vendredi 14 juin 2024

Séoul 1988 : quand Pierre Durand et Jappeloup tutoient la perfection

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Pierre Durand en rêvait. Aidé de son Jappeloup fétiche, le cavalier bordelais a réalisé le rêve de sa vie en devenant champion olympique à Séoul. Retour sur un concours parfait quatre ans après la déception de Los Angeles.

Il n’est jamais facile d’être présent le Jour J, encore plus lorsqu’il s’agit d’une course olympique. En se présentant sur la ligne de départ à Séoul, Pierre Durand était animé d’un gros sentiment de revanche par rapport à ce qui lui était arrivé à Los Angeles quatre ans plus tôt où il avait laissé passer son rêve olympique une première fois.

Quatre ans plus tard, le destin lui offrait, finalement, une deuxième chance : « J’ai avoué plus tard que ce titre olympique était une obsession. Je me suis mis la pression oui. Je n’avais pas bien assuré à Los Angeles quatre ans avant (il avait terminé 12ème, Ndlr), je ne pouvais pas me louper une deuxième fois à Séoul. J’ai su cette fois-ci me canaliser, gérer mes émotions. J’avais plus de responsabilités à Séoul, plus de pression, mais j’ai réussi à sortir la bonne performance au moment où il le fallait. »

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Pierre Durand et l’obsession olympique

Entre Los Angeles et Séoul, il a réalisé une bonne Olympiade, il a gagné des titres, des médailles, il a su se maintenir parmi les meilleurs cavaliers mondiaux et garder aussi son cheval sous pression afin qu’il donne le meilleur à la fois dans l’épreuve individuelle que par équipes :

« Je faisais partie des favoris avec trois, quatre autres cavaliers. Mais ce n’était pas une garantie de performance, l’équitation étant un sport tellement aléatoire, on n’est pas seul. Je suis arrivé à Séoul en pleine confiance. J’avais décroché le titre européen un an avant. J’avais des certitudes en mes capacités de réaliser mon rêve d’adolescent. La médaille de bronze aux championnats du monde deux ans avant m’avait également mis en confiance. »

« La médaille de bronze par équipes olympique décrochée quelques jours plus tôt m’a aussi fait du bien, j’avais soldé la sorte de dette que j’avais envers mes coéquipiers par rapport à mon échec par équipes quatre ans avant quand je m’étais élancé en dernier. Il fallait que je fasse un sans-faute et je ne l’avais pas assuré. »

« Je commençais à douter puis ce fut la libération quand l’allemand a heurté l’avant-dernier obstacle »

Fort de cette confiance acquise avec la médaille de bronze par équipes, Pierre Durand va vivre dans le cadre somptueux du Stade Olympique une finale haletante qui ne se décidera que sur les derniers obstacles tentés par le dernier cavalier :

« Chose inédite pour la première fois et la dernière aussi d’ailleurs, la finale se déroulait dans le Stade Olympique. Pendant la nuit, il avait fallu transporter les chevaux dans ce nouveau lieu, tout installer, le défi était grand et la pression montait. Il y avait une énorme attente lors du passage du dernier cavalier. 4 Juste avant, j’avais fait un parcours sans faute et, au fond de moi, j’avais la conviction que le titre ne pouvait pas m’échapper. Je pensais que le cavalier allemand irait à la faute plus tôt, mais il passait les obstacles les uns après les autres, je commençais à douter puis ce fut la libération quand il a heurté l’avant-dernier obstacle. »

Pierre Durand peut laisser éclater sa joie, il réalise son rêve de devenir champion olympique en devançant l’Américain Greg Best sur Gem Twist et Karsten Huck sur Nepomuk 8. Avec la médaille de bronze par équipes obtenue avec ses amis Hubert Bourdy sur Morgat, Frédéric Cottier sur Flambeau C et Michel Robert sur La Fayette, Pierre Durand et son fidèle Jappeloup quittent Séoul avec le devoir accompli, en stars et avec le sentiment que leur vie ne sera plus la même.

36

Pierre Durand a été le dernier champion olympique de saut d’obstacles français. La France attend un champion olympique dans cette catégorie depuis 36 ans. Ils ne sont que trois Français à avoir gagné le titre, avant Pierre Durand, Jacques Cariou à Stockholm en 1912 et Pierre Jonquères d’Oriola à Helsinki en 1952 et à Tokyo en 1954.

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