mercredi 21 février 2024

Rugby : Edwards, Smith, Dupont et les autres… 10 artistes du ballon ovale qui auront marqué l’histoire

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S’il est encore loin d’avoir exprimé la totalité de son immense talent, Antoine Dupont a déjà suffisamment brillé pour marcher sans complexes sur les traces du plus grand joueur gallois de l’histoire, un Gareth Edwards à qui, il n’a finalement pas grandchose à envier.

Gareth Edwards

Entre 1969 et 1978, en gagnant le Tournoi des 5 Nations à 7 reprises, le Grand Chelem trois fois, il a été l’incarnation du joueur de rugby moderne, mélange d’intelligence de jeu et de réalisme avec 88 points marqués en 53 sélections consécutives sur 12 ans. Ces stats normales au XXIème siècle étaient exceptionnelles dans les années 70 où, en l’absence de Coupe du monde, les rendez-vous internationaux étaient plus limités.

Dans ce contexte, Edwards a marqué son temps, et les esprits de tous ceux qui ont assisté à l’essai du siècle, qu’il a marqué lors d’un match avec les Barbarians face aux All Blacks en 1973. Entre autres actions de grande classe qui ont donné de la couleur aux premières retransmissions télé en noir et blanc.

Il formait une charnière magnifique avec John Barry, nous dit l’ancien demi de mêlée international du grand Béziers, Richard Astre, qui le rendait encore plus fort. Il faut voir les actions de la tournée de 73 avec les Barbarians pour s’en rendre compte. L’essai du siècle, c’est Barry qui l’amène et Edwards qui le finit. Ce dernier avait la même force du haut du corps et les mêmes jambes de feu que Dupont, capable de faire de grosses différences individuelles. »

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Antoine Dupont

Il y a évidemment du Gareth Edwards chez le capitaine français. Comme la légende galloise, sélectionné à 19 ans et capitaine à 20 ans, le Français a brûlé les étapes pour s’imposer derrière la mêlée et ne plus lâcher l’affaire ensuite, indétrônable guide du XV de France victorieux du Grand Chelem en 2022. Trois fois champion de France, champion d’Europe avec le Stade Toulousain, il est le seul demi de mêlée, avec Fabien Galthié, à avoir été élu meilleur joueur du monde (en 2021). En attendant la suite, le meilleur, et une consécration mondiale dans quatre ans.

Aaron Smith

Les deux victoires successives des Bleus face aux Blacks avec Dupont aux manettes avaient des airs de passage de témoin pour le guide des Blacks, le demi de mêlée le plus capé de leur histoire. De leur opposition, Finlay Christie, la doublure d’Aaron Smith, disait : « En fusionnant les deux, ça ferait le meilleur joueur de tous les temps ! » Champion du monde en 2015, le joueur des Highlanders est au top depuis plus de dix ans avec toujours la même capacité à envoyer du jeu, à donner de la vitesse grâce à une exceptionnelle qualité de passe, à coller au ballon et à transmettre sa soif de victoires. Un leader né.

Joost Van Der Westhuizen

Avant Habana, il était le meilleur marqueur de l’histoire du rugby sud-africain (38 essais). Avant Montgomery, il était aussi le plus capé, en meneur charismatique et parfois (trop) chambreur d’une équipe restée invaincue pendant 17 matches consécutifs (record pour les Springboks), après son titre mondial de 1995 sous les yeux de Nelson Mandela, face aux Blacks après prolongations.

Derrière un pack surpuissant, il a su exploiter sa force de pénétration pour marquer de nombreux essais et être considéré comme le meilleur n°9 des années 90. Son décès en 2017 à l’âge de 45 ans de la maladie de Charcot, la même pathologie fatale à trois autres joueurs sud-africains de sa génération, a jeté un voile de suspicion de dopage sur les Springboks sans remettre en cause son impact pour l’évolution du rôle de demi de mêlée, devenu aussi un finisseur. A ce niveau, il y eut un avant et un après VDW.

