mardi 16 juillet 2024

[Rugby] Coupe du monde : la France a-t-elle été volée ?

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Les Bleus feront tout, sur le sol, ce qui est en leur pouvoir pour vaincre la malédiction. Retour sur toutes les participations de l’équipe de France à la Coupe du monde.

La Coupe du monde de rugby n’est pas bien vieille, contrairement à la Coupe du monde de football par exemple, dont la première édition a eu lieu en 1930. Il aura fallu attendre plus de 50 ans pour voir le monde du rugby proposer une compétition de la même importance, la faute aux fédérations britanniques qui craignaient qu’un tournoi d’une telle envergure ne fasse disparaître l’amateurisme qu’elles prônaient.

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Mais, à la suite de la reconsidération d’une vieille idée française, la fédération australienne, suivie un an plus tard par la fédération néo-zélandaise, fait une proposition de Coupe du monde à l’International Rugby Board. En 1985, un vote a lieu et les votants sont partagés : l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande votent contre tandis que la France, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Afrique du Sud malgré l’apartheid votent pour.

Finalement, les Anglais et les Gallois changent d’avis, permettant à la Coupe du monde de rugby de voir le jour en 1987 en Nouvelle-Zélande et en Australie.

1987 : Une première encourageante

A une époque où le rugby n’est pas encore professionnel, la première Coupe du monde compte 16 participants : 7 équipes européennes (avec l’Italie et la Roumanie), les 4 équipes océaniennes (avec les Fidji et le Tonga), 3 équipes américaines (l’Argentine, les Etats-Unis et le Canada) ainsi que le Japon et le Zimbabwe.

L’équipe de France s’y rend pleines d’ambitions : quelques mois plus tôt, elle remportait le Tournoi des Cinq Nations en réalisant le Grand Chelem. Lors des phases de poules, les Bleus se qualifient facilement pour les quarts malgré un nul contre l’Ecosse (20-20). Ils se déferont ensuite des Fidji (31-16) puis de l’Australie (30-24) grâce à un essai d’un certain Serge Blanco dans les dernières minutes.

Au terme d’un match exceptionnel, la France va en finale et se prépare à affronter les All Blacks chez eux, à l’Eden Park d’Auckland. Mais la marche est trop haute pour les joueurs de Jacques Fouroux qui s’inclinent 29-9 avec un essai inscrit en fin de match pour l’honneur. C’est la première des trois finales perdues par les Bleus. Terrassé par la Nouvelle-Zélande en demi 496, le Pays de Galles se reprendra pour prendre la 3ème place à l’Australie (22-21).

1991 : Un os nommé Angleterre

Si la première avait lieu dans l’hémisphère Sud, c’est cette fois dans l’hémisphère Nord qu’elle se déroule en 1991, et plus particulièrement dans les cinq pays du Tournoi (l’Italie ne rejoindra la compétition qu’en 2000). C’est la première fois que l’on assiste à une phase de qualification, la Coupe du monde précédente reposant sur un système d’invitations.

On y retrouve les huit quarts de finaliste de 1987, qualifiés d’office et 8 autres nations pour 33 candidates. En fin de compte, seule une équipe est nouvelle par rapport à 1987 : les Samoa qui remplacent le Tonga. Une nouvelle fois, l’équipe de France ne tremble pas et sort facilement de sa poule avec 3 victoires en autant de matches, face au Canada, à la Roumanie et aux Fidji. Seulement, le parcours ne va pas beaucoup plus loin puisque la France croise sur sa route l’Angleterre, future finaliste.

Dans un match globalement dominé par les Anglais, les Français parviennent à recoller au score à la 51ème, avant de s’effondrer dans les cinq dernières minutes pour un score final de 19-10. L’Angleterre triomphe à Paris et ira jusqu’en finale avant de s’incliner contre l’Australie (12-6), à Londres cette fois. Tombée contre l’Australie en demi, la Nouvelle-Zélande prend la 3ème place aux dépens de l’Ecosse.

1995 : Un premier scandale

En 1992, l’Afrique du Sud est réadmise dans le rugby international après la fin de l’apartheid. C’est dans le pays des Springboks que se déroulera la troisième Coupe du monde, en 1995, devant les yeux du président Nelson Mandela.

La France retrouve l’Ecosse, le Tonga et la Côte d’Ivoire dans son groupe, et en termine une nouvelle fois 1ère avant d’affronter l’Irlande en quarts. Au terme d’une première période serrée (12-12), les Bleus font la différence par l’intermédiaire de Lacroix (qui inscrira 8 pénalités), et grâce aux essais en toute fin de rencontre de Philippe Saint-André et d’un certain Emile Ntamack pour clôturer la rencontre d’une belle victoire 36-12.

