mardi 18 juin 2024

Polémique : les joueurs français partent-ils trop tôt en NBA ?

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Si Victor Wembanyama est programmé pour écrire l’histoire, la NBA a vu et voit passer de nombreux joueurs français. Pas forcément ponctué par une franche réussite. Ne devraient-ils pas faire davantage preuve de patience ?

C’est un lieu commun d’affirmer que la NBA ne cesse de s’internationaliser. En 2023/2024, ils étaient 125 étrangers à y évoluer. Un nouveau record. Dont 14 Français. La délégation française y est toujours extrêmement représentée.

Cela n’induit pas une garantie de réussite à tous les coups, loin de là ! Tous n’auront pas une carrière à la Tony Parker, à la Nicolas Batum, à la Evan Fournier ou à la Rudy Gobert !

Si Victor Wembanyana premier Français de l’histoire numéro 1 de la draft (par les Spurs) déclenche les superlatifs, il ne faut pas en déduire que partir à un âge si jeune en NBA (19 ans) est forcément la bonne solution. Et si Wemby finalement était l’arbre qui cachait la forêt alors que beaucoup de Français sont soit coupés, soit entre la G-League et la NBA, soit au bout du bout du banc, soit dans des équipes de bas de tableau ?

L’ancien coach de Roanne Jean-Denys Choulet est de cet avis : « A part l’exception Wembanyama, les Français partent trop tôt en NBA. Lui, c’est différent, c’est un monstre. Les joueurs, il n’a absolument rien de commun avec tous ceux qui sont partis avant. Il a cette dextérité d’un joueur d’un mètre 80. Il a tout de suite prouvé que c’était un énorme joueur NBA. Ce n’était pas trop tôt pour lui. Par contre, pour ceux que je vois s’inscrire à la draft, je ne veux pas être méchant, mais bon… »

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Les joueurs français partent trop vite

« L’année dernière, vous m’auriez posé la question Wembanyama n°1 de la draft, j’aurais répondu oui évidemment. Pour d’autres, c’est beaucoup plus discutable. Ils voient la NBA comme le rêve américain. Il y a aussi une question financière importante derrière. Après, quand on regarde bien, il n’y a quand même pas des millions de Français qui ont réussi en NBA ! (le 5 novembre, Malcolm Cazalon est devenu le 45ème Français de l’histoire de la NBA. »

« Il a depuis été coupé par Detroit et s’est retrouvé en G-League, Ndlr) Beaucoup de joueurs en sont revenus avec un sentiment d’inachevé (Ayayi, Okobo, Toupane, Cornelie, Mokoka, etc). Il y a des étapes en Europe intermédiaires à franchir, d’abord. Ce serait plus bénéfique pour eux d’entrevoir les choses ainsi plutôt que de décider d’aller jouer en NBA. »

« Si c’est pour être en bout de banc et jouer 1 minute 30 par match, je ne vois pas l’intérêt. J’ai eu la chance d’en côtoyer quelquesuns et d’en envoyer en NBA. Je pense par exemple à Clint Capela (25ème choix de Houston en 2014, Ndlr) qui était avec moi à Chalon. Certes, il est Suisse, mais il a réussi ».

« Ils voient la NBA comme le rêve américain »

C’est quand le bon moment alors pour faire le grand saut alors que Zaccharie Risacher et Tidjane Salaün s’apprêtent à le faire après une seule saison pleine en Betclic Elite ? « Quand le joueur a déjà fait un peu ses preuves, estime l’entraîneur champion de France en 2007 et 2017. J’ai eu des joueurs qui sont allés en NBA. D’autres pas. Ils auraient pourtant mérité d’y aller. C’est le cas de Moustapha Fall. Fall est passé par Monaco. Il a fracassé tout en Euroligue (avec l’Olympiakos, Ndlr) au niveau du secteur intérieur. Moustapha a été champion de France avec moi en 2017. Il avait et a toutes les qualités pour être en NBA ».

Pour Kim Tillie passé très jeune par les rangs universitaires d’Utes de l’université d’Utah, la problématique du départ est complexe. D’autant que le train ne passe jamais deux fois :

« Les Français partent-ils trop tôt ? Ils n’ont pas le choix. Il faut partir quand ta cote est élevée et que tu as une chance d’être drafté. Car si tu attends que la hype passe, cela devient compliqué. Il y a une énorme pression autour des jeunes quand ils se voient dans les mocks draft de 1er tour. Il faut alors tenter cette chance et y aller à fond. »

« Après, évidemment, c’est un milieu hyper rude et difficile. Mon équipier Tidjane (Salaün 18 ans, Ndlr) va partir en NBA la saison prochaine. Il est prévu dans le 1er tour de toutes les mocks draft. Tidjane faut qu’il tente sa chance maintenant. Il a bien travaillé cette année, on va bien voir ce que cela donne… »

Evidemment, le talent fera le reste. Bilal Coulibaly a été drafté en 7ème position en 2023 à seulement 18 ans et après seulement quelques mois en Betclic Elite. Wembanyama a été drafté en 1ère position par les Spurs en 2023 à seulement 19 ans. Sauf qu’il n’y a qu’un Wembanyama…

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