vendredi 24 mai 2024

Strasbourg, Colmar, Haguenau… À l’est, le rugby commence à prendre de la place

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

La région veut transformer l’essai dans un sport surtout tourné vers le sud-ouest, le rugby tarde à se faire une place à l’est. Mais les clubs ne manquent pas d’idées pour faire grandir l’intérêt du rugby en Alsace et ailleurs. Etat des lieux du rugby à l’est.

Parler de rugby à l’Est de la France pourrait paraître loufoque mais, pourtant, la passion existe aussi pour l’Ovalie dans le Grand-Est. Les projets ne manquent pas et les clubs se battent pour exister à l’image du Strasbourg Alsace Rugby. Devenu le premier club de Strasbourg après la disparition du RC Strasbourg, le SAR tente de poser les bases d’un projet cohérent.

« On avance petit à petit, explique le président Laurent Auvray. On est sur une bonne dynamique. Les résultats, au niveau des jeunes, sont très encourageants. On a des résultats sur beaucoup de catégories avec des finales nationales. On retrouve le lien essentiel avec la formation des jeunes. C’est la raison principale de la création du club. On voulait profiter de la formation pour avoir une base en Seniors. On essaye de professionnaliser les structures du club avec des salariés. Nos trois axes de développement sont le social, l’éducatif et le sportif. On veut maintenant jouer les playoffs pour viser la montée en Fédérale 2. »

La Fédérale 3 concentre la plupart des clubs de rugby du Grand-Est avec le Strasbourg AR, le Colmar RC, le CR Illkirch-Graffenstaden, le FC Haguenau et le Nancy Seichamps Rugby. Aujourd’hui, avec pour unique club en Fédérale 2, le RC Metz-Moselle, le Grand-Est souffre de la comparaison avec le reste du territoire français.

Parra au secours du RC Metz-Moselle

Un club messin qui devrait être sauvé de la faillite par Hubert Barth et Morgan Parra, qui revient prêter un coup de main à son club formateur. De quoi faire dire au président du CR llkirch Graffenstaden, Thierry Hoenen, qu’il sera difficile de voir un grand club émerger à l’Est à l’avenir. « Aujourd’hui, ce n’est pas faisable. On l’a vu par le passé avec Strasbourg. Metz qui était mal récemment. On aurait eu un deuxième fiasco dans la Lorraine, sans la reprise d’Hubert et Morgan.

Je ne crois pas que l’on puisse avoir un club phare. Avec les poules aujourd’hui, on ne pourra pas le faire. Cela voudra dire d’aller chercher des mercenaires à l’extérieur et surévaluer les budgets des clubs. C’est déjà compliqué avec un budget de 500 000 euros comme le nôtre.

Il faut les sortir. Ce n’est pas avec les subventions des collectivités locales qu’on peut les avoir. On représente 600 licenciés dont 350 jeunes. On ne pourra pas se permettre de payer des joueurs. Il faut se donner le temps. »

En effet, pour voir du rugby à haut niveau, au CRIG, on mise sur les femmes. « On est sur une équipe en renouveau. On y travaille. On espère retourner en Elite 2 dans deux ou trois ans. On est à la fin d’un cycle. On avait une équipe très vieillissante. On sortait de deux années Covid.

C’était compliqué. On avait une population de joueuses qui venaient d’autres régions et qui venaient à Illkirch, qui est le plus haut féminin dans le Grand-Est, avec Nancy. Aujourd’hui, ce renouvellement ne s’est pas fait. On est resté sur nos acquis. Il faut se renouveler pour redynamiser le fonctionnement. »

À l’Est, parent pauvre du rugby

Pour le moment, à l’Est, on se sent comme le parent pauvre du rugby hexagonal, mais les clubs bataillent pour tenter d’attirer les jeunes et offrir les meilleures conditions pour jouer au rugby. Et de l’aveu de Laurent Auvray, on espère profiter pleinement de la Coupe du Monde 2023 pour connaître encore un engouement dans la région.

« On essaye de créer ce lien entre les clubs alsaciens. C’est un enjeu. Les écoles ont envie de faire découvrir ce sport. A nous d’être présents et de mener toutes les actions. On tente d’attirer des joueurs. On veut être force de proposition. Il y a trop d’années où les gens se tiraient dans les pattes. Il faut qu’il y ait un renouvellement des personnes pour travailler ensemble et développer le rugby en Alsace. Il ne manque pas grand-chose pour avoir des résultats. C’est un énorme chantier. »

Le rugby est un sport avec des valeurs qui attirent. A l’Est, on le constate au quotidien. C’est pour cela qu’il faut croire au développement du ballon ovale dans une région qui ne demande qu’à transformer l’essai.

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