vendredi 19 août 2022

Shaun Edwards : le druide de la défense du XV de France

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Lors de la prise en main de Fabien Galthié, le britannique de 55 ans, Shaun Edwards maître de la rush defense, a depuis son arrivée, en l’espace de deux ans et demi, rendu ce secteur de jeu particulièrement implacable chez les bleus.

Comment en êtes-vous arrivé à devenir l’entraîneur en charge de la défense de l’équipe de France ?

J’ai toujours voulu travailler pour Bernard Laporte. Quand il officiait à Toulon (entre 2011 et 2016, Mdlr), mon ami Paul Stridgeon, responsable de la préparation physique du club et de celle du Pays de Galles, m’avait expliqué à quel point c’était un coach incroyable. J’ai voulu bosser pour lui. C’est un gagneur.

Vous avez la réputation d’être exigeant à l’extrême. Curieux de ne pas vous avoir vu exporter votre talent en Angleterre.

La France m’a proposé une solide offre sur quatre ans. J’ai observé le rugby français pendant des années. J’ai pensé que je pouvais aider.

Comment l’ancien demi de mêlée que vous étiez s’est passionné pour les tâches plus obscures défensives ?

J’ai organisé des défenses depuis que j’ai l’âge de 13, 14 ans. J’ai joué en professionnel (à XIII et XV) à un poids d’environ 80 kg. Dans le rugby à XIII, il y a énormément de plaquages. C’est une discipline où l’accent est vraiment mis sur la défense. J’ai pris ce bagage de la défense avec moi en l’appliquant du XIII au XV.

Pourquoi a-t-il fallu changer le système et le style de jeu de la défense de l’équipe de France ?

Car je savais que cela serait couronné de succès, que ce serait une formule gagnante. Cela a très bien fonctionné avec le Pays de Galles (entre 2008 et 2019, Ndlr). Tout comme cela a été le cas aussi avec les Wasps (entre 2001 et 2011, Ndlr).

Il n’y avait donc pas de raison que cela ne fonctionne pas avec les Bleus. Le but, ce n’est pas uniquement de bien défendre et d’empêcher les autres de marquer des points. Il s’agit aussi de gagner le ballon dans les rucks pour se mettre au service de notre attaque. Nous avons également une bonne attaque. Au-delà de ces paramètres, il est très important également de s’appuyer sur un très bon jeu au pied. Ce domaine est fondamental au plus haut niveau.

Dans votre système, on parle beaucoup de rush defense. Pouvez-vous préciser ?

On presse beaucoup en défense. On le remarque aussi beaucoup avec les meilleures équipes de football mondiales. Elles pressent toujours très haut. Cela n’a plus rien à voir par rapport à ce qui se faisait quinze ou vingt ans en arrière. A cette époque, tout le monde défendait très bas.

Maintenant, une équipe comme Manchester City de Pep Guardiola presse excessivement haut. Au rugby, on le voit beaucoup aussi. On aime attaquer par le biais de notre défense. Une défense se développe, évolue en permanence.

Au pays du french flair a-t-il été facile de changer les mentalités ?

Encore une fois on a une attaque fantastique. Mais la défense peut aider l’attaque en créant des turnovers, en gagnant des pénalités. Et l’attaque aide aussi la défense. Les deux sont complémentaires.

« L’Afrique Du Sud a adopté un style de jeu très similaire au nôtre lors de la dernière coupe du monde… »

À adopter ce style de jeu très énergivore, le risque de s’épuiser physiquement n’existe-t-il pas ?

C’est surtout le contraire qui doit se produire. On doit étouffer l’opposition, la faire suffoquer. Pour y parvenir, il y a deux points clés : il faut être très au point physiquement, être très fit, mais aussi très motivé.

Croyez-vous au titre de champions du monde pour les Bleus armés d’une telle défense ?

On a vu que l’Afrique du Sud a adopté un style de jeu très similaire au nôtre lors de la dernière Coupe du monde. Mais tellement de choses peuvent arriver. Un carton rouge, un plaquage manqué…

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