jeudi 20 juin 2024

Rachid Méziane (coach de la Belgique et de Villeneuve-d’Ascq) : « J’apporte de la sérénité »

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Champion d’Europe avec la Belgique en juin, l’entraîneur des Belgian Cats et de Villeneuve-d’Ascq en Ligue féminine revient sur ce premier titre historique pour sa sélection lui qui a été l’adjoint de Valérie Garnier en équipe de France de 2014 à 2021.

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Première compétition internationale avec la sélection belge et premier titre. On peut dire que ce sont des débuts réussis…

Ça rend ce titre encore plus beau et plus spécial. J’avais déjà quatre médailles d’argent en tant qu’assistant avec l’équipe de France, donc je ne découvrais pas la compétition, mais c’était une première pour moi en qualité de coach principal. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être champion d’Europe. Ce sont des souvenirs qui resteront gravés à jamais dans nos têtes.

La Belgique outsider de la France

Ces dernières années, la Belgique est de plus en plus performante. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a plusieurs raisons. La première, c’est qu’on a un noyau de joueuses qui arrivent à maturité et qui avaient été championnes d’Europe dans les catégories jeunes. C’est une équipe qui a aussi remporté deux médailles de bronze lors des trois derniers Championnats d’Europe (2017 et 2021, Ndlr). La réussite de cette compétition-là est le résultat de l’alchimie et de la cohésion que l’on a pu créer avec l’ensemble de ce groupe, joueuses et staff.

On a voulu un basket total avec des bases très solides en défense et un style offensif orienté vers le jeu de première intention en n’accordant que très peu d’importance à nos adversaires et en se concentrant sur nos compétences. J’ai aussi apporté de la sérénité et je pense que cette équipe en avait besoin.

Lors de l’Euro, vous avez affronté l’équipe de France en demi-finale. Avant d’aller en Belgique, vous étiez adjoint de Valérie Garnier, notamment en charge de la vidéo. Cette connaissance de l’équipe de France a-t-elle fait la différence ?

Ce serait prétentieux de dire que cela a fait la différence. Par contre, il y a une réalité, qui est que je connaissais parfaitement les joueuses.

« J’ai apporté de la sérénité à cette équipe de belgique »

Le staff, je le connaissais aussi, mais chaque coach amène un petit peu ses nouveaux principes. Je ne peux pas dire que j’étais sûr du style de jeu, à part en se basant sur l’analyse de leur début de compétition et aussi depuis la prise de fonction de Jean-Aimé Toupane. Mais les individus changent peu, sauf la jeune Leïla Lacan que je connaissais moins même si je l’ai affrontée quatre fois cette saison avec son équipe d’Angers.

Les onze autres sont des filles que j’ai eues en club ou en équipe de France. Forcément, je connais leurs points forts et les choses sur lesquelles on peut peut-être aller les perturber. Mais il faut quand même rester réaliste. Je ne suis que le coach, je reste sur le côté et je ne suis pas dans le rectangle.

Regrettez-vous de ne pas avoir été mis à la tête de l’équipe de France ?

Regretter non, parce qu’aujourd’hui je suis champion d’Europe avec une autre nation ! Beaucoup de choses ont été dites, mais mon souhait était de rester dans le staff de cette équipe de France. J’avais pour ambition de pouvoir faire les Jeux de Paris 2024 avec l’équipe de France, mais en qualité d’assistant. Je n’ai jamais postulé pour devenir sélectionneur. Par contre, oui, j’ai proposé mes services pour rester dans le staff. J’ai forcément été déçu de ne pas avoir été conservé. Il n’y a pas d’amertume et je n’en veux à personne. C’est peut-être un mal pour un bien aujourd’hui, qui m’a permis de m’orienter vers cette équipe nationale belge et de soulever ce trophée et mettre cette équipe belge sur le toit de l’Europe.

Rachid Méziane ne va pas faire de la figuration avec la Belgique

L’an prochain, les JO auront lieu en France. Que peut-on espérer de la Belgique ?

Quand on regarde les résultats des équipes européennes sur la dernière Coupe du monde, il y a encore quatre autres nations non-européennes devant nous : les Etats-Unis, la Chine, l’Australie et le Canada. Notre résultat n’a fait qu’augmenter notre nombre d’ennemis parce qu’on va être vu différemment et être attendu. Le souhait maintenant, c’est d’aller chercher le meilleur résultat possible et la médaille. Il faudra déjà s’y qualifier avec le TQO et quand on sera aux Jeux, je n’ai jamais eu pour habitude d’y faire de la figuration.

Avec Villeneuve-d’Ascq, vous avez perdu en finale de championnat face à l’ASVEL en menant 1-0. Ça aurait pu être une saison parfaite. Est-ce le seul petit regret ?

En effet, il y a de la déception parce que notre groupe avait la qualité pour aller chercher ce titre et, malheureusement, on est tombés sur un adversaire plus fort. On n’avait pas l’avantage du terrain et on a eu pas mal de pépins physiques qui nous ont empêchés de finir sur la meilleure des dynamiques. Mais il n’y avait vraiment pas de quoi rougir.

On est le cinquième ou sixième budget de Ligue féminine, on mise sur beaucoup de jeunes et on avait connu un fort remodelage de l’équipe. Ce qui est arrivé est super positif : demi-finale de Coupe d’Europe, demi-finale de Coupe de France et une finale de championnat de France. Au départ, très peu de personnes aurait misé sur nous. J’espère que ça va nous permettre d’être encore plus fort dans les années à venir.

Propos recueillis par Killian Tanguy

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