En demi, les Français jouent contre le pays hôte, l’Afrique du Sud. La France sort d’un sans-faute jusque-là, tandis que l’Afrique du Sud, privée de compétitions internationales depuis plusieurs années, n’est plus l’équipe tant redoutée. Malgré les trombes d’eau qui se déchaînent sur le terrain de Durban, le match est maintenu à cause d’une pression des diffuseurs.

Après plus de deux heures d’attente, les équipes entrent sur le terrain marqué par de nombreuses flaques d’eau. L’entame de match est sud-africaine avec une pénalité, puis un essai de Kruger dont la validation a été étrangement rapide. En effet, sur les ralentis, il est impossible de certifier que le ballon a été aplati. Kruger expliquera plus tard que non, le ballon n’avait pas été aplati… Le score se porte à 10-0 avant la demi-heure de jeu et le reste de la rencontre s’annonce difficile pour les Bleus.

France – Angleterre, le temps des polémiques

Mais les joueurs ne s’avouent pas vaincus pour autant : par l’intermédiaire de Lacroix, encore une fois, les Bleus reviennent à 10-6. Au retour des vestiaires, les pénalités se succèdent et le score monte à 16-12. Seulement, les décisions litigieuses s’enchaînent et les Français commencent à s’agacer. Sous la pluie battante, les Bleus s’accrochent et dominent physiquement leurs adversaires, mais continuent d’être victimes de l’arbitrage par des ballons rendus et autres incompréhensions.

A la 78ème, alors que le score est de 19-15, Benazzi récupère le ballon et l’aplatit sur la ligne. Mais l’arbitre refuse l’essai et accorde une mêlée dans l’incompréhension générale. La fin du match est sifflée, la France est éliminée tandis que l’Afrique du Sud fonce en finale et la remportera face aux All Blacks. Dans un contexte où l’Afrique du Sud devait absolument finir championne (sic) le président de la fédération sud-africaine offrira même une montre en or à l’arbitre du match après la demi-finale ! la France remporte tout de même la petite finale face à l’Angleterre 19-9.

1999 : Un match mémorable en vain

La Coupe du Monde 1999 se déroule en Europe. Les matches de la poule A se déroulent en Ecosse, ceux de la poule B en Angleterre, la poule C en France, la poule D au Pays de Galles, et la poule E en Irlande. La France termine facilement 1ère d’un groupe composé des Fidji, du Canada et de la Namibie avec 3 victoires.

Elle rencontre l’Argentine en quarts, qu’elle bat sans trop de soucis 47-26 avant de défier les All Blacks à Twickenham. Dès le début, la France prend l’avantage avec un coup de pied réussi de Christophe Lamaison, mais les All Blacks ripostent avec une pénalité convertie par Andrew Merthens. Lamaison marque le premier essai du match, suivi d’une réponse spectaculaire de Jonah Lomu pour la Nouvelle-Zélande.

En seconde période, les All Blacks accentuent leur avantage avec un nouvel essai de Lomu. La France revient avec des coups de pied précis de Lamaison, resserrant l’écart à 24-22. Le XV de France révèle alors sa détermination en marquant deux essais supplémentaires par Christophe Dominici et Richard Dourthe, prenant l’avantage 36-24.

Malgré un dernier essai néo-zélandais, la France s’impose finalement 43-31 dans cette demi-finale légendaire. Malheureusement, les Bleus échoueront une semaine plus tard au Millenium Stadium de Cardiff contre l’Australie, en s’inclinant dans un match à sens unique 35-12. Pour la deuxième fois de son histoire, la France perd une finale de Coupe du monde.

2003 : Une Rose qui pique

En 2003, pour la première fois depuis 1987, la Coupe du monde est organisée en Océanie, et plus particulièrement en Australie. La France, comme à son habitude excelle dans les phases de groupes en remportant tous ses matches contre l’Ecosse, les Fidji, les EtatsUnis et le Japon. Elle continue sur sa lancée en quarts en écrasant l’Irlande 43-21, mais subira une lourde défaite contre l’Angleterre 24-7, équipe qui remportera la finale contre l’Australie 20-17. Pour la petite finale, les Bleus se mesurent aux All Blacks. Ces derniers, en mode rouleau compresseur, étrilleront la France 40-13.

