lundi 27 mai 2024

Pierre Pelos (JL Bourg) : « Il n’y a pas forcément besoin de sauter pour jouer au basket ! »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Joueur au parcours atypique, de la N2 à l’Euro-Cup, et au style à l’ancienne, Pierre Pelos aura attendu d’avoir 30 ans pour découvrir les 23 et 26 février derniers la grande équipe de France contre la République tchèque et la Lituanie. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris votre sélection pour la fenêtre de février ?

J’ai appelé ma famille et j’ai versé ma petite larme car c’est quand même un moment de fierté d’être appelé pour une première sélection même si j’avais déjà porté ce maillot en U20 dès ma première année à Pau.

Etre convoqué à 30 ans ce doit être encore plus une fierté ?

Avec la nouvelle génération qui arrive, une grosse génération avec de jeunes joueurs intéressants, je ne m’y attendais plus trop et être appelé c’est une fierté et la récompense de tout le travail accompli jusque-là.

Les fenêtres sont une aubaine pour être international car autrement c’est compliqué surtout quand on est intérieur.

Je ne suis pas arrivé au bon moment car il y a des années où il n’y avait pas trop d’intérieurs. Aujourd’hui, le basket français en forme beaucoup. Ces fenêtres sont donc une grosse opportunité pour des joueurs comme moi qui jouent dans le championnat de France et qui ne sont pas en NBA ou en Euroligue de porter le maillot bleu. C’était un objectif et j’espère y rester le plus longtemps possible.

Il y a 10 ans, vous étiez surveillant dans un internat à Pau. Que vous inspire votre parcours ?

Je sais ce que c’est que se lever le matin pour aller travailler ou travailler de nuit ce qui était le cas quand j’étais surveillant. Ce n’est pas facile de finir le travail à 8h et d’enchainer avec l’entraînement. Je l’ai fait pendant un an et ça m’a appris beaucoup de choses et surtout fait grandir très vite.

Vous êtes à l’opposé d’un Victor Wembanyama à qui tout arrive à 19 ans !

Ce n’est même pas comparable. Victor, c’est une exception, un phénomène. Lui, tout lui arrive très vite. A Bourg, je côtoie également Hugo Benitez qui a signé pro très tôt. Hugo a su saisir sa chance. Cette chance, à un moment, je l’ai eue, mais je n’ai pas su la saisir. Il a fallu que je prenne un chemin de traverse pour en arriver là moi aussi.

« J’ai envie de voir au-dessus »

Quel souvenir gardez-vous de ce passage en U20 et de l’Euro 2012 disputé avec Rudy Gobert, Léo Westermann, Axel Julien, Axel Toupane, Louis Labeyrie ou Livio Jean-Charles ?

Un très bon souvenir. On a passé quasiment un mois et demi ensemble. J’étais avec des gars qui avaient déjà un contrat pro, d’autres qui étaient en Espoirs comme moi. Quand on se recroise, on en reparle. On a perdu en finale, mais ça reste une très belle aventure humaine.

Que vous a-t-il alors manqué pour avoir la même trajectoire que vos illustres coéquipiers ?

J’étais deuxième année espoir lors de ma première année à Pau. Le club est descendu en Pro B (en 2011/2012, Ndlr). C’est l’année (2012/2013) où Claude Bergeaud m’a donné ma chance, mais je ne l’ai pas vraiment saisie. Il m’a manqué de la maturité. Je n’étais pas prêt à répondre présent de suite en Pro B (1,6 point pour 4 minutes de moyenne, Ndlr).

On a souvent parlé de votre physique. Cela vous énerve-t-il ?

Oui et non car ça a été une force et j’ai énormément travaillé sur ça. Ce n’est plus un problème. Je suis affuté comme jamais ! Je suis prêt à répondre à tous les contacts physiques, à enchaîner les actions. J’en ai bavé, mais aujourd’hui je suis fier de mon physique.

Il paraît que vous aviez perdu trop de poids cet été…

J’avais perdu 8 kilos en deux mois. Je me sentais bien, mais le club a voulu que je reprenne du poids. J’ai repris pas mal de muscles et je me sens même encore mieux !

Avez-vous un rapport spécial avec votre entraîneur à Bourg Frédéric Fauthoux que vous avez connu à Pau ?

Je n’étais plus espoir à Pau et c’est lui qui a forcé avec d’autres pour que je reste au club pour continuer à grandir en m’entraînant avec les pros. On a un lien très fort. On est tous les deux issus du Sud-Ouest et dix ans après on se retrouve à Bourg-en-Bresse ! Je suis un peu son relais sur le terrain où j’essaie de transmettre les valeurs du Sud-Ouest à mes coéquipiers, de se battre pour l’amour du maillot, de ne jamais rien lâcher, de toujours se battre pour le coéquipier.

Cette étiquette de joueur à l’ancienne vous plaît-elle ?

J’aime bien. Cette étiquette ne me dérange pas. Il n’y a pas forcément besoin de sauter pour jouer au basket. J’en suis la preuve !

Entre la finale de Leaders Cup et cet appel en Bleus, avez-vous vécu la plus belle semaine de votre carrière ?

Elle aurait été parfaite si on avait gagné la finale ! Ça reste néanmoins une belle semaine. On a battu Monaco, Limoges, vécu un super week-end en Leaders Cup et, enchaîner avec l’équipe de France, c’est un enchaînement de fou ! Je n’ai pas eu le temps de réaliser.

Bourg champion, vous y croyez ?

Bien sûr ! On est allés en Leaders Cup conquérants, on a sorti Monaco et on est allés en finale. Tout est possible !

Où en êtes-vous contractuellement avec Bourg ?

Il me reste un an de contrat.

N’avez-vous envie de découvrir l’Euroligue, l’étranger ?

J’y pense, mais il faut qu’une offre arrive. Avec Bourg, je vois ce que c’est l’Europe avec l’EuroCup, mais c’est vrai que j’ai envie de voir au-dessus.

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