lundi 15 juillet 2024

Richard Astre : « Avec Ntamack et Dupont, on a la meilleure paire du monde ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Symbole absolu d’élégance et de précocité, l’ancien demi de mêlée international et capitaine du grand Béziers revisite à 73 ans Son glorieux passé. Il s’enthousiasme aussi devant notre équipe de France qu’il croit capable d’exploits.

Quelle a été la période la plus faste de votre carrière ?

J’ai commencé en première division en 1965. J’ai stoppé en 1978 et fait quatorze saisons en débutant au TOEC. Je suis ensuite parti à Béziers. Je retiens surtout mes premiers titres de champion de France. Ma première sélection aussi.

A quoi ressemblait cette grande équipe de Béziers dont vous étiez capitaine ?

C’était une équipe très jeune avec de l’ambition et des qualités. Elle était prête à fournir beaucoup d’efforts pour atteindre ses objectifs. Nous nous sommes retrouvés ensemble par le fait du hasard au départ avec un éducateur formidable (Raoul Barrière, Ndlr), un passionné. Il nous faisait toucher du doigt les difficultés pour arriver à haut niveau. Il nous montrait aussi comment gagner en se faisant plaisir. C’était une alchimie. Cela a constitué une réussite sur une décennie. A un certain moment, on nous avait même qualifiés d’invincibles.

Pourquoi, depuis, Béziers ne raccroche pas le wagon de l’élite ?

Beaucoup d’équipes étaient le fleuron de notre rugby il y a quelques années. Béziers a la chance de toujours exister. Mais certains ont même disparu du paysage professionnel. Le rugby a tellement changé. Il faut des moyens financiers. Il faut aussi une vraie affection avec un vrai projet. Et même un engagement politique… Ce n’est pas impossible, mais il faut remplir les conditions.

N’avez-vous pas le regret de ne pas avoir porté les couleurs de Toulouse ?

Je garde toujours beaucoup d’admiration pour ce que fait Toulouse. Ils se sont créés une identité de jeu. Elle est exemplaire et enviée par tous. Je suis né à Toulouse, mon père a joué au Stade Toulousain, moi-même j’y ai joué dans les petites catégories. Au fond de mon cœur j’ai toujours une part de Toulousain. Mais j’ai vécu une telle période que je serais ingrat d’éprouver un regret ou une nostalgie.

« À mon époque, les remplaçants ne rentraient que sur blessures… »

Comment aviez-vous vécu votre concurrence en équipe de France avec Jacques Fouroux ?

A l’époque, les remplaçants ne rentraient qu’après blessure. C’était pour moi difficile à vivre et assez cruel. J’ai connu aussi d’autres succès. J’ai fait de beaux matches également en équipe de France, six fois capitaine sur douze sélections.

Vous retrouvez-vous en Antoine Dupont ?

Je n’avais pas le même style. Il a des qualités physiques et des jambes exceptionnelles. Il a une grande vivacité. Dupont a aussi une vision du jeu dans l’instantané qui est magnifique. Cela lui permet d’être au soutien de ses partenaires ou lui-même de créer des situations. C’est un joueur d’une génération. Il faut y ajouter Romain Ntamack.

On a avec ces deux-là la même paire qu’avaient eu les Gallois des années 70 avec Barry John (ouvreur, Ndlr) et Gareth Edwards (demi de mêlée, Ndlr). Avec Ntamack et Dupont, l’un sert l’autre. Les deux sont très dangereux et complémentaires. Un a beaucoup de puissance et l’autre beaucoup de fluidité. On a la meilleure paire de demis au monde ! Un joueur, c’est facile à surveiller. Deux, c’est beaucoup plus dur.

Voyez-vous la France championne du monde dans deux ans ?

J’y crois. Des plus grandes nations, la France n’a encore jamais été championne du monde. Tout le monde s’autorise à penser que c’est notre tour. L’équipe est là. La dernière victoire contre les All Blacks a une grande valeur.

Cela donne confiance à l’équipe qui se dit on peut le faire. Mais attention car d’autres équipes sont en pleine ascension comme l’Angleterre. Je m’attends aussi à une réaction des All Blacks. Ils arrivaient en bout de cycle.

Il semble manquer d’un vrai leader comme pouvaient l’être les McCaw, Carter. Mais la Coupe du monde se déroule dans deux ans. Il y a une grande quantité de grands joueurs en Nouvelle-Zélande. Il faut rester prudent.

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