2007 : La France ne réussit pas aux Bleus

Pour la première fois, un tirage au sort est organisé pour former les quatre groupes de cinq équipes qui s’affronteront en Ecosse, au Pays de Galles et en France. Les quatre demi-finalistes de la dernière édition sont les têtes de série. La France tombe avec l’Irlande, l’Argentine, la Géorgie et la Namibie. Après avoir perdu contre une valeureuse équipe d’Argentine, les Coqs terminent 2èmes de leur poule pour la première fois de leur histoire et affronteront les All Blacks en quarts.

Malgré un début de match compliqué qui voit les Néo-Zélandais prendre le large (13-0), les Bleus prennent leurs 3 premiers points juste avant la mi-temps (après avoir loupé deux pénalités et un drop), et parviennent à revenir à égalité en début de seconde période grâce aux pénalités de Lionel Beauxis et à l’essai de Thierry Dusautoir.

En 2007, un mauvais souvenir

Les Blacks parviennent à inscrire un nouvel essai qu’ils ne transforment pas, et Yannick Jauzion à son tour marque un essai qui lui sera transformé. Le score est de 20-18, la France parviendra à tenir le score jusqu’à la fin, réitérant l’exploit de 1999. On croit alors à un réveil de l’équipe, mais ce n’est pas le cas puisque l’Angleterre au Stade de France, encore une fois, mettra fin aux espoirs français.

Avec un essai anglais au bout de 79 secondes de jeu seulement, la France reprendra l’avantage avant d’être la proie des pénalités de Jonny Wilkinson qui fera basculer le match 14-9. La France dispute au Parc des Princes donc la petite finale et recroise le chemin de l’Argentine défaite par l’Afrique du Sud. Et une fois de plus, l’Argentine se montre supérieure et s’impose facilement à Paris sur le score de 34-10. La finale sera remportée 15-6 par l’Afrique du Sud dans un match sans essai, la deuxième de son histoire en seulement 4 participations.

2011 : Un deuxième scandale

Pour la 7ème édition, le pays hôte n’est autre que la Nouvelle-Zélande. La France se retrouve dans la même poule que la Nouvelle-Zélande, le Tonga, le Canada et le Japon. Après une défaite face aux All Blacks et deux victoires, l’équipe de France est assurée de terminer à la 2ème place et perd son dernier match contre le Tonga.

La suite du parcours sera sinueuse, mais les Bleus se qualifient pour la finale après avoir battu difficilement l’Angleterre (19-12) et le Pays de Galles (98). En finale, la France retrouve les All Blacks pour un match qui restera gravé dans les annales. Dès le début, face au traditionnel haka des Néo-Zélandais, l’équipe de France, menée par Thierry Dusautoir, décide d’avancer vers les joueurs adverses en formant le V de « Victoire ».

Le match est assez fermé et les Bleus impressionnent défensivement. Malgré ça, les Blacks marquent un essai non transformé et une pénalité, portant le score à 8-0 à la 46ème. Dans la foulée, le capitaine Dusautoir (qui sera par ailleurs élu meilleur joueur de l’année) inscrit un essai ô combien important, transformé par François Trinh-Duc.

Seulement, le score ne bougera plus et les All Blacks seront sacrés champions du monde pour la 2ème fois de leur histoire. On retiendra encore une fois un arbitrage douteux qui aura bien trop souvent oublié des fautes flagrantes du pays hôte. La France, elle, prend le triste record du plus grand nombre de finales perdues : 3.

2015 : Une fessée contre les Blacks

Lors de la Coupe du Monde 2015 en Angleterre et au Pays de Galles, la France sort 2ème de la poule D derrière l’Irlande, et devant l’Italie, la Roumanie et le Canada. Le 17 octobre, elle affronte la Nouvelle-Zélande pour une fessée monumentale 62-13 en quarts de finale. La finale oppose ces mêmes Blacks à l’Australie, qui s’imposent aisément et remportent leur 3ème Coupe du monde, leur 2ème de suite.

2019 : Vahaamahina voit rouge

La Coupe du Monde 2019 n’est guère plus glorieuse : une nouvelle fois 2ème de sa poule derrière l’Angleterre, la France joue le Pays de Galles en quarts. Si le match démarre bien pour les Bleus, qui mènent 19-10 à la pause, l’inconstance française alors omniprésente ressort et Sébastien Vahaamahina voit rouge à la suite d’un violent coup de coude qui ne laisse pas le choix à l’arbitre. Au bout du suspense, le Pays de Galles arrachera la victoire à la 75ème grâce à un essai transformé, pour un score final de 20-19. C’est l’Afrique du Sud qui remportera l’édition contre l’Angleterre et qui rejoindra donc la Nouvelle-Zélande en termes de Coupes du monde remportées.

Oscar Lachaize

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