jeudi 23 septembre 2021

Stade Français Paris : Les Soldats roses retrouvent des couleurs

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En accrochant in-extremis une place de barragiste, le Stade Français a retrouvé un niveau plus en rapport avec son passé et son standing. Repris en main par le duo Quesada-Lombard, et boostés par un Mercato de qualité et un centre de formation revigoré, il va falloir de nouveau compter avec les Soldats roses.

Sans la Covid-19 où serait le Stade Français aujourd’hui ? Certainement pas en train de se préparer à recevoir le Racing 92 pour l’ouverture du championnat à Jean Bouin avec un fort esprit de revanche sur la défaite, douloureuse, mais logique, en match de barrage le 11 juin à La Défense Arena. L’écart de 17 points (38-21) au final (28-0 à la pause !) est suffisamment important pour ne nourrir aucun regret, plutôt constater tout le chemin parcouru en un an.

14ème et dernier au moment de l’arrêt du championnat en raison de la crise sanitaire, l’équipe moribonde reprise par Gonzalo Quesada et finalement conservée par le Dr Hans-Peter Wild, que les mauvais résultats persistants avaient presque découragé, s’est transformée en groupe compétitif. Sans retrouver l’élan des années de gloire du début du siècle, le Stade Français est redevenu une équipe qui compte en Top 14.

Le Stade Français a réalisé un mercato intelligent

En s’appuyant sur un recrutement ciblé, sur la réussite au pied de Joris Segonds, deuxième meilleur réalisateur du championnat (317 points), sur le réalisme de Sekou Macalou (9 essais) et de Naivalu Sefanaia (8 essais), mais aussi sur Lester Eyien ou Jonathan Danty, les hommes de Quesada ont réussi l’improbable en accrochant la 6ème place au prix d’une fin de saison canon et de six victoires d’affilée.

Il fallait ça pour coiffer sur le poteau Castres, Toulon ou Lyon, mieux partis, plus bankables, mais surpris par la nouvelle dynamique rose… qui n’a échoué qu’à un point de Clermont et deux de l’UBB, pour une présence directe en demifinale qui eut presque tenu du miracle.

Cette 6ème place est tout de même une vraie performance qui valide les choix sportifs et économiques d’un club qui, au-delà des exigences du haut niveau, avance sur trois axes majeurs : la formation, l’éducation et l’innovation.

Pour tourner la page Arias, Bonfils, Parisse, Plisson, Fickou et désormais Danty, Quesada est pour le moment l’homme providentiel. Revenu plus fort de ses expériences à Biarritz et avec les Pumas argentins, l’ancien champion de France 2015 semble être « the good man, to the good place », dans un club et un championnat qu’il connait par coeur. Illustration de cette expertise, mis à part Clermont, le Stade Français a battu au moins une fois toutes les équipes de Top 14, infligeant 48 points au Stade Toulousain (48-14), 35 à La Rochelle (3513), 25 à l’UBB (25-16), 46 au LOU (46-27) et 51 à Brive, le record de sa saison. Nonobstant sa défaite cuisante en Challenge à domicile face au Benetton (20-44), c’est en retrouvant un minimum de régularité, et en ne concédant jamais plus de deux défaites d’affilée, que les Parisiens ont conservé jusqu’au bout le droit de rêver.

Le centre de formation comme rampe de lancement

C’est fort de cet acquis, avec le renfort de six nouveaux joueurs, et le trois-quarts néozélandais des Hurricanes, Ngapi Laumape (28 ans) en tête d’affiche, que Quesada entend passer la vitesse supérieure cette saison.

Les arrivées du 2ème ligne sud-africain des Sharks de Durban, John van der Mescht, du pilier droit sudafricain Nemo Roelofse (25 ans, Nevers), du pilier gauche Clément Castets (25 ans, Toulouse), qui s’est blessé et ne sera opérationnel qu’en fin d’année. Puis du 3ème ligne et capitaine d’Agen, Romain Briatte (28 ans), ainsi que de l’ailier aux 148 sélections avec les septistes britanniques qui n’arrivera qu’après les JO de Tokyo, Harry Glover (Carcassonne) qui s’ajoutent à l’arrivée du 2ème ligne fidjien Janeiro Wakeham en mars dernier annoncé comme la future nouvelle pépite fidjienne, compensent les départs de Clément, Mavinga, Tagi, Camara, Grobler, Matera, Danty, Vincent et Smith, le joker médical de Quentin Béthune.

L’entreprise de reconstruction va pouvoir débuter dans le sillage des internationaux confirmés; Maestri, Burban, Sanchez, Naivelu ou Nayacalevu et Laumape, et de ceux qui ont profité de la tournée en Australie pour s’aguerrir; Azagoh, Macalou et Segonds. C’est sur ces nouvelles forces vives, souvent issues du centre de formation, à l’instar de Léo Barré, Alo Emile, Camara, Delbouis, Percillier, Vincent ou Tui que compte s’appuyer le duo Quesada-Lombard pour ramener leur club en haut de l’affiche.

Les deux anciens joueurs n’ont pas oublié que c’est avec huit joueurs sortis du centre qu’ils avaient été champions en 2015 (Flanquart, Bonfils, Burban, Camara, Slimani, Bonneval, Danty et Plisson).

Tom Boissy

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