Fourie Du Preez

Moins médiatique que son compatriote VDW à qui il a succédé en club et en sélection, le joueur des Bulls était un demi de mêlée hyper complet, aussi puissant et tonique que technique, précis dans son jeu au pied comme dans ses initiatives balle en mains. Son expérience est unique avec trois Coupes du monde à son actif, pour un titre arraché aux Anglais en 2007 au Stade de France et une demi-finale perdue sur le fil face aux Blacks en 2015 à Twickenham. Leader des Bulls, première franchise sud-africaine à remporter le Super 14 en 2007, il remet ça en 2009 et en 2010 en marquant deux essais en finale face aux Stomers.

George Gregan

En participant à quatre Coupes du monde, un record chez les Wallabies et le troisième plus haut total du rugby mondial, Gregan a marqué l’histoire. Au sommet de son art pendant dix ans, entre 1997 et 2007, lorsqu’il formait la charnière la plus efficace du monde avec Stephan Larkham, sa longévité au plus haut niveau témoigne d’un mental hors norme.

Capitaine des Wallabies à 59 reprises, son seul défaut aura d’avoir trop souvent croisé l’Angleterre, bourreau des Australiens à trois reprises en Coupe du monde, en quarts en 1995 et 2007 et surtout en finale à domicile en 2003 après prolongations. Il fit aussi partie de la première série victorieuse d’une équipe australienne contre les Lions en 2001… Une petite revanche.

Fabien Galthié

Son parcours international, accidenté et ponctué de multiples rebondissements, mais tout de même riche de 64 matches, dont 15 au cours de quatre Coupes du monde, le place au niveau des meilleurs. Malgré l’absence de victoire finale, le chef d’œuvre de 1999 face aux Blacks et la demi-finale volée de 1995 face aux Springboks, pour trois demi-finales mondiales d’affilée (1995, 1999 et 2003) suffisent pour le faire entrer dans la légende.

En compensant par une vision du jeu au-dessus de la moyenne et un sens stratégique aiguisé son manque de puissance physique, il a réussi à amener les Bleus aux portes du paradis. Désormais sélectionneur, il a toutes les armes pour y pénétrer enfin.

Agustin Pichot

Il fait lui aussi partie des rares joueurs à compter quatre participations à une Coupe du monde, entre 1995 (où il n’est pas entré en jeu) et 2007, avec une demi-finale pour terminer après avoir battu deux fois la France, pays organisateur, en match d’ouverture et pour la troisième place. Le capitaine des Pumas n’était pas surnommé pour rien le Petit Napoléon.

Avec le Stade Français ou la sélection, sa grinta a souvent transcendé son collectif. Passé maître dans l’art de mettre la pression sur son homologue, Pichot est devenu depuis un dirigeant influent, candidat à la présidence de World Rugby en 2020, seulement battu de trois voix par l’anglais Bill Beaumont.

Peter Stringer

En Coupe d’Europe, qu’il a remportée à deux reprises avec le Munster, vous n’avez pas pu le manquer ; il a disputé 100 matches entre 1998 et 2016. Au sein d’une équipe d’Irlande intraitable en 2009, non plus, aux côtés de O’Gara et O’Driscoll, troisième larron impeccable dans sa gestion des temps forts et des temps faibles, pour un Grand Chelem historique en 2009, le premier du XV du Trèfle depuis 1948 !

Plus malheureux en Coupe du monde, deux fois éliminé par la France en 2003 et 2007, il s’est vengé à deux reprises en soulevant la H Cup face à Biarritz en 2006 et au Stade Toulousain en 2008 avant de raccrocher… à 40 ans en laissant le souvenir d’un joueur aussi courageux que talentueux.

Nick Farr-Jones

Sa charnière avec Michael Lynagh (alignée à 47 reprises !) à partir de 1985 a transformé les Wallabies pour en faire des champions du monde six ans plus tard. Une manière d’effacer la déception d’une demi-finale perdue à la dernière minute à domicile face à la France de Blanco en 1987, pour la première Coupe du monde de l’histoire. Capitaine à 36 reprises, Farr-Jones est le premier australien à soulever la coupe Webb Ellis.

Et aussi : Byron Kelleher (Nouvelle-Zélande), Jérôme Gallion (France), Jacques Fourroux (France), Pierre Berbizier (France), Mike Philips (Pays de Galles), Richard Hill (Angleterre), Matt Dawson (Angleterre), David Kirk (Nouvelle-Zélande), Will Genia (Australie), Mike Blair (Ecosse), Frédéric Michalak (France), Justin Marshall (Nouvelle-Zélande)…

Tom Boissy

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