mardi 23 juillet 2024

Peato Mauvaka : « On était supporteur des Blacks, mais c’était avant »

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Héros de la victoire face aux All Blacks avec ses deux essais et un match plein, Peato Mauvaka (24 ans) est encore sur son petit nuage. Avec sincérité et simplicité, le talonneur du Stade Toulousain nous parle de son parcours de Nouméa jusqu’à Toulouse. Entretien pour Le Quotidien du Sport et Rugby magazine.

Avant d’arriver au Stade Toulousain et de devenir quelques années plus tard le héros français face aux All Blacks, quelle a été votre jeunesse sportive en Nouvelle-Calédonie ?

J’ai pratiqué beaucoup de sports, mais j’adorais le volley. J’étais plus élancé que maintenant (rires). On m’avait dit que l’on m’enverrait en France, mais ça ne s’est jamais fait. J’étais déçu, je suis allé à un entraînement de rugby avec un ami, c’était fin 2011, j’ai accroché, je jouais centre à l’époque. Tout est allé très vite. En quelques semaines, on m’a proposé six mois de tests au Stade Toulousain.

Comment s’est passée votre adaptation ?

C’était dur, en plein hiver, loin de ma famille. Heureusement, j’étais en famille d’accueil chez Abraham Tolofua (oncle de Christopher et Selevasio, Ndlr). Quand j’ai été pris, mon grand frère, on n’a pas le même âge, mais je le considère comme mon jumeau tellement on est proches, est venu vivre avec moi en 2013, cela m’a fait un bien fou.

J’ai intégré le Pôle Espoirs de Jolimont puis le centre de formation du Stade. J’ai commencé le rugby tard finalement, mais tout est allé vraiment très vite dans ma carrière jusqu’à présent.

Pourquoi êtes-vous devenu talonneur ?

Je suis descendu progressivement, de centre à 3ème ligne puis talonneur. Au fur et à mesure que je descendais dans l’équipe, mon poids montait. On rentrait chaque été en Nouvelle-Calédonie avec mon frère et je revenais avec 10 kg de trop (il éclate de rires). Mes entraîneurs ont tout simplement estimé que je serais meilleur en 2 et ils ont eu raison, c’est à ce poste que je m’épanouis en professionnels.

« Mon père aurait été si fier de me voir sur la pelouse face aux All Blacks… »

Aujourd’hui, vous faites rêver de nombreux jeunes rugbymen, qui vous faisait rêver vous ?

Je n’ai jamais vraiment eu d’idoles. En Nouvelle-Calédonie, avec mon père, on était fans des All Blacks, dans toute l’Ile aussi les gens aimaient les Blacks, mais ça c’était avant… (rires). Maintenant, ils supportent la France.

Quelques semaines après, réalisez-vous la portée de votre exploit face à ces mêmes Blacks ?

Franchement non, j’ai du mal à réaliser que nous avons battu une telle équipe. Même dans mes rêves les plus fous, je ne l’aurais pas imaginé. Il y avait beaucoup d’émotion pour moi dans ce match, le souvenir de mon père qui aurait été si fier de me voir sur la pelouse face à eux, la victoire, les All Blacks

Comment analysez-vous le développement du rugby en Nouvelle-Calédonie ?

C’est toujours le sport le plus populaire avec le volley, devant le foot. Les éducateurs travaillent bien, c’est un sport qui se développe bien.

Aimeriez-vous vous investir en Nouvelle-Calédonie pour conseiller des jeunes qui aimeraient venir tenter leur chance en France comme vous ?

Plus tard, oui, ça peut être quelque chose qui me plairait, transmettre mon expérience, aider les plus jeunes, leur expliquer qu’il y a pas mal de contraintes, le fait de partir hyper jeune de chez soi, la distance avec la famille. Actuellement, Abraham Tolofua s’occupe de ça, il a monté une structure pour aider les jeunes rugbymen.

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