samedi 24 septembre 2022

Nando De Colo : « Le projet de l’ASVEL m’a intéressé avec Parker »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Nando De Colo revient en France après une grande parenthèse NBA. Le Français a choisi l’ASVEL et son ami Tony Parker pour relever un nouveau défi. Entretien pour Le Quotidien Du Sport et France Basket.

Vous voir de retour en France, c’est comme si Karim Benzema revenait en Ligue 1 ! Mesurez-vous l’impact de votre arrivée à l’ASVEL ?

(sourire) La comparaison est plutôt sympa. J’ai quitté la France il y a 13 ans, y revenir je ne l’imaginais pas forcément, l’idée était plutôt de retourner en Espagne. Mais la vie d’un sportif est faite d’opportunités et de moments importants et là c’en est un.

Jusque-là, les joueurs français voyaient l’ASVEL juste comme un club tremplin. La donne a-t-elle changé ?

C’est clairement le projet qui m’a intéressé. D’autres clubs se sont positionnés notamment Monaco très tôt, mais les discussions se sont ralenties à la fin, ou Valence avec qui j’avais discuté bien avant l’ASVEL – si le projet m’avait convenu j’aurais sûrement signé là-bas – et bien sûr avec le Fenerbahçe. Tony (Parker) s’est positionné une fois la saison terminée et m’a expliqué ce qu’il voulait.

Le club évolue bien et le Top 8 est clairement l’objectif pour la saison prochaine. J’ai pu discuter avec TJ avant de prendre ma décision. J’en ai aussi parlé avec ma femme. Le retour en France s’annonce bien. Le club fonctionne par étapes. Un joueur qui possède mon expérience peut être un vrai plus.

 Est-ce les performances en Euroligue de l’ASVEL et surtout de Monaco qui font que revenir en France n’est plus vu comme une régression ?

Certes, je reviens en France, mais dans un club d’Euroligue. Je suis très heureux de rejouer dans le championnat français, mais ce qui m’a fait choisir l’ASVEL, c’est que le club est sûr de jouer l’Euroligue pendant mes deux années de contrat.

« Je ne regrette pas d’avoir choisi Lyon plutôt que Monaco »

Quand vous voyez le recrutement clinquant de Monaco, ne vous dites-vous que vous auriez eu plus de chances d’atteindre le Final Four avec le club de la Principauté ?

Je savais qu’Elie (Okobo) avait signé à Monaco qui monte une belle équipe, mais on verra. Ce sera à nous de trouver notre rythme pour aller le plus loin possible. C’est sûr que la vie en Principauté doit être sympa, mais ça l’est tout autant à Lyon pour une vie de famille. Ce n’est donc pas un regret d’avoir choisi Lyon plutôt que Monaco.

 C’est un choix de carrière et celui qui me correspondait le plus aujourd’hui, c’était celui de Lyon où j’ai pu discuter avec le coach chose que je n’ai pas pu faire à Monaco. J’aurais aussi mon osthé et mon préparateur physique qui m’ont suivi tout au long de ma carrière et qui sont originaires de Lyon.

Nando De Colo attiré par le projet de l’ASVEL

Après votre signature, Tony Parker annonçait viser la victoire en Euroligue en 2023 avant de se raviser. Que manque-t-il à l’ASVEL ?

C’est une équipe qui commence à avoir une petite expérience. Mais la saison sera longue et il faudra déjà accrocher le Top 8. Ensuite, tout est possible. Il y a de grosses écuries, mais il y a aussi toujours des surprises même s’il faut avoir conscience que le chemin est encore long pour rêver d’Euroligue. Il ne faut pas aller trop vite et procéder étape par étape. Il y a aussi ce championnat de France à gagner, que vous n’avez jamais remporté !

Je n’ai joué que trois ans en France. On avait accroché deux fois les play off avec Cholet, mais ça reste un titre difficile à aller chercher. Je suis motivé et je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je sais que je suis plus vers la fin de ma carrière que le début, mais je ne suis pas encore à raccrocher les baskets. Je ne me vois d’ailleurs pas arrêter après ces deux années à l’ASVEL.

Tout ce que je peux faire pour aider l’équipe, pour aller chercher le plus de titres possibles, je le ferai, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Si jamais on était champion, ce serait le 4ème de suite pour l’ASVEL, ce qui n’a jamais été fait. Tony aime aller chercher les records et marquer l’histoire.

« Tony aime aller chercher les records »

En revenant en France, vous avez dû consentir quelques sacrifices financiers, non ?

Il y a des choses qui doivent être respectées, par rapport à ce que je peux apporter à cette équipe et à ce que je représente, mais au stade de ma carrière l’argent n’est pas le plus important. Si ça ne dépendait que de ça, je ne serais pas forcément aujourd’hui à Lyon. C’est un projet global, également avec la famille. C’est un tout.

Le calendrier a bien fait les choses avec un premier match à Cholet…

Ça va être sympa. Ce sera un match à ne pas manquer comme celui contre Le Portel, deux villes qui me tiennent un peu plus à cœur. Vous avez décidé de ne pas jouer l’Euro.

Comment sentez-vous néanmoins l’équipe de France ?

Elle a les capacités pour aller chercher une médaille d’or. C’est l’avantage d’avoir différentes générations chaque été. Même si certains ne sont pas là, d’autres peuvent reprendre nos rôles. J’ai expliqué que j’avais besoin d’un été off pour me concentrer sur la suite, mais je vais faire attention à ce que l’équipe réalise et je leur souhaite d’aller le plus loin possible. Je serai de retour pour disputer la Coupe du monde et les Jeux. Je ne reviendrai pas en pré-retraite ou pour disputer mon jubilé, mais bien pour aller chercher des résultats ! Je sais que j’ai un rôle important dans cette équipe de France.

« La France a les capacités pour prendre la médaille d’or »

Voyez-vous d’un bon œil la naturalisation de Joel Embiid ?

C’est une opportunité qu’il faut saisir, une situation qui n’arrive pas chaque année. Ces deux dernières années, on l’a vu chez les filles. La naturalisée s’est très bien adaptée et la cohésion de groupe s’est très bien passée. Avec tout le respect que j’ai pour Joakim Noah et tout ce qu’il nous a apporté, il a été un vrai plus pour l’équipe mais, au final, il n’a jamais vraiment été motivé pour nous rejoindre les étés suivants. Si, aujourd’hui, on a un joueur comme Joel qui connaît la culture française, qui parle notre langue et qui est motivé pour nous aider à passer une étape, pourquoi pas. Une fois par génération, on peut faire une exception.

Un Français, Livio Jean-Charles, a signé au CSKA Moscou (Thomas Heurtel devrait lui jouer au Zénith Saint-Pétersbourg, Ndlr). N’est-ce pas surprenant vu le contexte politique ?

Le CSKA reste un club de basket qui est libre de signer des joueurs et les joueurs sont libres d’y signer. C’est un club qui doit structurer son équipe par rapport à une possible réintégration en Euroligue. Ils ne peuvent pas passer du tout ou rien.

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