui je m’appuie sur mon expérience et sur toutes les séances que j’ai déjà pu faire. Je m’adapte en fonction de ce qui est bien pour moi parce que je sais ce dont j’ai besoin. Je suis plus à l’écoute de mon corps et je ne laisse rien traîner dès que je ressens quelque chose. 

Qu’est-ce qu’il vous manque pour aller chercher un podium à Paris ? 

Si on prend la saison dernière en termes de régularité, c’est ma meilleure saison. Après, il m’a manqué une performance de pointe sur le championnat. Je pense que j’avais fait un bon début de saison puis la prépa avait été un peu plus compliquée. C’est vraiment quelque chose qu’on a pris en compte et qu’on a travaillé pour que cette année mon pic de forme arrive pour les Jeux. On a ajusté les derniers stages et c’est pour ça aussi que cette année on a prévu moins de compétition pour arriver vraiment au top en juillet. L’année dernière, j’avais plus besoin de prouver on va dire et je pense que j’y ai laissé des plumes, mais cette année c’est différent.  

Comment imaginez-vous ces Jeux de Paris ? 

J’essaie de me projeter un petit peu pour que ce ne soit pas quelque chose qui m’arrive en pleine tête. Je sais qu’il y aura toute ma famille, c’était important pour moi de pouvoir enfin partager ça avec eux, ça va être une belle fête donc j’ai hâte. C’est à moi maintenant de les faire rêver et de me préparer au mieux pour cela. Certes, c’est une pression en plus, mais c’est quelque chose que je voulais donc je sais que ça sera un plus pour moi quand je serai sur la piste. 

Propos recueillis par Enzo Zanon

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